27 octobre 2019 :
Mon ami, ce publicain si peu fréquentable !

 

Il y a longtemps déjà, Sœur Jeanne d’Arc avait écrit un petit livre remarquable sur la prière. Le titre en était : « Un cœur qui écoute ». 

Bien sûr, nous avons tant de choses à dire, à confier au Seigneur… parfois, souvent même, notre besace est si pleine, débordante et nous venons la déverser dans le pan du tablier du Seigneur. Il est là pour tout prendre, tout accueillir et je lui livre tout avec confiance, dans son cœur. Oui, je pense qu’il accueille tout.

Mais alors, si je m’adresse à lui, c’est qu’en même temps il est là bien avant moi. Depuis des millénaires il parle aux hommes ; depuis des décennies il me parle et veille sur moi. Ma vie, il la connaît, et moi je le connais bien peu et si mal.

Aussi, ne serait-il pas approprié que je l’écoute et même que je l’écoute longuement ? Comme tout le monde aujourd’hui je suis habité par le vacarme de la vie aussi vide que bruyant, tel le roulement du métro, le sourd tintamarre de la rue, et aussi ou encore davantage par tout ce qui murmure et tambourine dans ma tête et dans mon cœur. En moi tout est bruyant et rien n’est reluisant : alors, auprès du Seigneur de quoi donc pourrais-je me vanter ?

Tout juste, comme le jeune Samuel puis-je lui dire : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. » D’ailleurs, qu’aurais-je à raconter au Seigneur ? Des mérites : je n’en ai guère. Des misères, des fautes, des péchés de tous ordres : oui, j’en ai fait le plein et ils pèsent sur mon cœur. Tout juste puis-je faire mienne la prière du publicain1 : « O Dieu, prends pitié du pécheur que je suis. » (Luc 18/13 TOB)

Le pharisien2, lui, n’a rien de tel à dire, car sa vie est parfaitement dans les règles. Il n’a pas à demander la miséricorde du Seigneur. Il peut se raconter à Dieu et mettre en lumière devant lui sa justice et sa belle application de la loi. Dieu n’a qu’à écouter : ainsi, il n’a rien à dire. A quoi sa parole servirait-elle ?

Seigneur, sans doute ai-je tort de ne pas être à l’aise avec le pharisien et de redouter les gens parfaits. Permets-moi de faire route avec le publicain.

 P. Bernard Bommelaer

1/ Publicains : généralement percepteurs d’impôts, travaillant pour et avec les occupants, réputés pour en mettre plein leurs poches. (voir l’évangile de ce dimanche Lc18/9-14

2/ Pharisiens : juifs très pratiquants, respectant scrupuleusement les préceptes de la loi, pouvant être méprisants envers les personnes moins zélées.

 

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