8 décembre 2019 :
Se confesser : renouveler mon Espérance

Le sacrement de la réconciliation est souvent méconnu ou déserté par les croyants pour au moins 3 raisons : voici la première chose que l’on entend très souvent : « moi, je parle directement à Dieu, je n’ai pas besoin de quelqu’un entre lui et moi ! » Deuxième raison invoquée : « moi j’ai toujours la même chose à dire !  A quoi bon toujours se répéter ! Cela doit lasser le prêtre ! ». Troisième raison : « je n’ai pas tué, je n’ai pas volé !  A quoi bon se creuser la tête pour trouver des peccadilles pour lesquelles je n’ai même pas de remord ! »

C’est vrai que l’on n’a pas toujours des énormités à confesser !  Ce qu’on appelle le « péché mortel » en théologie, ce sont ces actions qui nous coupent de Dieu. Comment venir communier lorsque, par exemple, on a gravement porté atteinte à la vie de l’autre, à sa dignité, ou bien lorsque l’argent est mon maître ?  Ou bien lorsque je renie Dieu ouvertement et volontairement ?  « Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous vous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ! » Lorsque Paul lance cet appel ardent, dans la deuxième épitre aux corinthiens, c’est un appel à une conversion par laquelle on tourne le dos au péché qui nous coupe de Dieu !

Ce que l’on appelle « péché véniel » en théologie, ce sont toutes ces petites fautes, petites ingratitudes, petites mesquineries, petits mensonges, paroles inutiles, coups de griffe ! Toute cette poussière qui vient ternir notre âme, ce repli sur nous-même, peu à peu, qui vient éteindre l’espérance en notre cœur.  Ce « A quoi bon ! »  pollue notre action en la coupant de tout enthousiasme. Alors, le service du frère devient une corvée, la messe un ennui, mes proches une servitude ! L’Espérance s’enfuit ! Je perds cœur !

Ainsi, se confesser, c’est tout d’abord faire une démarche, oser parler de l’ornière dont j’ai envie de sortir !  Cette dimension de l’aveu est indispensable. La parabole du pharisien et du publicain nous le montre bien ! l’un dit : « prends pitié du pécheur que je suis ! » l’autre dit : « je fais tout bien, je n’ai rien à me reprocher ! »  Et le pardon et la justification vont  être donnés à celui qui se reconnaît pauvre !  Sur cette pauvreté, la grâce du Seigneur vient se poser pour  donner force et courage et ainsi, renouveler mon espérance ! Si je suis plein de moi-même et de mes certitudes, la grâce du Seigneur ne trouve pas la place où se poser ! Elle ne peut toucher qu’une âme de pauvre !

La parole du prêtre : « Je te pardonne tous tes péchés » est parole du Christ, elle dépasse infiniment la personne du prêtre ! Le prêtre en est l’instrument, afin que chacun puisse venir puiser largement à la source du Salut !

Père Albert Gambart