9 juin 2019 :
Toi aussi, sois porte parole !

L’Évangile de ce week-end nous présente un extrait du « discours-testament » de Jésus, lors de son dernier repas. Trois aspects clef ressortent :

Tout d’abord le Christ parle de l’Esprit qu’il enverra. Voilà une force, un « Défenseur » qui dit-il, « vous fera vous souvenir de tout ce que je vous ai dit ». L’objectif, c’est donc la parole. Qu’on se la remémore et qu’on la mette en pratique !

Ensuite Jésus nous prévient : l’aimer, c’est garder sa parole. Ce qui nous sauve, ce ne sont pas les rites, les bonnes œuvres, ni même l’Église, mais c’est bien cette parole du Fils de l’homme. Et attention, elle est tranchante comme un glaive !

Enfin Jésus affirme que le Père et lui viendront faire une « demeure » chez celui qui l’aime. Ce n’est pas à nous de bâtir un lieu pour notre Dieu. Le créateur lui-même désire venir en notre habitat le plus intérieur. Non seulement pour y passer mais pour y demeurer. Attention, sa parole risque de secouer quelques habitudes bien (trop ?) ancrées !

« Paroles, paroles » comme dit la chanson… ou plutôt « La » Parole, vérité de notre Dieu qui, bien enracinée, produit du fruit en abondance ? Du temps du Christ la Pentecôte était une fête juive commémorant le don de la loi à Moïse. La Pentecôte est pour nous chrétiens le don de la parole vivante de Jésus que son Esprit nous permet de ruminer.

Si vous êtes curieux allez voir la phrase qui a été omise dans le texte que nous lisons ce week-end. Au chapitre 14 de l’Évangile de Jean, verset 22, l’apôtre Jude s’adresse au Christ : « Seigneur, comment se fait-il que tu aies à te manifester à nous et non pas au monde ? » Ne trouve-t-on pas ici l’expression du fantasme de bien des contemporains de Jésus, espérant que le Messie s’imposerait avec force au monde et qu’on allait voir ce qu’on allait voir ?

Jésus sera bien manifesté au monde, mais non pas sans le relais des disciples. C’est bien ce qu’illustre notre première lecture : au jour de Pentecôte à Jérusalem, les apôtres s’adaptent aux langages divers de leurs interlocuteurs et fournissent l’effort nécessaire pour les rejoindre dans leurs cultures propres. Certes la parole du Christ sera bien répandue aux quatre coins de l’univers, mais non pas sans les disciples, non pas sans nous, qui sommes chacun porte parole pour aujourd’hui !

 

Père Alexis Bacquet

 

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