16 février 2020 :
Pouce, Seigneur, nous n’allons pas y arriver !

A écouter le Seigneur dans l’Évangile de ce jour (Mt.5, 17-37) et dans tout le Sermon sur la Montagne, je me demande si nous allons arriver à vivre ce qu’il nous dit ! Ou pire,  ne serions-nous pas retombés dans le : « fais ceci, fais cela ; ne fais pas… et dans les listes du permis et du défendu ! ». A moins que, nous ayant fait découvrir que nous sommes « sel… et Lumière… », il ne soit plus possible d’agir n’importe comment.

Douze siècles plus tôt, Dieu nous avait dit dans un discours d’adieu de Moïse : « Je mets devant toi la vie et la mort, la bénédiction ou la malédiction : Choisis la vie (Dt 30,19) ». Ces paroles sont reprises par Ben Sira le Sage, deux siècles avant Jésus (première lecture de ce dimanche). Il y a donc des actions, un comportement, qui conduisent à la mort et d’autres qui nous ouvrent à la vie.

Jésus est passionné par l’amour de son Père qui est notre Père, et en conséquence il l’est également par la vie et l’amour des hommes, de tous les hommes. Aussi, nous met-il en garde contre tout ce qui abîme ou détruit la vie ; dans le même esprit il souligne et s’engage pour ce qui respecte l’homme, le fait grandir et épanouit sa vie. C’est un précieux service qu’il nous rend.

Si je suis vraiment enfant de ‘Dieu Notre Père’ et donc frère de chacun, je ne peux plus laisser la colère éclater. Pourtant souvent nos paroles s’envolent et débordent, provoquant des conflits : le chemin de vie n’est-il pas celui de la réconciliation, même si elle est difficile ? La vie humaine est faite de relations entre les hommes et les femmes ; mais si le respect de la parole, du regard et du lien ne sont plus là, alors nous marchons vers l’abîme.

Avec Jésus reconnaissons que Dieu notre Père est la source de la vie si belle que sans cesse il nous donne. Prenons-le également comme témoin de nos paroles et nos actes de telle manière que notre ‘oui’ soit ‘oui’ et que notre ‘non’ soit ‘non’.

P. Bernard Bommelaer