31 mars 2019 :
Le Fils perdu et retrouvé

Alors que les diocèses du monde entier viennent de vivre les 24 heures pour Dieu, il nous est donné de méditer sur la parabole du Fils perdu et retrouvé. Nous pouvons comparer le père de la parabole à Dieu notre Père des cieux ! Il est notre Père qui par amour nous a créés libres et nous a dotés de conscience, qui souffre si nous nous perdons. Mais il respecte notre liberté : celle qui nous permet d’entrer ou non en lien avec Celui qui nous aime tendrement comme une mère chérie son enfant !

Mais ce que veut le fils de la parabole, c’est assurer soi-même son bonheur. Ce péché d’impatience était celui d’Adam. Le père n’essaye pas de le retenir. Il respecte sa volonté d’aller loin de lui…. C’est le respect infini de Dieu pour la volonté, la liberté humaine. Liberté de l’homme qui veut son propre malheur. Ce respect de Dieu est un amour qui nous étonne, parce que, devant des situations comme celles-là, nous essayerons de tout faire pour retenir l’autre. Dieu, Lui, accepte que l’autre veuille souffrir. Et le fils se retrouvant sans rien, loin des siens, va faire l’expérience de la souffrance. Cette expérience, pourtant, commence à mettre l’homme en quête de Dieu. L’homme s’est perdu et voudrait se retrouver chez lui : il voudrait se retrouver lui-même. Ce qui le met en route ce n’est pas la conscience d’avoir mal agi à l’égard de son père, mais son trop grand malheur. Il n’a pas encore conscience de l’offense faite à son père. C’est alors qu’il va vivre une expérience extraordinaire.

Dès que le fils fait un geste de retour, c’est le père qui vient dès lors à sa rencontre. Dans la bouche du père, pas un seul mot de reproche. Dès son retour, le fils retrouve toutes ses prérogatives de fils de la maison : la plus belle tunique et l’anneau au doigt qui lui rendent son autorité de fils, les sandales qui lui donnent sa liberté d’homme (un esclave marche pieds nus). Pas l’ombre d’une hésitation chez le père, comme si de rien n’était, il le rétablit dans sa dignité de fils. Au moment où le père l’embrasse, le fils perdu comprend son péché. Alors qu’auparavant le poids du malheur l’entraînait vers le père, c’est l’accueil du père qui lui donne de comprendre. C’est dans les bras de l’amour miséricordieux qu’il comprend le mal qu’il a fait. C’est seulement devant le pardon de Dieu, devant la générosité et l’amour de ce pardon, que nous pouvons réaliser ce qu’est notre péché. C’est l’amour miséricordieux qui suscite le sens du péché et le repentir.

Le temps du carême ainsi que ces 24h pour Dieu sont l’occasion de goûter de manière renouvelée à notre condition de baptisé, d’enfant bien-aimé du Père. En avons-nous conscience ? Ensemble, entrons dans cette expérience de la miséricorde infinie du Père que son fils Jésus est venu nous révéler de manière inouïe.
Le sacrement de la réconciliation est là pour nous faire éprouver cette miséricorde ! Chiche !

 

P. Christian Mahéas

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