Jésus chassant les marchands du temple

Ce tableau orne les murs de la chapelle des fonts baptismaux de Saint-Médard, première chapelle en entrant à gauche.
Un tableau de jeunesse de Natoire, peintre sous Louis XV

Charles-Joseph Natoire (1700-1777) est davantage connu pour ses décors d’hôtels princiers comme celui de Soubise à Paris, pour sa peinture profane que pour son goût pour les sujets sacrés.
À l’aube de sa carrière, en 1728, à Rome, il s’illustra pourtant en peignant cette grande toile pour un commanditaire qui pouvait se révéler important pour la suite de sa carrière, le cardinal de Polignac, alors ambassadeur de France auprès du Saint-Siège.

Un exercice de style

Ici s’exprime la volonté du jeune peintre de faire état de son talent et le sujet s’y prête admirablement : mouvement énergique du Christ, agitation de la foule, prétexte à des études de visages, de corps en action, contrastes de lumière, construction architecturale du temple en arrière-plan, contre-perspective. Natoire fait valoir sa virtuosité.
Pour autant, le spectateur, un moment étonné par le foisonnement des couleurs, l’enchevêtrement des axes de la perspective, pourrait préférer à tant d’animation une méditation plus inspirée sur cet épisode si singulier de la vie du Christ, lors d’une de ses montées à Jérusalem. La physionomie de Jésus ne laisse pas percer le ressort de sa colère. De cette illustration, quelle analogie entrevoir entre le temple de pierre et le temple véritable, Jésus-Christ lui-même ?

Relire l’épisode dans les quatre Évangiles

Le tableau de Natoire reste malgré tout le prétexte pour ouvrir les Evangiles et relire ce passage, que l’on trouve chez les quatre évangélistes.

Marc, XI,15-17 : Il entra dans le temple, et il se mit à chasser ceux qui vendaient, leur disant : Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.

Luc XIX 45,46 : Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons ; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. Et il enseignait et disait : N’est-il pas écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations ? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs.

Matthieu XXI, 12-13 : Jésus entra dans le temple de Dieu. Il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons. Et il leur dit : Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs.

Jean II, 13-25 : La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. Il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis.

Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les boeufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables ; et il dit aux vendeurs de pigeons : Otez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore.
Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte ? Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps. C’est pourquoi, lorsqu’il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Ecriture et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait. Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous, et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun homme ; car il savait lui-même ce qui était dans l’homme.