30 juin 2019 :
« Quiconque met la main à la charrue ! »

 

 

 

C’est la fin de l’année scolaire, et bientôt le temps des vacances !  L’Évangile de ce dimanche n’est pas vraiment une invitation à se mettre en « vacances » du Royaume de Dieu !  Trois traits ressortent puissamment de cet Évangile :

D’abord, le temps de la passion est annoncé : « Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. »  Plutôt que « Visage déterminé », il faudrait traduire : « la face durcie pour se rendre à Jérusalem ». Cette expression évoque le poème du serviteur souffrant, au chapitre 50 du livre d’Isaïe :  « Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. »

Ensuite, la faiblesse de l’homme est suggérée. Si Jésus est déjà dans le contexte de la passion, ce  n’est pas le cas de ses apôtres !  La réponse de Jacques et Jean à l’inhospitalité des Samaritains est éloquente ! : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »  Et Jésus les réprimande. Comme j’aurai aimé avoir le texte de cette réprimande !  Sans doute leur fait-il comprendre qu’il n’est pas venu pour condamner, mais pour sauver !  Il donne sa vie pour les pécheurs, lui qui n’a pas où reposer la tête !

Enfin, l’exigence du Christ vis-à-vis de ceux qu’il appelle semble au-delà de nos forces ! « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le Royaume de Dieu. »  Ce passage m’évoque le jardin de Gethsémani, quand les apôtres dorment alors que Jésus souffre l’agonie !

Il n’est pas étonnant que cet Évangile nous paraisse un peu rude !  Il a dû l’être aussi pour les apôtres !  J’en tire une leçon :  suivre le Christ n’est pas un chemin si facile.  Alors, pourquoi le suivre ?  Parce qu’à sa suite, nous découvrons peu à peu que ce chemin nous permet d’entrevoir ce Royaume dont parle Jésus. Il fait naître en nous une espérance, une fraternité, une force de pardonner que nous ne trouvons qu’en Jésus, comme si avec lui, nous renaissions !

Ne nous mettons pas en « vacances » de la prière et du chemin à la suite de Jésus.  Au contraire, puisque le rythme de nos vies se ralentit un peu, trouvons le temps de la rencontre avec Dieu. Alors nos vacances seront vraiment de très bonnes vacances !

Père Albert Gambart

 

 

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