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Actualités



"Bonnes vacances"

 

13 juillet 2018 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 15 juillet 2018, par le p. Albert Gambart
Nous voilà dans le temps des vacances ! Je vous souhaite, à vous qui partez aujourd’hui ou plus tard, un temps de repos et de ressourcement.

Quelqu’un m’a dit un jour : « Pour de vraies vacances, il faut au moins trois semaines, c’est la troisième semaine qu’on se réveille en forme ! » Pour vous qui restez sur Paris, je souhaite que le rythme ralenti de la grande ville vous permette des rencontres, et aussi du repos.

Les évangiles des dimanches de juillet nous montrent Jésus envoyant en mission ses apôtres : ne rien prendre pour la route, être accueillis dans les maisons, appeler à la conversion ! De retour de leur mission, Jésus invite aussi ses apôtres à se reposer : « venez à l’écart, dans un endroit désert, et reposez-vous un peu ! » Mais l’endroit n’est pas si désert que cela, la foule les y a précédés ! Et Jésus est saisi de compassion devant cette foule qui est comme des brebis sans berger. L’Évangile du dernier dimanche de juillet, c’est la multiplication des pains, le jour où Jésus nourrit environ 5000 hommes ! Voilà une approche très pratique de ce qu’est la mission !

Ces évangiles nous montrent Jésus en marche, Jésus qui forme ses apôtres à la mission. Les apôtres n’auraient rien entrepris de tel si Jésus ne leur avait pas donné la force de son Esprit. Ce temps de vacances est une chance ! Il nous permet de nous rapprocher de Jésus et, dans la prière, de tourner vers lui notre cœur, un peu comme les apôtres partant pour un lieu désert à son invitation. Comme les apôtres, le Seigneur nous forme à la mission. Et les vacances sont certainement un temps où, sortis de nos préoccupations quotidiennes, nous devenons réceptifs à la parole de Dieu.

Alors, nous recevons de lui la force de la mission, cette foi simple, joyeuse et rayonnante qui suscite de l’espérance autour de nous ! Sans doute allez-vous me trouvez un peu utopiste d’aborder ce temps de vacances comme un temps de ressourcement pas seulement pour notre corps mais aussi pour notre cœur ! Mais je suis sûr que si nous prenons du temps pour Dieu, lui nous attend, et il nous comble de son Esprit !

Alors très bonnes vacances à vous, dans la paix et la joie du Seigneur pour un retour dynamique dans la mission que le Seigneur nous confie !

Père Albert Gambart



 


« Talitha koum »

 

29 juin 2018 par Père Albert Gambart

Editorial du 1er juillet 2018, par le p. Albert Gambart
« Talitha koum ». Cela veut dire « Jeune fille, lève-toi ! » ! c’est la parole de Jésus lorsqu’il ramène à la vie la jeune fille de 12 ans, après avoir guéri la femme malade depuis12 ans ! 12 ans, c’était l’âge de la majorité religieuse dans le peuple juif, l’âge de la « bar Mitzvah » pour les garçons, de la « bat Mitzvah » chez les filles.

C’est l’âge où l’on est censé appliquer pleinement les commandements de Dieu. Dans la tradition catholique, à 12 ans nous fêtions la « Communion Solennelle ». C’était l’âge où les adolescents étaient censés prendre conscience du geste de la communion, alliance avec le Seigneur Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie. Après le concile Vatican II, la « Communion Solennelle » est devenue la Profession de Foi. D’une part, cela permet à la « première Communion » que l’on appelait aussi « petite communion » ou « communion privée » de retrouver une véritable place dans la vie de foi des enfants. Et d’autre part, ce terme de « Profession de foi » exprime la proclamation de la foi dans le Christ Ressuscité que l’adolescent fait aux alentours de 12 ans.

Ainsi, nos « 12 ans » sont marqués par la profession de foi. Et qu’est-ce que la profession de foi pour nous chrétiens, sinon l’expression de notre adhésion au mystère du Christ Ressuscité et qui donne la vie ! Le livre de la Sagesse nous dit : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il les a tous créés pour qu’ils subsistent. » Cette vie qui vient du Père, Jésus la donne en rappelant à la vie la jeune fille et en guérissant la femme malade. Il répond à l’acte de foi de cette femme : « ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal ». Au père de la jeune fille, Jésus dit : « Ne crains pas ! Crois seulement ! » L’entourage du père l’invitait en effet à ne pas « déranger le maître », puisque « la jeune fille vient de mourir ». Jésus se rendant au chevet de la fillette lui dit : « talitha koum », « jeune fille, lève-toi ! » Il lui donne la vie ! Cette jeune fille est l’image de l’humanité sauvée par Dieu !

Jésus rend la jeune fille à son père, il rétablit la relation entre le père et la fille, la mort n’a pas été la plus forte. Dans la guérison de la femme qui a des pertes de sang, Jésus appelle cette femme « ma fille ». De plus, à l’étonnement des disciples, Jésus, se rendant compte qu’une force est sortie de lui, demande : « qui m’a touché ? » Comme si cette force venait de plus loin que l’homme Jésus ! Sans doute veut-il manifester le renouveau de l’alliance avec notre Dieu et Père, source de la vie dont il est l’Envoyé, le Messie. En appelant « ma fille », cette femme que la maladie rendait impure, intouchable, Jésus montre qu’il est venu rétablir la relation au Père ! La profession de foi en Jésus Ressuscité nous fait rentrer dans la filiation divine ! Nous vivons d’une autre vie, qui nous libère du péché.

Alors, notre foi est vraiment le témoignage qui jaillit de notre cœur ! « Il est vraiment ressuscité, ce Jésus que vous avez crucifié ! » Nous croyons que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, et qu’il nous donne la vie qui vient de Dieu. Nous prenons conscience que notre vie chrétienne n’est pas seulement de temps en temps, mais en tout temps et en tout lieu !

Chères sœurs et chers frères, au moment où nous serons nombreux à partir en vacances, je prie le Seigneur pour que ce temps de repos soit aussi un temps où nous nous tournons vers le Seigneur, pour vivre de sa vie, pour puiser à la vraie source, pour entrer dans sa sainteté. Ainsi, nous reviendrons plus fort pour aborder notre vie de tous les jours !

Je vous souhaite de très bonnes et très saintes vacances.

Père Albert Gambart



 


Quel sera donc cet enfant ?

 

22 juin 2018 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 24 juin 2018, Solennité de la Nativité de Saint Jean-Baptiste - par le p. Albert Gambart.
C’est la question que se posent les voisins d’ Elisabeth et de Zacharie dès la naissance de Jean-Baptiste. Ils sont très étonnés de la manière dont le Baptiste reçoit son nom : c’est Elisabeth, sa mère qui le nomme, alors que c’est plutôt la prérogative du père. Zacharie confirme en écrivant sur une tablette : « Jean est son nom ! » Le nom de Jean signifie : « Dieu fait grâce ».

Alors, Zacharie retrouve la parole pour louer Dieu ! Son chant de louange, c’est le « Bénédictus », prière quotidienne de l’office des heures, le matin ! « Bénis soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. Il suscite une force de Salut dans la maison de David, son serviteur ». Ainsi, Élisabeth et Zacharie sont témoins de la Grâce de Dieu qui touche le peuple d’Israël. Eux qui sont déjà parvenus à un âge avancé, ils sont témoin de la nouveauté radicale qui surgit : « Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du très Haut, tu marcheras devant le Seigneur pour préparer ses chemins, pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés ! » Voilà donc la mission de Jean-Baptiste, ouvrir le chemin, désigner « l’agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde ».

L’agneau de Dieu, c’est le Christ Jésus, Alpha et Oméga, commencement et fin, en qui toute l’histoire du Salut trouve son sens. Au sommet de l’histoire d’Israël, nous trouvons Jean-Baptiste, celui qui invite au passage !

Ce dimanche est aussi, pour mon frère et moi-même, l’occasion de rendre grâce pour nos 25 ans de sacerdoce. Au-delà du plaisir de fêter un bel anniversaire, il s’agit surtout pour nous de rendre grâce ! L’action de grâce, tout d’abord, d’être nés dans une famille qui a porté, soutenu, accompagné notre chemin à travers bien des épreuves et des questions. Cette solidarité familiale est un formidable terreau pour l’éclosion d’une vocation !

Nous rendons grâce aussi pour l’Église de Paris, qui nous a accueillis. La formation reçue est une chance, car elle ouvre à l’écoute et à la responsabilité. Nous rendons grâce pour nos différents lieux de mission qui ont jalonné ces 25 années. La rencontre du peuple de Dieu est toujours une rencontre fondamentale. Nous sommes si souvent témoins de la force de l’action de l’Esprit dans le cœur des fidèles. Nous donnons, c’est vrai ! Mais il me semble que nous recevons encore plus !

Aujourd’hui, de même que Jean-Baptiste se fit le témoin de Celui qui venait après lui mais qui étais plus grand que lui, nous voulons être pour notre monde des témoins de la présence de Jésus Ressuscité. Il est Celui qui répand la grâce de Dieu en nos cœurs et dans le cœur de tous, Celui par qui remonte, dans le souffle de l’Esprit, notre louange au Père.

Père Albert Gambart 



 


Impossibilité humaine... possibilité divine !

 

14 juin 2018 par Père Aloys Shanyungu

Editorial du dimanche 17 juin 2018, par le p. Aloys Shanyungu.
Ce n’est pas un secret : la « parabole » est un genre très prisé dans la Bible. Il y en a de nombreux exemples dans les deux Testaments. Les écrivains sacrés l’utilisent particulièrement lorsqu’ils veulent évoquer une « comparaison » entre ce qui est visible (un berger, un semeur, etc.) et le monde invisible (le divin). Par-là, ils cherchent aussi à provoquer une « décision de foi ».

Ainsi quand Jésus veut parler du « Règne de Dieu », il n’explique pas ce qu’il est, il suggère. Il ne donne pas un enseignement magistral, il invite à la foi en partant de la graine, des couleurs du temps, du banquet, du voyage, du roi, ses serviteurs et ses fils, etc.

Aujourd’hui, la liturgie nous offre deux petites « paraboles » : celle des semailles et celle de la moisson à partir d’une toute petite graine. Il ne s’agit pas de petites historiettes pour distraire des enfants. Il s’agit d’un appel à la foi, à la confiance et à l’humilité.

Le « semeur » qui croit à la puissance de Dieu, après avoir mis le grain en terre, vit dans l’abandon et la confiance. Il a fait sa part, mais si Paul a planté, si Apollos a arrosé, c’est finalement Dieu lui-même qui a fait croître ! Et le psalmiste de chanter : « Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie : il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. » (Ps 125, 5-6). La parole de Dieu germe invisiblement, mais sûrement, alors même que l’homme ne semble plus pouvoir rien faire pour elle ! Elle semble n’être « rien », mais sa force est très immense.

In fine, c’est à l’humilité que nous renvoie aussi la deuxième « parabole » : la plus petite de toutes les semences qui donne une plante potagère aux branches si amples que les oiseaux viennent y trouver un abri. La parabole marque le contraste entre la modestie des commencements et l’abondance des résultats, entre le « presque rien » de notre liberté, qui se décide pour la confiance, et la « fécondité » que Dieu en tire. Sans fin Seigneur, je chanterai ton amour !

Abbé Aloys Shanyungu



 


Jésus et Béelzéboul

 

7 juin 2018 par p. Guy Fernand Kalouhohiko

Editorial du dimanche 10 juin par le p. Guy-Fernand Kalouhohiko.
Les contemporains de Jésus ne cessent de s’étonner, de s’émerveiller. Ils voient en Lui une personne vraiment énigmatique au point qu’il n’est pas facile de le maîtriser. Aujourd’hui, ce sont ses proches qui l’accusent d’avoir « perdu la tête ». Même les parents de Jésus sont inquiets, ils pensent qu’il leur fait honte car il s’oppose aux autorités religieuses. Ils veulent le prendre avec eux.

Ils pensent que leur fils a perdu la raison. Et pourtant Jésus était déjà en train d’accomplir sa mission prophétique. Les scribes encore vont plus loin que les parents de Jésus. Ils l’accusent d’être complice de Satan et que c’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. Pourquoi tant de soucis, d’inquiétudes et d’imaginations ?

Il faut dire que Jésus se situe quasiment dans la lignée des prophètes qui ont subi les sarcasmes, les intrigues ou la persécution de leur famille et de bien d’autres personnes. A son époque, les gens regardaient les démons ou les esprits qui causaient des maladies de toutes sortes comme les agents d’une force du mal personnalisée. Si bien que les gens en voyant Jésus qui guérit, expulse les démons, s’émerveillent et commencent justement à s’interroger à son sujet. Malgré l’étonnement, l’émoi que suscitent ses actions, les adversaires savent et reconnaissent que ses œuvres dépassent les forces humaines mais refusent de les attribuer à la puissance de Dieu. L’accusation, par exemple, que les scribes portent contre Jésus signifie que Satan est ruiné. Il ne peut rien devant le règne adverse. Il ne peut pas empêcher le règne de Dieu de s’établir. Ayant compris leurs pensées, Jésus leur parle en parabole : comment Satan peut-il chasser Satan ? S’il s’est dressé contre lui, ne serait-il pas divisé ? Ou encore serait-il capable de se maintenir ? En réalité, Jésus est conscient que sa mission est de vaincre Satan qui règne sur le monde (Lc4,6), et de libérer ainsi les hommes que Satan considère comme ses biens (Mc3,27). C’est donc dire que Jésus se sait plus fort que l’homme fort. D’ailleurs, il arrive au démon de reconnaître que Jésus les domine (Mc5,7).

Que peut-on comprendre à partir de cet évangile pour nourrir notre foi ? A travers cet évangile, on peut comprendre que tous ceux qui dépensent leur temps et énergie au service de leurs frères, courent toujours le risque qu’on leur reproche de dépasser la mesure. Combien de parents n’ont-ils pas essayé de « saisir » leur fils ou leur fille appelé(e) par Dieu à servir leurs frères ! Croire qu’un esprit impur guide, inspire Jésus, ne s’agit-il pas là de prendre le bien pour le mal ? Ou encore de se fermer soi-même à l’action de Dieu qui sauve ?

p. Guy-Fernand Kalouhohiko



 


"Tu fais ta demeure en nous Seigneur !"

 

31 mai 2018 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 3 juin 2018, Solennité du Saint Sacrement
du Corps et du Sang du Christ - par le p. Albert Gambart
Ce dimanche, nous fêtons le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. 46 enfants du catéchisme se sont préparés pour leur première communion. Avant le concile Vatican II, la première communion était appelée « petite communion », ou « communion privée » pour laisser tout son lustre à la communion solennelle, appelée aussi Grande Communion Solennelle.

C’est le pape Pie X qui, au début du 20ème siècle, ouvre la communion aux enfants, « dès qu’ils sont capables de faire la différence entre le pain ordinaire et le pain eucharistique ». C’est une manière de répondre à cet appel du Seigneur : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent ! » (Marc 10,14). Ce n’est donc pas une « petite communion », car c’est vraiment Jésus, le Christ qui aujourd’hui entre en communion avec eux.

« Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. » Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. »

 Le Jeudi Saint, par la parole de Jésus, le pain et le vin deviennent corps et sang du Christ, signe réel de son corps livré et de son sang versé pour la « Multitude ». Le Vendredi Saint, Jésus meurt sur la croix, son corps et son sang sont séparés, corps livré, sang versé : il nous aime jusqu’à donner sa vie pour que nous soyons sauvés. Le dimanche de Pâques, il ressuscite, car il est Fils de Dieu qui nous aime. Ainsi, à chaque fois qu’un prêtre dit ces paroles, l’offrande du Christ au Père se réalise, pour le salut de la Multitude. Aujourd’hui, comme hier, Jésus nous nourrit du pain qui fait vivre notre foi. A la suite des apôtres, les évêques et les prêtres sont là pour que chacun ait part à ce repas qui vient du Christ lui-même. Mais ce n’est pas un repas comme les autres ! C’est sa vie qu’il nous donne, sa vie de Ressuscité, source éternelle d’amour et de paix !

J’aime beaucoup la manière dont Maurice Zundel (prêtre et théologien) parle de l’Eucharistie. «  L’Eucharistie ! C’est là peut-être que les chrétiens se sont le plus mépris. C’est là qu’ils ont cédé à une tentation si naturelle de mettre le sacré en-dehors d’eux-mêmes, de rebâtir un temple de pierre, de reconstruire un tabernacle de métal précieux et d’y enfermer Dieu, comme un objet, en s’inclinant devant cet objet devenu extérieur à eux-mêmes, en fermant la porte avec des grilles d’or et en retournant à leurs affaires en laissant la Sainteté enfermé dans le temple.  » (Vie, mort, résurrection, M. Zundel, Ed. Anne Sigier, p. 86).

L’Eucharistie n’est pas faite pour rester dans le Tabernacle. Elle est faite pour que nous la recevions ! C’est chacun de nous qui, en communiant, devient demeure de Dieu ! Communier, c’est recevoir la vie qui vient de Dieu, c’est entrer en communion de pardon les uns avec les autres en l’Esprit qui fait notre unité. Nous devenons frères et sœurs du Christ, un seul peuple rassemblé pour une seule louange ! Les enfants qui font leur première communion aujourd’hui nous invitent à rajeunir dans notre foi et à accueillir le Royaume avec la joie, la simplicité et l’enthousiasme des enfants ! Ces enfants nous invitent aussi à relire à cette lumière qui vient de Dieu notre propre chemin, afin que nous tous, nous devenions Sainte Demeure de Dieu !

Père Albert Gambart



 


Tragique solitude, ou, Sainte Trinité : amour et relations

 

23 mai 2018 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 27 mai, Solennité de la Sainte Trinité - par le p. Bernard Bommelaer.
De grands appartements et de petits logements où des personnes de tous les âges sont seules : personnes âgées, étudiants, célibataires qui n’ont pas trouvé d’âme sœur ou qui sont redevenus seuls après un veuvage ou une séparation.

Notre Ville de Paris qui est si belle est également terrible ! Certes, il n’y a pas que des gens seuls : les familles, les couples, les réseaux d’amis, les associations en tous genres… vivent de solides et belles relations. Pour autant, s’ouvriront-elles aux personnes qui souffrent de solitude ?

La fête d’aujourd’hui nous y convie : il s’agit de la Sainte Trinité. Il a fallu des siècles et la personne de Jésus pour que nous accédions à cette révélation. Pourtant, dès le début de l’histoire d’Israël, Dieu se révèle comme le Dieu de l’Alliance, celui qui y est toujours fidèle et jamais ne lâche son peuple même si celui-ci l’oublie. Abraham, Moïse, David, les prophètes, pour ne citer que quelques grandes figures, seront conscients de cette Alliance et mettront leur force et leur cœur à la vivre et à la faire vivre. C’est avec Jésus, le Fils venu parmi nous, que nous entrerons pleinement dans le secret de la vie de Dieu sans néanmoins la saisir complètement.

Oui, avec Jésus, nous découvrons cette relation extraordinaire entre le Père et le Fils, l’Esprit Saint en étant le lien, l’amour vivant et réciproque, le souffle de vie qui les unit.

Et voici que Jésus nous envoie pour que tous puissent découvrir et vivre de ce souffle de vie et d’amour. Saint Paul ne nous dit-il pas que « tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit sont fils de Dieu… … et que si nous sommes ses enfants, nous sommes aussi héritiers avec le Christ. » (Romains 8,14…17)

Mais comment cela est-il compatible avec l’énorme solitude qui dans le plus grand silence hurle dans nos immeubles ? Comment vivre à l’image de la Sainte Trinité en laissant se développer la solitude ! Si nous sommes chrétiens, croyants en la Sainte Trinité, il nous faut entendre l’ordre que nous donne Jésus : « Allez, de toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit…Mt 28,19 » Ne faudrait-il pas que nous commencions par nos maisons ! (1)

P. Bernard Bommelaer

(1) Aujourd’hui : ‘Fête des mères’ et aussi ‘Fête des voisins’.
Ne serait-ce pas l’occasion de porter quelques fleurs à une voisine qui ne sort plus ou d’apporter un apéritif et de trinquer avec tel autre voisin(e) qui est un peu seul(e) ?



 


Comme une fontaine débordante...

 

18 mai 2018 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 20 mai, Solennité de la Pentecôte - par le p. Benoît Strebler
"L’eau que je donnerai à celui qui croit en moi, dit Jésus, sera en lui une source vive, jaillissant en vie éternelle". Pourquoi compare-t-il le Saint-Esprit à une eau ?

Parce que toute chose vient à la vie grâce à l’eau, et qu’une même pluie produit de multiples effets, comme une même source irrigue tout un jardin et qu’un même nuage arrose toute la terre, produisant la blancheur du lis, le rouge de la rose, la pourpre des violettes et de la jacinthe : ici, l’eau donne naissance à un palmier, là, elle fait pousser la vigne, et pourtant, c’est toujours la même eau qui s’accommode à ce qui la reçoit, et qui lui donne ce qui lui convient.

De même le Saint-Esprit, unique et indivisible, donne comme il le veut à chacun la grâce qui lui convient ; et comme un bois desséché fécondé par l’eau se met à produire son fruit, de même l’âme du pécheur qui a reçu le don de l’Esprit-Saint, porte des fruits de justice : à l’un est donné de parler selon la Sagesse de Dieu, un autre reçoit l’esprit de prophétie, un autre le pouvoir de chasser les démons, un autre devient capable d’interpréter la Sainte Ecriture, un autre de vivre dans la tempérance, un autre d’exercer la charité, un autre de consacrer sa vie à Dieu dans le jeûne et les austérités, un autre de subir le martyre. L’Esprit-Saint est différent en chacun, et pourtant toujours identique à lui-même.

Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse baptismale 76



 


"Amour sans frontières" !

 

4 mai 2018 par Père Aloys Shanyungu

Editorial du dimanche 6 mai 2018, par le p. Aloys Shanyungu.
Aimer ? Bien sûr. Mais pas n’importe qui, tout de même ! Mes plus proches, mon pays, quelques ami(e)s : d’accord ! Pas au-delà et pas plus, s’il vous plaît ! C’est là le raisonnement spontané de l’homme. L’amour aurait-il donc des « frontières » à ne pas franchir ? La réponse de Jésus nous décontenance, nous désarçonne. Pour lui, pas de frontières dans l’amour. Ne surmonte-t-il pas les oppositions humaines et même religieuses, les plus farouches ? Ceci peut nous rappeler un peu ce chant pas très ancien d’Adamo Salvatore : « Oh, la, la ! Ah, mon Dieu ! Que la vie est triste sans amour ! »

Serait-ce donc possible, un « amour sans frontières » ? Pourquoi pas ! Des « sans frontières », nous en connaissons, ou en avons certainement entendu parler : Médecins, Reporters, Aviation, Pharmaciens, Terre, Avocats, etc. Oui ! Des organisations « sans frontières », par le travail qu’elles abattent sur terrain, redonnent encore de l’humanitas aux déshérités... De la « philanthropie » certes, mais avec une certaine dose d’amour ! Voilà l’essentiel et le plus important.

Le Dieu impartial et accueillant, que Pierre présente au centurion romain Corneille et à sa maison, à Césarée, est bien le même que celui dont Jean nous parle dans ses Lettres et dans son évangile. Il est un Dieu-Amour, un Père sans frontières, qui accueille ceux « qui l’adorent et font ce qui est juste. » L’amour n’est pas n’importe quel sentiment jetant un homme vers son Alter ego. Il est essentiellement une attitude d’ouverture et de don gratuit, total. Et Jésus nous l’a pleinement manifesté en donnant sa vie pour nous, pécheurs. À tous ses disciples (et à nous aujourd’hui) de le manifester au monde qui en est très assoiffé ! C’est pourquoi Jésus insiste en disant : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». Il y a là une véritable révolution dans la conception de l’amour. Que de chemin encore à parcourir pour que le Royaume d’amour s’affirme réellement en nous et autour de nous !

Avec la fête de l’Ascension -que nous célébrerons joyeusement en semaine-, nous sommes « tournés vers le ciel », sans oublier d’être « présents à ce monde ». Ne succombons surtout pas à la grande tentation de faire un « choix » dans l’orientation de notre regard ; il s’agit de deux « orientations » complémentaires de ce regard. Certes, l’Ascension nous indique le sens ultime de notre vie. Néanmoins, elle constitue aussi un appel à nous rendre présents à nos frères en humanité. Et le Christ nous garantit d’être « avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps. » Nous voilà suffisamment rassurés !

Abbé Aloys Shanyungu



 


Attachés au Christ

 

26 avril 2018 par p. Anderson Marçal Pires

Editorial du dimanche 29 avril 2018, par le p. Anderson Marçal Pires

Ce cinquième dimanche de Pâques nous invite à nous attacher au Christ et à vraiment demeurer en Lui. Alors, dans le contexte actuel où « beaucoup de gens se disent chrétiens par le simple fait d’avoir été baptisés, d’appartenir à une famille de « tradition » chrétienne ou bien de « pratiquer » occasionnellement leur foi », l’évangile de ce dimanche attire notre attention sur cet attachement au Christ. Mais de quel attachement s’agit-il ?

Dans le document final de la Conférence Épiscopale des Évêques de l’Amérique Latine (tenue à Aparecida, au Brésil, en mai 2007), on peut trouver certaines réponses susceptibles de clarifier cette question d’attachement au Christ. Tout d’abord, « on ne commence pas à être chrétien par une décision morale, mais bien par la rencontre d’un événement, avec une Personne, qui donne un sens nouveau à la vie et une orientation décisive ». Le document d’Aparecida parle d’une rencontre permanente avec le Seigneur Jésus.

En effet, c’est par ce contact avec Jésus-Christ, Fils de Dieu, que l’homme trouve cet attachement et est initié aux divins mystères. En nous mettant en communion et en intimité avec Jésus-Christ, nous pouvons découvrir notre vocation de disciples et approfondir spirituellement notre vie chrétienne à travers la Bible et les Sacrements, spécialement l’Eucharistie ; ce sont des « lieux théologiques » de rencontre avec le Christ.

En effet, la France a de précieuses racines chrétiennes qui, malgré ce climat de sécularisation, nous permettent de redécouvrir les lieux de piété populaire sans avoir peur de revenir à une religiosité naïve. Bien au contraire, la piété populaire continue d’être une confession du Dieu vivant et un canal de transmission de la foi et de rencontre avec le Christ.

Que le témoignage de Saint Paul, qui grâce à sa rencontre avec le Christ passe de persécuteur des chrétiens à évangélisateur du monde, nous aide à demeurer en Dieu et à garder ses commandements, en mettant notre foi en Jésus et en nous engageant dans la nouvelle évangélisation.

P. Anderson Marçal Pires



 


Sont-elles folles … ces novices et futures religieuses ? Sont-ils fous … ces séminaristes et futurs prêtres ?

 

18 avril 2018 par Père Bernard Bommelaer

Editdorial du dimanche 22 avril 2018, par le p. Bernard Bommelaer.
Un peu avant Noël j’ai fait la connaissance d’un couple du quartier, 93 et 95 ans, qui avait fêté ses 70 ans de mariage (noces de platine) l’année précédente. Samedi prochain j’aurai la joie de célébrer les noces d’or d’un couple connu il y a longtemps.

J’aime aussi entendre parler de ces femmes et de ces hommes qui ont passé leur vie à chercher comme Pasteur, Marie Curie… ou à explorer les régions alors inconnues de notre terre et à présent le secret du système solaire, de notre galaxie et de l’univers. De même, les mathématiciens et tous ces génies de l’informatique et de ses dérivés qui en quelques années ont transformé notre terre.

Même si nous voyons bien des échecs, il nous faut souligner la fécondité des engagements à longue échéance ou définitifs. La liberté et la passion qui président à ces ‘embarquements’ sont des sources où des vies se réalisent pleinement tout en rendant d’immenses services aux autres, voire à l’humanité.

Jean, Pierre, Paul, Thomas … et leurs compagnons étaient de cette trempe. Passionnés par Jésus, transformés par le témoignage de la résurrection et par le don de l’Esprit Saint, ils ont accompli une œuvre qui ne s’est pas éteinte. De génération en génération et à travers tous les continents à présent, ce service de l’Amour du Seigneur et de la vie des hommes se développe et s’amplifie. Femmes et hommes y répondent.

Certes la vieille Europe – et donc la France – semble s’endormir malgré la présence et l’action de nombreux prêtres étrangers, surtout africains que nous apprécions. Pourtant l’amour et l’enthousiasme pour le Seigneur, ainsi que le sens du service du monde d’aujourd’hui sont présents et vivants chez beaucoup de jeunes et de moins jeunes.

Prions pour que soit entendu, chez des femmes et des hommes, l’appel du Christ ‘Bon Pasteur’ à le suivre et à tout donner pour être à son service et à celui de nos contemporains et du monde de demain.

P. Bernard Bommelaer



 


Le Christ ressuscité apparaît à ses disciples

 

13 avril 2018 par p. Guy Fernand Kalouhohiko

Editorial du dimanche 15 avril 2018, par le p. Guy Fernand Kalouhohiko ;
Les apôtres sont bouleversés après la mort de leur Maître. Ils refusent encore à croire. Ils sont assaillis par un doute. L’apparition du Christ ressuscité au milieu d’eux est une façon de leur dire qu’il est bien vivant et ressuscité, qu’il n’est pas un esprit.

Car un esprit n’est pas fait de chair et d’os. En fait, Jésus veut établir hors de doute qu’il n’est pas un esprit. Il veut les convaincre. C’est pourquoi il leur dit « c’est bien moi », celui que vous avez connu avant la crucifixion. Il fournit les preuves du fait : « touchez et voyez » ce sont mes mains et mes pieds, portant les blessures de la croix. Il demande à manger. Il consomme devant eux du poisson. Puis il leur rappelle les écritures. A travers ce geste, le Christ ouvrit leur intelligence à la compréhension des écritures. Ainsi, chers frères et sœurs nous pouvons dire que la foi en la résurrection corporelle de Jésus dut vaincre alors l’incrédulité des disciples.

Aujourd’hui dans le monde, il nous faut le reconnaître que nombreux sont encore assaillis par un doute, refusent de croire et de voir en Jésus celui qui est ressuscité. Les raisons évoquées sont diverses. Nous, chrétiens, on peut dire que par la foi que les apôtres nous ont communiquée, nous sommes devenus témoins du Christ ressuscité et nous devons être fiers de l’être. De ce point de vue, nous sommes conviés à continuer à évangéliser le monde afin de susciter la conversion des cœurs chez nombreux de nos frères et sœurs qui sont encore incrédules. Telle est donc notre mission.

P. Guy Fernand Kalouhohiko



 


Divine Miséricorde

 

6 avril 2018 par Charles Gazeau

Editorial du dimanche 8 avril 2018 - In Albis - de la Divine Miséricorde, par Charles Gazeau, diacre.
2016 année sainte du jubilé extraordinaire de la Miséricorde. Vous en souvenez-vous ?

Une année entière pour redécouvrir la profondeur et le sens de cette grâce, la Miséricorde. Une comète de bonheur a traversé nos vies, nos communautés. Des portes se sont ouvertes, nous y sommes passés avec joie. Dans sa lettre apostolique le pape François nous dit « La miséricorde est cette action concrète de l’amour qui, en pardonnant, transforme et change la vie. »

En ce dimanche de la Divine Miséricorde nous sommes invités à goûter à la tendresse du Père dans nos vies. Tendresse de Jésus invitant son ami Thomas à cette proximité de corps et du cœur « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Tendresse du Père qui, par ses apôtres, nous offre, dans le sacrement de la réconciliation, la grâce du pardon. « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Cette tendresse est proche de nous, elle est comme du miel. Si vous ne la percevez pas, demandez-la, de tout votre cœur, elle ne tardera pas à se laisser découvrir, à se manifester en vous. Elle est si agréable et si douce. Elle devient en nous source de paix et de bonheur.

En ce dimanche profitons-en pour revisiter la formule d’absolution dite par le prêtre : « Que Dieu, notre Père, vous montre sa miséricorde. Par la mort et la résurrection de son Fils, il a réconcilié le monde avec lui, et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés, par le ministère de l’Église, qu’il vous donne le pardon et la paix ».

Dans la joie du Christ ressuscité, ne gardons pas jalousement la miséricorde reçue du Père, sachons la partager à nos proches, à nos frères souffrants. Rejoignons ceux qui vivent sur notre territoire pour, qu’à travers notre témoignage de croyant et de vivant, la caresse de Dieu parvienne à tous.

Charles Gazeau, diacre



 


Pâques, la Vie donnée, la Vie toujours

 

30 mars 2018 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 1er avril 2018, Saint Jour de Pâques -Fête de la Résurrection du Seigneur, par le p. Albert Gambart
Le « Alléluia » de Pâques résonne à nouveau, ranimant notre Espérance. Quand Marie Madeleine se rend au tombeau, c’est encore les ténèbres ! Mais l’aube se lève sur un jour nouveau.

Quand viendra-t-il, ce jour nouveau ? Notre monde a bien besoin d’être renouvelé ! J’ai quelquefois l’impression d’un combat entre la vie et la mort. Les ténèbres de la violence semblent dominer, à travers les attentats, les guerres et toutes les violences diverses qui jettent sur les routes tant de gens, que notre temps a tellement de mal à secourir ! Nous nous trouvons dans une exaspérante impasse où tout le monde a des idées mais les actions paraissent bien inopérantes et faibles !

Alors, Pâques, est-ce une illusion ? une vaine espérance qui permet de se voiler un peu plus la face ?

Mais, quel est le message de Pâques ? Écoutons l’apôtre Pierre, chez le centurion Corneille.

«  Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à nous, les témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après la Résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : quiconque croit en lui reçoit par son Nom le pardon de ses péchés ! ».

Le message de Pâques, c’est que la Vie l’emporte sur la mort ! C’est en Jésus-Christ que ce passage s’opère. Cette Vie qui vient de Dieu ne demande qu’à se communiquer. Tous ceux qui croient en Jésus-Christ ressuscité reçoivent le pardon de leur péché. C’est-à-dire que la mort n’a plus d’emprise sur eux : en effet, la mort vient par la désobéissance, la colère, la convoitise, la jalousie, l’orgueil, la vengeance, le désir de puissance, le mépris de l’autre, le mépris de Dieu. La Vie de Dieu en nous commence par le don de son Esprit, cet amour qu’il nous donne dont les fruits sont force, paix et joie. La foi véritable en Jésus-Christ nous vaccine à jamais contre l’idée d’une religion brutale, vengeresse et dominante.

Comme Jésus s’est mis au service, jusqu’à donner sa vie en pardonnant à ses meurtriers, ainsi devons-nous faire. C’est par notre vie, par l’action de l’Esprit du Père et du Fils dans notre vie, que nous devons témoigner de la Pâques du Seigneur. Nous sommes son peuple, et il est notre Berger, lui qui est déjà passé sur l’autre rive, et qui nous fait faire la traversée ! Et c’est à nous, Chrétiens, à la suite des apôtres, de crier au monde d’aujourd’hui : « Il est vraiment ressuscité, ce Jésus que vous avez crucifié ! »

Père Albert Gambart



 


Hosanna !

 

23 mars 2018 par Charles Gazeau

Editorial du dimanche 25 mars 2018, Dimanche des Rameaux et de la Passion - par Charles Gazeau, diacre.
Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! C’est par ces cris, ces acclamations, cette liesse que Jésus entre à Jérusalem. Le peuple de l’alliance exulte, son roi n’est pas triomphant, il est monté sur un petit âne et non un destrier de guerre ou une monture parée d’or et de pourpre mais il entre dans la ville sainte pour sauver son peuple.

En ce dimanche des Rameaux, nous sommes nombreux à nous rendre à l’église, nous sommes nombreux à reprendre les acclamations qui retentissaient il y a 2 000 ans dans les rues de Jérusalem. Mais, saisissons-nous bien ce que nous sommes appelés à célébrer ? Le mot « passion » signifie souffrance. Nous l’entendons dans la lecture de l’évangile de saint Marc, la Passion nous relate l’ensemble des souffrances du Christ depuis son arrestation au jardin des Oliviers (Gethsémani) à sa mort en croix. Cette lecture nous introduit dans le mystère de la Pâque du Christ, passage offrant sa vie par amour pour sauver l’humanité. Cette passion est un cyclone d’amour fou de Dieu par son Fils pour l’ensemble de l’humanité. Le Père veut dire aux hommes combien il les aime « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » Jn 3, 16

Par cet amour-passion, le Christ prend sur lui la trahison de Judas et la nôtre, le reniement de Pierre et le nôtre, la lâcheté de Pilate et la nôtre, les insultes de soldats et de la foule et les nôtres, l’indifférence du peuple et la nôtre. « C’était nos péchés qu’il portait dans son corps sur le bois afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. » 1P2,24 Le Christ prend sur lui le péché du monde pour nous réconcilier avec son Père et nous ouvrir la voie du salut.

C’est dans la Passion du Christ, indissociable de la résurrection, que le chrétien, par son baptême, fait lui aussi son passage de la mort à la vie. Entrons, en ce dimanche des Rameaux, dans l’insondable mystère pascal nous invitant à mourir et à ressusciter avec Celui, qui nous ouvre le chemin vers le Père, le Christ-Jésus.

Bonne et sainte Semaine Sainte.

Charles Gazeau, diacre



 


Le grain de blé tombé en terre

 

16 mars 2018 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 18 mars 2018, 5ème dimanche de Carême - par le p. Benoît Strebler
"Amen, amen, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre, ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle" (Jn 12,23-25)

Le Christ nous appelle à faire un choix radical puisqu’il est question de vie et de mort. Au début de ce Carême, nous avions déjà été placés devant une alternative semblable. En effet, le jeudi après les cendres, nous avons entendu cette parole du Seigneur : "Je mets devant toi la vie ou la mort. Choisis donc la vie" (Dt 30,19). Nous pouvons à présent nous interroger sur les choix que nous avons posés, sur la manière dont nous avons écouté la parole de Dieu, sur les réponses que nous avons données. 

Aujourd’hui, cependant, cette perspective prend une tournure déterminante. Choisir la vie, c’est choisir de suivre le Christ en sa Passion, de s’unir à son offrande, de mourir avec lui pour renaître par sa résurrection. Toute la semaine, dans les lectures, nous allons entendre Jésus se dire l’égal du Père. Nous allons le voir accomplir les œuvres de salut du Père mais aussi nous allons voir grandir la haine à son égard. Il nous faut choisir. Désirons-nous porter des fruits de vie éternelle ? Ne craignons pas de tomber en terre, notre vie en dépend.

P. Benoît Strebler



 


"C’est bien par grâce que vous êtes sauvés"

 

9 mars 2018 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 11 mars 2018, 4ème dimanche de Carême ’Laetare’.
Faire mémoire au long des siècles de Cyrus, l’empereur païen, qui, au nom de Dieu, a ordonné la libération du peuple… Assumer l’étrange pratique du serpent dressé au bout d’un mât et en faire la figure de la Croix de Jésus par laquelle nous avons été sauvés…

Reconnaître que Dieu est riche en miséricorde et que tout ce que nous rencontrons peut servir à la plénitude de notre vie, (le Salut). Tout cela peut être étonnant.

C’est pour cela qu’il est vital de repenser à ce qui nous a aidés à sortir de difficultés diverses, d’impasses, d’erreurs importantes que nous avons traversées, sans oublier les personnes qui ont permis cela. Ce fut dans le cours de notre scolarité et de notre formation professionnelle…. Mais aussi dans la découverte de la vie, dans nos choix ou tâtonnements amoureux, ainsi que dans les hauts et les bas de la vie familiale… C’est encore dans nos responsabilités professionnelles et dans les relations avec les collègues.

Si nous y repensons un peu sérieusement, nous serons devant une longue cohorte des personnes les plus diverses, croyantes ou non, mais qui de fait ont eu un impact sur notre vie et ont collaboré avec Dieu pour nous faire grandir.

En ce temps de carême et de montée vers Pâques, il peut y avoir là une ouverture et une découverte très grandes. Nous ne pouvons pas penser l’œuvre du Seigneur fermée sur un petit groupe (2 milliards de baptisés sur 7,5 Mds d’Hommes). Tous sont de fait associés à la même œuvre, même si la plupart n’en connaissent ni le nom, ni le sens. Il nous revient de présenter au Seigneur l‘action de tant et tant de personnes. Au sein de l’Eucharistie, l’action de grâce du Fils Bien-Aimé, il convient de rendre grâce pour tout ce dont nous- mêmes et tant de personnes avons bénéficié. En même temps que nous ferons cela nous deviendrons témoins pour d’autres de ce qui s’accomplit. Notre prière pourra être alors que certains et même beaucoup découvrent le sens et la portée de tous ces actes humains. « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que par lui, le monde soit sauvé. » Jn 3/17

P. Bernard Bommelaer



 


Rejetons de notre coeur ce qui nous écarte de Jésus

 

2 mars 2018 par p. Anderson Marçal Pires

Editorial du dimanche 4 mars 2018, 3ème dimanche de Carême - par le p. Anderson Marçal Pires
En ce troisième dimanche de Carême, nous sommes à mi-chemin vers Pâques. C’est aussi un dimanche important pour les catéchumènes, pour lesquels c’est le premier scrutin, prions donc pour eux.

Depuis le mercredi des Cendres, nous avons entendu des appels très forts : « Les temps sont accomplis. Convertissez-vous et croyez à l’évangile. » Ne laissons pas passer ce temps sans un engagement de notre part.

Le Carême est un temps favorable pour rentrer en nous-mêmes. Il ne s’agit pas d’accomplir des performances spirituelles extraordinaires. Le plus important c’est d’accueillir le Seigneur et de lui redonner toute sa place dans notre vie. Jésus entre à Jérusalem et son attitude est prophétique face à la profanation que les marchands font du Temple ; il chasse les vendeurs qui étaient dans le temple, parce que la maison de Dieu est une maison de prière, le temple est d’abord un lieu de la présence de Dieu. 

Mais il y a un autre marché auquel nous devons faire très attention : c’est celui qui se déroule à l’intérieur de nos cœurs. C’est le moment de nous laisser guider par Jésus pour faire la même chose que lui, d’enlever les péchés de notre cœur grâce au sacrement de réconciliation et même de chercher une bonne direction spirituelle.

On ne peut pas comprendre le Royaume apporté par Jésus, si on ne se libère pas des idoles, dont une des plus puissantes est l’argent. Bien entendu, c’est aussi de l’argent que dépendent la nourriture, l’école, la sécurité de notre famille mais, lorsque l’argent devient un but en soi, il devient un vice. C’est en effet un péché d’idolâtrie, car l’accumulation en est la finalité.

Jésus, comme un maître, enseigne « à veiller ». Alors, demandons-lui de nous donner sa force et son courage pour rejeter du temple de notre cœur tout ce qui nous écarte de lui. Que Jésus nous aide à transformer nos cœurs. 

P. Anderson Marçal Pires

Illustration : ’Jésus chassant les marchands du temple’ par Natoire
Ce tableau est exposé dans la chapelle des fonts baptismaux de l’église.



 


La transfiguration du Seigneur

 

22 février 2018 par p. Guy Fernand Kalouhohiko

Editorial du dimanche 25 février, 2ème dimanche de Carême - par le p. Guy Fernand Kalouhohiko
Comment comprendre cet évangile de la TRANSFIGURATION en ce temps de carême ? Transfiguré, plus exactement « métamorphosé », c’est-à-dire « changé de forme ».

Marc l’évangéliste reprend ici les symboles classiques (montagne, vêtements blancs, crainte, nuée, voix venant du ciel) qui sont propres aux juifs pour parler d’une manifestation de la gloire de Dieu devant les hommes. A travers cet événement de la Transfiguration, Dieu lui-même proclame l’authenticité de la mission de Jésus et de la relation qui les unit. Située par la tradition dans le contexte de l’annonce des souffrances que rencontreront le Messie et ceux qui marchent à sa suite, la transfiguration vient équilibrer la vision du mystère du Christ : la croix et l’échec conduiront vers la gloire au jour de la résurrection.

Pendant cet événement, trois disciples : Pierre, Jacques et Jean sont témoins. Ils ont reçu la révélation de la gloire que le Christ aura lors de sa résurrection et de sa venue définitive. Aussi, n’ont –ils pas aperçu où aboutira le chemin de croix du Fils de Dieu ? N’ont –ils pas vu apparaître aux côtés de Jésus Elie et Moïse, qui sont ses précurseurs et sont déjà passés par la souffrance et la mort à la gloire ?

L’évangile parle d’un nuage qui recouvre les disciples, manifeste la présence cachée de Dieu. Nous pouvons dire que cette fois, ce ne seront plus les démons, ni les hommes qui vont découvrir le mystère personnel de Jésus. C’est Dieu lui-même qui va le faire. Jésus est ici présenté aux témoins de la scène comme le fils bien-aimé de Dieu, fils unique, le nouveau Moïse, le serviteur sur qui repose l’Esprit de Dieu et qui portera le salut à toutes les nations.

Voilà le chemin à suivre nous est indiqué. Il n’y a plus de doute, d’interrogations possibles. C’est Lui le Messie, le fils de David et fils unique comme Isaac, le messie-prophète et qu’il faudra écouter. Prions de façon intense en ce temps de carême. Que le Seigneur nous aide à changer nos cœurs, et à nous laisser transformer par sa Parole.

P. Guy Fernand Kalouhohiko



 


Voici le temps de la conversion !

 

16 février 2018 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 18 février 2018, 1er dimanche de Carême - par le p. Aloys Shanyungu
La première partie du temps « ordinaire » a touché à sa fin. Une étape est franchie ! Avec le « mercredi des cendres » commence une autre nouvelle étape, celle du « Carême », la grande aventure de l’alliance de Dieu avec l’humanité par le canal de son Fils, le Christ-Sauveur, qui nous mènera jusqu’à la nuit pascale.

« Quarante jours » de cheminement, de randonnée spirituelle ! Une période marquée par le souvenir des « temps forts » du peuple de Dieu ! Moment favorable, vécu en Eglise, pour reprendre souffle, nous « retourner » intérieurement et grandir dans la compréhension de notre foi.

Le chiffre « quarante » est, bien sûr, très significatif dans la Bible : il rappelle les « quarante jours » que dura le déluge, avant le sceau de l’Alliance de Dieu avec le patriarche Noé (dont nous parle la 1ère lecture de ce dimanche) ; « quarante ans » de pérégrination et d’épreuves du peuple hébreu au désert, après la sortie d’Egypte (livre de l’Exode). Rappelons-nous aussi qu’après son baptême dans le Jourdain par Jean Baptiste, Jésus passa « quarante jours » de jeûne dans le désert, avant de commencer son ministère d’annonce de « l’Evangile de Dieu », et d’être tenté par le diable (Evangile).

En relisant l’épisode du déluge dans sa première Lettre, l’apôtre Pierre montre que l’arche de Noé préfigurait le baptême, auquel se préparent soigneusement les « catéchumènes » qui, en principe, se verront appelés définitivement ce dimanche par l’évêque. Pour nous, chrétiens, le temps de Carême (Quaresima) est aussi le moment où nous sommes spécialement invités à faire une certaine expérience du désert et surtout de « purification ». « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle », entendrons-nous Jésus nous dire dans l’évangile de ce jour. C’est un appel à une vie « renouvelée ». Seigneur, enseigne-nous tes voies et guide nos pas au chemin de la paix ! Fructueux temps de Carême à tous et à toutes !

Abbé Aloys Shanyungu



 


’Je le veux ! Sois purifié !’

 

9 février 2018 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 11 février 2018, par le p. Albert Gambart

Le lépreux de l’Évangile agit avec beaucoup d’audace, et beaucoup de foi. En effet, il transgresse la loi ; cette loi, nous venons de l’entendre dans la première lecture. « Tant qu’il gardera cette tache, il sera vraiment impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp. » Cette loi est dure ! Mais comment faire autrement, en cette époque, que d’exclure le contagieux, si l’on veut que le peuple vive ?

L’homme supplie ! « Si tu le veux, tu peux me purifier ! » Jésus a pitié, et il touche le lépreux : « je le veux, sois purifié ! » C’est le mot « purifier » qui est employé, et non le mot « guérir », comme pour montrer qu’au-delà de la maladie, la lèpre symbolise le péché de l’homme qui le tient loin de Dieu. Jésus touche le lépreux, se rendant impur aux yeux de la loi. Il le purifie de sa maladie, pour manifester qu’en lui réside cette force de purification, il est le seul chemin vers le Père. Et puis il part dans les endroits déserts, comme s’il devenait lui-même lépreux, prenant sur lui le malheur de l’homme. La croix s’élève à l’horizon !

Aujourd’hui, nous fêtons sœur Rosalie. Quand je regarde sa vie, j’ai vraiment l’impression d’un miroir qui reflète le Christ. Un exemple : le préfet venait arrêter sœur Rosalie car elle avait soigné et porté assistance à des insurgés :

Le préfet : « Savez-vous ma sœur que vous êtes gravement compromise ? Au mépris des lois vous avez fait évader un officier de l’ex- garde royale qui par sa révolte ouverte contre le gouvernement avait mérité les peines les plus sévères !  ».
Sœur Rosalie : «  Monsieur le préfet, je suis fille de la charité : je n’ai pas de drapeau je viens en aide au malheureux partout où je les rencontre. Je cherche à leur faire du bien sans les juger. Et je vous promets, si jamais vous étiez poursuivi vous-même et que vous me demandiez du secours, il ne vous serait pas refusé. »

Le préfet : « Je veux bien oublier le passé, mais de grâce, ma sœur, ne recommencez pas !  »

Sœur Rosalie : «  En vérité Monsieur le préfet je ne puis vous le promettre. Je sens que si pareille œuvre se présentait, je n’aurai pas le courage de la refuser : une Fille de la Charité de Saint Vincent de Paul n’a jamais le droit, quelle qu’en soit la conséquence, de manquer à la charité  ».

Quelle liberté, et quelle ressemblance avec le Christ ! Il ne s’agit pas d’adopter une attitude rebelle, ni de s’opposer à la loi. Il s’agit de servir la Charité ! C’est l’attitude du bon Pasteur ! Il donne sa vie pour ses brebis !

Père Albert Gambart



 


Avec Job regardons la vie de l’homme

 

2 février 2018 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 4 février 2018, par le p. Bernard Bommelaer.

Du Yémen à la Lybie, de la Syrie au Venezuela, de l’Afghanistan au Mali et en tant d’autres lieux qu’est-ce que la vie humaine ? Job, le vieux Job, est épouvanté, il la qualifie ainsi : « une corvée, vie de manœuvre, d’esclave n’ayant que le néant en partage … soir sans fin et cauchemars jusqu’à l’aube. »

Le tableau est sombre et nous pourrions dire qu’il ne qualifie pas le quotidien des parisiens de nos quartiers. Nous savons pourtant que certaines personnes proches de nous éprouvent les affres de Job, tandis que les ‘Migrants’, les ‘Personnes sdf’ sont devenus nos voisins quotidiens et qu’ils pourraient parler comme Job.

En parallèle à ce que nous dit et ce que vit Job, la liturgie d’aujourd’hui nous montre ce que fait Jésus. Il n’y a quasiment pas de paroles mais des actes. Dans la maison de Pierre pour sa belle-mère, mais aussi le soir, la nuit où convergent vers lui possédés et malades qu’il guérit et libère de leurs maux. Puis sa prière dans la nuit : tout remettre à son Père et tout recevoir de Lui avant de continuer à proclamer l’Evangile dans d’autres villages. N’avait-il pas dit un peu auparavant : « Le Règne de Dieu est tout proche. Mc1,15 : voir 3ème dimanche, 21 janvier. »

Disciples de Jésus nous ne vivons pas dans les nuages. Sans doute beaucoup parmi nous, sans bruit, agissent-ils pour leurs proches connus ou inconnus, et beaucoup aussi n’agissent-ils pas. Lundi dernier un groupe disponible pour accueillir entendait combien avance l’accueil d’une famille chrétienne syrienne qui devrait arriver sous peu dans le quartier. Mardi 6 février à 19h se réuniront, comme chaque mois, des personnes qui visitent des isolés, ou qui participent à Hiver Solidaire, poussent les fauteuils roulants dans les EHPAD lors des messes, soutiennent scolairement des enfants, assistent un parent âgé ou dépendant, participent à ‘Cœur du 5’, portent la communion à domicile … et tant d’autres choses. Il s’agit d’un temps de partage dans la discrétion, et aussi de prière avec un passage de la Parole de Dieu. Venez vous aussi : nous sommes de simples disciples de Jésus et nous essayons de le suivre.

P. Bernard Bommelaer



 


Que triomphent la vie et le bien !

 

26 janvier 2018 par Père Aloys Shanyungu

Editorial du dimanche 28 janvier 2018, par le p. Aloys Shanyungu.
«  Sauve-nous, Seigneur notre Dieu !  », telle est souvent la supplication du Psalmiste lorsqu’il s’adresse à Dieu, au nom du peuple d’Israël. Avec confiance, il espère être exaucé.

L’évangile de ce quatrième dimanche ordinaire nous fait découvrir la profondeur de la « pédagogie » de Jésus, sa manière de faire. Il s’agit de comprendre comment il vient « porter remède » à la situation humaine... Vrai homme, « un prophète au milieu de ses frères », Jésus de Nazareth est aussi vrai Dieu, « le Saint de Dieu », Celui qui révèle le Père et sauve du pouvoir démoniaque. Son action salvatrice est suivie par certains pour être amplement comprise : tel est le rôle de ses disciples, eux qu’il a choisis au début de son ministère.

Par ailleurs, dès son premier déploiement, son action s’affronte à un pan de la vulnérabilité humaine : il faut délier l’homme de l’emprise du Mauvais. Entre Dieu et le mal, il y a contradiction. Là où Jésus paraît, la puissance maléfique, qui gangrène l’homme, ne peut que s’effondrer… Aussi la parole de Jésus, apodictique du reste, oblige l’« esprit mauvais » à « décamper », à « vider les lieux » !

L’action de Jésus nous appelle à cheminer nous-mêmes, tout spécialement dans notre manière de considérer les choses. Jésus vient inaugurer un « monde nouveau ». Encore faut-il bien comprendre la nature du renouvellement qu’il apporte et rester attentifs à sa voix ! Puissions-nous, pénétrés par l’amour divin, donner aussi des signes prophétiques de ce qu’est ce « monde renouvelé », en luttant contre toute souffrance et toute misère autour de nous ! Avec le Psalmiste, nous pouvons alors chanter : « Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur !  »

Abbé Aloys Shanyungu



 


L’Unité des Chrétiens cette semaine et toujours

 

19 janvier 2018 par Charles Gazeau

editorial du dimanche 21 janvier 2018, par Charles Gazeau.

Chaque fois que germe l’unité : Avec toi, nous prions, Seigneur, pour que tous nous soyons unis, comme tu l’es avec le Père.

Chaque fois que germe l’unité

Avec toi, nous prions, Seigneur,
pour que tous nous soyons unis,
comme tu l’es avec le Père.

Avec toi, nous prions, Seigneur, pour ton Église,
pour que le désir d’unité jaillisse avec force,
pour que l’unité ne soit pas écartée comme inaccessible
ou voulue seulement en esprit,
sans être mise en pratique.

Nous partageons ta joie, Seigneur,
toutes les fois que l’unité germe dans ton peuple,
toutes les fois que s’estompent
les différences confessionnelles,
que s’approfondit l’échange mutuel,
et que le respect mutuel nous unifie.

Nous partageons ta joie, Seigneur,
lorsque ton peuple vit dans l’unité,
accepte de partager sa maison, sa paroisse,
son expérience de prière, de fraternité,
de témoignage ou de service,
et réalise ainsi une unité organique.

Avec toi, nous prions, Seigneur,
pour que ta prière soit pleinement
et définitivement exaucée,
lorsque nous, ton peuple,
ne serons qu’un avec toi et ton Père.

Révérend John Young



 


L’appel du Seigneur

 

11 janvier 2018 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 14 janvier 2018, par le p. Benoît Strebler.
La Révélation est une succession d’appels : d’Abraham le premier appelé, puis des juges, des rois et des prophètes, jusqu’à Marie l’immaculée. Aujourd’hui, dans l’évangile de ce dimanche, Jésus appelle André, puis Simon. Au premier, le Christ lui révèle où il demeure et cela lui suffit pour le convaincre qu’il a trouvé le Messie. Au second, il donne un nom nouveau dont plus tard il tirera un enseignement (Mt 16,18).

Ce récit que nous livre saint Jean ne nous intéresse pas seulement pour savoir comment ces événements se sont passés. Il nous enseigne aussi comment les choses continuent et vont continuer à se dérouler.

Le Christ, en effet, continue aujourd’hui à appeler ses disciples l’un après l’autre. L’un après l’autre, il les invite à se mettre à sa suite en leur donnant un nom nouveau (Ap 2,17).

Nous aussi, nous avons été appelés le jour de notre baptême et nous avons reçu un nom qui est celui par lequel Jésus nous appelle. Nous avons reçu une "vocation" qui nous fait entrer dans la mission que Dieu nous confie.

Ainsi se constitue l’Eglise qui n’est pas une institution dans laquelle on entre, mais qui est la communion de tous ceux qui ont répondu à l’appel du Christ et qui, à leur tour, lancent un nouvel appel. Dieu est patient, Il ne veut qu’aucun de ses enfants ne périsse, mais que chacun à son heure entende son nom appelé.    

P. Benoît Strebler



 


Venez adorer la vraie lumière du monde

 

5 janvier 2018 par p. Anderson Marçal Pires

Editorial du dimanche 7 janvier 2018, par le p. Anderson Marçal Pires.
Il est curieux que, lors la fête de l’Épiphanie, les Rois Mages aient plus d’importance que Jésus, vrai centre de la célébration, qui est une continuité du mystère de Noël. Mais qui sont ces personnages, quel est leur rôle dans le mystère de Noël ?

Les mages qui figurent dans l’épisode de l’Évangile selon Matthieu, ayant appris la naissance de Jésus, viennent « de l’Orient » guidés par une étoile, pour rendre hommage « au roi des Juifs ». L’évangile dit : « Ils se prosternèrent et l’adorèrent. Ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. » L’or est la marque de la royauté, l’encens, celle de la divinité et la myrrhe, utilisée dans l’embaumement des rois.

Ce sont les personnages traditionnels des récits de la Nativité ; et le thème de l’Adoration des Mages devient très populaire -ainsi qu’en témoigne une représentation dans les catacombes de Sainte Priscille à Rome- et se développe ensuite très largement dans l’art chrétien.

La Solennité de l’Épiphanie célèbre la manifestation de Jésus Fils de Dieu, Verbe fait Chair, qui est entré dans le monde au sein d’une famille, la nuit de Noël. Il est la vraie lumière qui vient en ce monde et éclaire tous les hommes. Les trois mages, représentent tous les peuples qui adorent le créateur de l’univers. C’est donc le Christ Messie le centre de cette fête et non les mages qui, eux, représentent tous les peuple de la terre - « ils marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore » comme nous le rappelle le prophète Isaïe.

En 2005, le pape émérite Benoît XVI, au cours de la Journée Mondiale de la Jeunesse en Allemagne, méditant sur la scène de l’adoration des mages, dit à la foule des jeunes : « faire l’expérience d’adorer Jésus lumière du monde, écouter sa parole, apprendre de lui à faire la volonté du Père et retourner par un autre chemin, laissant le Christ guider votre vie ». Grâce à Jésus, nous sommes désormais comme des créatures nouvelles. Alors, proclamons le Christ dans notre société qui a malheureusement décidé d’oublier ses racines Chrétiennes, c’est une grande profession de foi. Que cette lumière intérieure que le Christ nous a apportée, arrive à transformer les déserts spirituels de la vie en oasis de vie, de justice, d’espérance et de paix.

P. Anderson Marçal Pires



 


Bonne, sainte année, et que la paix de Dieu habite en vos cœurs

 

29 décembre 2017 2017 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 31 décembre 2017, par le p. Albert Gambart.
En cette fin d’année, deux grandes fêtes se succèdent : dimanche, c’est la fête de la sainte Famille, avec l’évangile de la Présentation de Jésus au Temple, et lundi 1er janvier, la Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu avec l’évangile de la visite des bergers à la crèche. C’est comme une reprise du mystère de Noël !

En effet, dans l’évangile de dimanche, l’enfant Jésus est amené au temple pour être présenté à Dieu. Le vieillard Syméon reconnaît cet enfant qu’il attendait : c’est le Messie du Seigneur, lumière des nations et gloire d’Israël son peuple. Le contraste est fort entre la simplicité du couple de Joseph et Marie et la prophétie de Syméon ! Et aussi, dans le même temps où Syméon se réjouit de la naissance de Jésus, il prophétise le Salut universel, qui passe par la croix : « ton âme sera traversée d’un glaive ! » dit-il à Marie.

Le 1er janvier, fête de Marie Mère de Dieu, nous retrouvons l’évangile de la nuit de Noël. Là encore, nous sommes devant une scène toute simple : Marie a donné naissance à son enfant, et Joseph est là ! En même temps, cette scène est un peu dramatique, car les parents n’ont pas trouvé place dans l’hôtellerie ! Cet évangile d’humilité est proclamé le jour de la fête de Marie Mère de Dieu. Encore une fois le contraste est grand. Il permet de méditer, comme Marie le fait en son cœur, sur le véritable visage de Dieu. Marie, qui est nommée « Mère de Dieu », ne met pas Dieu au monde ! Elle met au monde Jésus, Fils de Dieu et Dieu lui-même. Et comme Jésus est une seule personne, avec la nature divine du Verbe de Dieu et la nature humaine de l’homme Jésus, Marie mérite le nom de « Mère de Dieu » pour avoir dit oui à la parole de l’ange Gabriel. Quelle Grandeur !

Que sera cette année 2018 ? Qui peut le dire ? Pour nous, Chrétiens, à l’imitation de Jésus, de Joseph et de Marie, il faudrait qu’elle soit une année d’humilité, de simplicité, d’écoute, d’accueil. C’est dans cette simplicité que la Parole de Dieu trouve sa force. Alors, cette année sera aussi pour nous une année de grandeur et de force par le témoignage actif de l’Espérance qui nous anime, une année de témoignage de la puissance de l’Esprit capable de donner la paix et la joie, à chacun de nous et à tous ceux qui les demandent.

Bonne année à chacun de vous, et qu’entre nous règne la paix dans l’Esprit, pour que notre Eglise se construise en Corps du Christ pour la paix du monde !

Père Albert Gambart



 


Joyeux Noël !

 

22 décembre 2017 2017 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 24 décembre 2017, par le p. Albert Gambart
Voici Noël ! Dans la lecture de la messe de la nuit de Noël, saint Paul proclame :
« La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ! C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici–bas pour vivre en hommes justes…

Jésus-Christ s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien ! »

L’apôtre Paul exprime en peu de mot tout le sens du message de Noël. Dans une autre épitre, la faiblesse qu’il constate en lui-même lui fait s’écrier : « Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de péché et de mort » Aujourd’hui encore : l’égoïsme des riches, la violence des hommes entre eux, la guerre qui fait le malheur de ceux qui ne la recherchent pas ! Elle est bien longue, la triste liste des conséquences des passions déréglées par la convoitise et la colère de l’homme.
L’annonce de l’ange aux bergers est véritable souffle d’espérance : « Ne craignez pas ! Car voici que je viens vous annoncer une Bonne Nouvelle : Aujourd’hui vous est né un Sauveur ! Il est Messie et Seigneur ! Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » Il ne faut pas craindre l’irruption de Dieu dans nos vies, car la paix qu’il nous donne, la paix de son Esprit, permet et provoque la conversion de nos cœurs. Ce monde de paix que nous espérons tant construire, est-ce un rêve illusoire ? Par l’avènement du Christ, sa naissance en notre monde, l’offrande de sa vie, nous, les chrétiens, nous affirmons que c’est possible, grâce au pardon du Seigneur, à son Amour en nos cœurs, à sa vie en nos corps. Comme dit saint Paul, nous sommes appelés à devenir un peuple ardent à faire le bien !

Oh, Oui ! En ce temps de Noël, au cœur d’un monde déprimé, puissions-nous recevoir à profusion cette paix promise par l’ange aux bergers, cette paix qui chasse la peur et fait de nous des hommes et des femmes libérés. En cette paix, le désert peut refleurir, car enfin les hommes acceptent de vivre ensemble pour mettre en œuvre la force de l’Esprit pour le bien de notre monde. Alors, en cette grâce de Noël, devenons un peuple ardent à faire le bien !

Père Albert Gambart



 


Un appel pressant à la réjouissance !

 

15 décembre 2017 2017 par Père Aloys Shanyungu

Editorial du dimanche 17 décembre 2017, 3ème dimanche de l’Avent - Gaudete - par le p. Aloys Shanyungu
Ce troisième dimanche de l’Avent est généralement appelé « dimanche de la joie », « Gaudete, réjouissez-vous ! » Il mérite bien cette appellation singulière, liée principalement aux textes liturgiques du jour.

De fait, l’exultation est à son comble chez le prophète Isaïe (« Je tressaille de joie dans le Seigneur ») et dans le cantique du Magnificat, et saint Paul lance aux Thessaloniciens, qui vivaient dans la conviction du prochain retour du Seigneur, un vibrant appel à la joie (« Soyez toujours dans la joie »). Quant à Jean le Baptiste, son grand bonheur consiste à annoncer haut et fort Celui qui vient (« Je suis la voix de celui qui crie dans le désert ») et à lui rendre témoignage. « Réjouissez-vous ! » Et pour quel motif devrions-nous nous réjouir ? Tout simplement parce que le Seigneur vient, et il est proche !

Mais, dans un monde très enclin aux antagonismes hégémoniques, aux conflits attisés par les uns pour assouvir leur soif de domination sur les autres, la joie est-elle encore possible ? Oui ! nous répond l’Ecriture. Une joie paradoxale aux yeux de ceux qui ne voient que l’apparence… Au retour de l’exil, subordonnés à des puissances étrangères, les Juifs souffraient de voir que la restauration véritable d’Israël reculait sans cesse à l’horizon. Le prophète laisse alors entendre que la Bonne Nouvelle est réservée à ceux qui sont passés par l’épreuve et le dépouillement. C’est du cœur renouvelé par Dieu que jaillira la joie inespérée, qui est un don de l’Esprit ! Ce même Esprit qui reposait sur Jean Baptiste, « l’envoyé de Dieu », témoin annonciateur de l’irruption du Seigneur dans l’histoire des hommes : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de délier la courroie de sa sandale. »

Le Magnificat de la Vierge Marie chante la vraie joie à laquelle nous sommes appelés. Cette joie ne doit pas être un simple « élan du cœur », mais une « attention active » à Dieu qui demande de pouvoir le reconnaître dans tout appel au bien. Puisse le Seigneur nous détourner de toutes les fausses valeurs (qu’on ne cesse de nous faire miroiter) et qu’il nous oriente vers la venue du Rédempteur, l’Agneau Vainqueur !

Abbé Aloys Shanyungu



 


Aurions-nous besoin de ‘passeurs’ ?

 

7 décembre 2017 2017 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 10 décembre,2017, 2ème dimanche de l’Avent - par le p. Bernard Bommelaer
Curieux : en six mots Saint Marc parle de « Jésus, le Messie, le Fils de Dieu » Mc1/1, puis passe à quelqu’un d’autre. Il s’agit de Jean (le Baptiste). A l’avance, Isaïe le qualifie de ‘messager’ envoyé pour ’ouvrir son chemin’. Et lui, Jean-Baptiste, va parler en termes voilés de celui qui vient.

C’est donc que Jésus, le Fils de Dieu, a voulu avoir un ‘passeur’ qui l’introduise à sa mission. Il est vrai qu’au long des siècles les prophètes avaient tenu ce rôle : Jean-Baptiste est le dernier de cette lignée.

Si c’est ainsi pour Jésus, c’est que pour nous il en va de même ! Pourtant, souvent nous l’ignorons ou le refusons. Alors, pour nous conduire à Noël chercherons-nous, trouverons-nous des ‘passeurs’ ? A moins que nous pensions pouvoir tout faire tout seul !

Il est venu ‘tout petit enfant’ : 49-52 cm, quelques livres de chair, nourri par une mère, protégé par un couple, totalement dépendant. Les petits enfants, en ce temps de l’Avent et de Noël, ne seraient-ils pas nos maîtres, nous apprenant le sens de la dépendance et de la confiance ; car, adultes, nous ne connaissons plus guère ces réalités.

Il a grandi dans la simplicité de Nazareth : ses parents et les générations précédentes lui apprenant la vie, la parole, le métier. Quel que soit notre âge nous avons besoin d’être enseignés et de reconnaître que le savoir nous vient des autres.

Jésus adulte est allé en priorité vers les pauvres et les malades : ceux-ci l’ont reconnu, l’ont appelé, se sont tournés vers lui. Ils sont entrés dans la confiance, ont été sauvés et guéris. Ne pourraient-ils pas nous introduire à ce chemin de salut et de guérison ?
Les pécheurs, les publicains et les prostituées l’ont écouté et se sont convertis. Beaucoup ont étonné les personnes plus classiques et sans histoire ; pas seulement étonné mais devancé. Ne pourraient-ils nous montrer le chemin de la conversion ?
En ce temps de l’Avent, que les enfants, ceux qui nous précèdent dans la vie, les malades, les pauvres ainsi que les pécheurs soient nos ‘PASSEURS’ pour aller vers Noël, vers Jésus qui vient.

P. Bernard Bommelaer



 


"Veillez et priez !"

 

1er décembre 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 3 décembre 2017, 1er dimanche de l’Avent - par le p. Albert Gambart
Pourquoi Seigneur, nous laisses-tu errer hors de ton chemin, pourquoi rends-tu nos cœurs insensibles à ta crainte ? Reviens, pour l’amour de tes serviteurs et des tribus qui t’appartiennent… Personne n’invoque plus ton Nom ! »

Le cri d’Isaïe interpelle le Seigneur et le provoque à « Déchirer les cieux ». L’homme se coupe de Dieu et s’enfonce dans la nuit, et c’est là son plus grand malheur ! Pourtant, de la bouche du prophète, l’Espérance jaillit ! « Mais, maintenant, Seigneur, c’est toi notre Père ».

L’apôtre Paul, plein de cette Espérance brillante comme une lumière nouvelle s’écrie : « Que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur. Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses… » Dieu notre Père par le Christ Jésus ! Voilà l’origine des fruits spirituels qui fleurissent si abondamment en cette communauté de Corinthe. Ainsi, le témoignage rendu au Christ jailli de l’Eglise de Corinthe, car il est établi fermement au sein de la communauté. Celle-ci devient capable de rendre compte de l’Espérance qui l’anime. Le chrétien n’est pas un marchand de vent et d’illusion ! Il est un témoin de la vie qu’il a lui-même reçue. Son témoignage n’est pas une méthode que l’on apprendrait dans une école de commerce ! Son témoignage provient d’une conviction intérieure, d’une expérience spirituelle de la rencontre avec le Christ-Jésus qui est le chemin la vérité et la vie !

L’Evangile nous invite à demeurer éveillés. Mais comment rester éveillés si nous n’avons nulle attente en notre cœur ? Je reste éveillé quand j’attends la personne que j’aime. Une véritable attente n’a de sens que dans cette tension. En ce premier dimanche de l’Avent, les lectures veulent raviver en nous ce sens de l’attente. Le Christ Jésus est venu nous montrer le chemin vers le Père. Il est auprès du Père, et il reviendra nous chercher ! Alors, reprenons à notre compte la prière d’Isaïe : « C’est toi, Seigneur notre Père ; Notre rédempteur depuis toujours, tel est ton Nom ! » Par Jésus Christ, ton Fils bien aimé venu pour nous sauver, ne nous laisse jamais errer hors de tes chemins !

Père Albert Gambart



 


Nouvelle traduction du Notre Père : "Ne nous laisse pas entrer en tentation"

 

24 novembre 2017 2017 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 26 novembre 2017 - Solennité du Christ, Roi de l’Univers - par le p. Benoît Strebler
La prière du Notre Père, enseignée par Jésus lui-même à ses disciples, est commune à tous les chrétiens. Elle est composée à partir des évangiles de saint Matthieu (6,9) et de saint Luc (11,2).

Après l’adresse "Notre Père qui est aux cieux", Jésus invite à Lui adresser sept demandes. La nouvelle traduction concerne uniquement la sixième demande qui était traduite depuis 1966 par " Ne nous soumets pas à la tentation" et qui devient "ne nous laisse pas entrer en tentation".

Alors pourquoi cette modification ?

La formulation de 1966 est le produit d’un compromis œcuménique signé dans la foulée du Concile Vatican II qui a rapidement laissé apparaître un problème de compréhension à propos de la sixième demande. En effet, la formulation " ne nous soumets pas à la tentation" peut laisser supposer une certaine responsabilité de la part de Dieu dans la tentation qui mène au péché. Saint Jacques, dans son épître, affirme que "Dieu ne peut être tenté de faire le mal,... et lui-même ne tente personne" (Jc 1,13). 

Pour sortir de cette ambiguïté, les évêques de France ont décidé, lors de leur Assemblée plénière de mars dernier, d’une entrée en vigueur de la nouvelle traduction du Notre Père le 3 décembre, lors du premier dimanche de l’Avent qui marque le début de l’année liturgique. La date unique d’application de cette nouvelle traduction dans toute forme de liturgie publique signe l’ecclésialité de la démarche. Puisse-t-elle nous aider à toujours plus faire nôtre la prière du Seigneur.

p. Benoît Strebler



 


Pourquoi une journée mondiale des pauvres, est-ce une journée mondiale de plus ?

 

16 novembre 2017 2017 par Charles Gazeau

Editorial du dimanche 19 novembre 2017, par Charles Gazeau, diacre.
Cette journée est l’un des fruits du jubilé de la Miséricorde qui nous a été donné à vivre en 2015. « Au terme du Jubilé de la Miséricorde, j’ai voulu offrir à l’Église la Journée Mondiale des Pauvres, afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin. » nous dit le Pape François.

Il me paraît inutile de vous dire que l’exercice de la Charité du Christ ne doit pas s’exprimer qu’au cours de cette journée pour l’oublier les 364 jours restants de l’année. Dans son message le pape précise « Cette Journée entend stimuler, en premier lieu, les croyants afin qu’ils réagissent à la culture du rebut et du gaspillage, en faisant leur la culture de la rencontre. En même temps, l’invitation est adressée à tous, indépendamment de l’appartenance religieuse, afin qu’ils s’ouvrent au partage avec les pauvres, sous toutes les formes de solidarité, en signe concret de fraternité. »

Pour accueillir cette belle rencontre avec le Christ par le Pauvre, il nous faut parfois faire une mue, se convertir intérieurement. En ce sens, sur notre paroisse, une proposition est faite à chacun de vous par la méditation, l’échange et un partage communautaire sur le livre « La sagesse d’un pauvre »

Le message de cette journée mondiale des pauvres est fondé sur la lettre de Saint Jean « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » (1 Jn 3, 18). Ces paroles de l’apôtre Jean expriment un impératif dont aucun chrétien ne peut faire abstraction.

Ce message nous invite, tout autant que la conversion du cœur, au service du frère « Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. »

Dans la joie fraternelle du service du frère.

Charles Gazeau, diacre



 


Les dix jeunes filles

 

10 novembre 2017 2017 par p. Guy Fernand Kalouhohiko

Editorial du dimanche 12 novembre 2017, par le p. Guy Fernand Kalouhohiko.
L’évangile de ce trente deuxième dimanche du temps ordinaire porte sur la parabole des dix jeunes filles. La présente parabole voudrait nous mettre en garde pour que notre séjour terrestre ne soit pas un temps perdu.

Ce temps de notre vie est un kairos, un moment favorable que le Seigneur donne à chacun. Pour ne pas manquer le grand rendez vous, il nous prévient. Car, c’est maintenant qu’il faut nous préparer. Au jour de la manifestation du Christ, il sera trop tard. 

Mais que faire pour nous préparer ? L’évangile parle de dix jeunes filles. Les unes sont prévoyantes, les autres ne le sont pas. Les prévoyantes ne connaissant pas le moment où viendra l’époux, ont pris de l’huile dans des fioles et en même temps dans leurs lampes. Ces jeunes filles prudentes semblent donner maintenant un autre signe de sagesse. En partageant l’huile, elles courraient le risque qu’aucune d’entre elles n’ait assez d’huile pour le trajet qu’il resterait à parcourir. Les jeunes filles prudentes auraient ainsi risqué de ne pouvoir elles-mêmes entrer dans la salle des noces.

A la lumière de cet évangile, nous aussi, nous sommes appelés à l’instant même à être prudents comme ces cinq filles. Efforçons-nous de nous approcher du Seigneur. Essayons tant que faire se peut de respecter les commandements que le Seigneur nous a donnés. Ecoutons et mettons en pratique sa parole afin que, lorsque s’ouvrira le banquet eschatologique qu’évoquent les noces, nous puissions y prendre part. C’est de cette manière qu’il faut nous préparer, puisque nous ne connaissons ni le jour ni l’heure où viendra l’époux. Nous sommes donc invités à veiller pour être prêts le jour de la venue du Seigneur.

p. Guy Fernand Kalouhohiko



 


Jésus, le vrai Maître de notre vie

 

3 novembre 2017 2017 par p. Anderson Marçal Pires, Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 5 novembre 2017, par le p. Anderson Marçal Pires.
En ce 31e dimanche du temps ordinaire, la liturgie nous montre que Jésus est le vrai maître de notre vie ; elle nous rappelle le double commandement de Dieu « tu aimeras le Seigneur Ton Dieu de tout ton cœur et tu aimeras ton prochain comme toi-même ;

ce qui me rappelle un célèbre dicton populaire du Brésil : « Fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais ».

Jésus condamne l’hypocrisie des pharisiens et des scribes, la contradiction entre ce qu’ils disent et ce qu’ils laissent paraître de leur vie spirituelle. Jésus dénonce donc le comportement de ceux qui donnent des leçons de bonne conduite aux autres sans mettre en pratique ce qu’ils enseignent, et qui cherchent d’abord les honneurs, les titres et les avantages pour se mettre au-dessus des autres.

En Jésus, parole et actes ne font qu’un, Jésus est notre Maître ; chers frères le message que cette liturgie nous propose est l’espérance d’une nouvelle société dont l’église est appelée à en être toujours le signe. Non seulement l’amour divin veut l’amour du prochain, mais il le produit et se répand lui-même dans le cœur de l’homme.

La joie de l’évangile et le double commandement de l’amour, qui se traduit par l’abaissement de soi-même et le service, renforcera la fraternité. Nous sommes tous appelés à être des médiateurs cohérents de l’unité et du partage ; nous sommes tous aussi appelés à aider les personnes les plus fragiles et les plus pauvres, ainsi que Jésus l’a fait. « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi ». Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé ». 
 
P. Anderson Marçal Pires 



 


Aimer ! ... toujour aimer !

 

27 octobre 2017 2017 par Père Aloys Shanyungu

Editorial du dimanche 29 octobre 2017, par le p. Aloys Shanyungu
« Aimer Dieu de tout son cœur » et « aimer son prochain comme soi-même » : deux amours, deux commandements, qui ne constituent finalement qu’un seul, le seul et le plus grand de tous les commandements, le sommet de l’amour. Les deux commandements sont indissociables.

Beaucoup de gens sont souvent tentés d’opposer « amour de Dieu » et « amour des hommes ». S’il est une chose que la révélation chrétienne se refuse toujours de cautionner, c’est bien le « choix » entre le service du Seigneur et le service des autres. L’un n’exclut pas l’autre, car l’authentique relation à Dieu comme Père, en nous libérant de toute aliénation, nous rend pleinement capables de nous ouvrir à ceux et celles que nous découvrons comme « frères », « sœurs » dans le Christ Jésus.

Tous les commandements bibliques n’ont certes pas la même importance. Cependant, qu’il s’agisse de l’Ancien ou du Nouveau Testament, l’essentiel demeure le même : « aimer Dieu », aimer comme Dieu aime, et « aimer son prochain » comme on s’aime. Le pari est de taille ! La Loi mosaïque (1ère lecture) a pour but d’exprimer les exigences intérieures d’un homme libéré de la servitude. C’est ainsi que le « code social » qui prolonge cette Loi est-il le complément indispensable du « code religieux », car il exprime au niveau humain le comportement de Dieu lui-même.

Saint Paul, par son attitude envers ses correspondants, les chrétiens de Thessalonique (2e lecture), a tenté de refléter l’amour de Dieu qui l’habite dans l’annonce de l’Evangile. Puissent alors les Thessaloniciens l’imiter à leur tour, en devenant un modèle de foi et d’amour pour tous ceux qui les entourent ! Notre comportement envers les autres est ce qui manifeste la réalité-vérité de notre relation (filiale) à Dieu. Tout comme notre attitude envers le « totalement Autre » est ce qui garantit l’authenticité de notre amour pour l’« autre-mon-prochain ». C’est alors que nous pouvons oser chanter, en toute sincérité, avec le psalmiste : « Je t’aime, Seigneur, ma force, mon roc, ma forteresse, le Dieu qui me libère, le rocher qui m’abrite, mon arme de victoire ! » Joyeuse fête de « tous les Saints » et pieuse commémoration de « tous les fidèles défunts » !

Abbé Aloys Shanyungu



 


« A César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » Qu’est-ce à dire ?

 

20 octobre 2017 2017 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 22 octobre 2017, par le p. Bernard Bommelaer.
Nous pouvons entendre autour de nous :
‘Aux entrepreneurs et aux politiques, les décisions ; aux curés, la sacristie.’
‘Les impôts d’un côté ; les quêtes et le denier de l’Eglise de l’autre.’
‘L’éducation à l’école ; les prières au caté.’
‘A l’Etat les hôpitaux ; à l’Eglise, les obsèques.’
… et tant d’autres expressions…

Nous sommes dans un pays où, à travers les siècles, l’Eglise a tenu une très grande place. Il y a même eu des époques où elle dirigeait directement et indirectement ‘presque tout’ pourrait-on dire. Ce temps n’est plus, mais il n’a pas été que bénéfique. Dans ces derniers siècles des mouvements anticléricaux ont vu le jour. Des oppositions et des ruptures sont apparues et certaines demeurent. C’est dans ce contexte que nous vivons et réfléchissons.

Il y a vingt siècles, des pharisiens (hyper religieux) et des partisans d’Hérode (pas forcément très religieux) posent la célèbre question à Jésus : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? »

L’Evangile de Saint Matthieu nous a transmis cette parole ; lorsqu’il a été rédigé, les persécutions ordonnées par l’Empereur avaient déjà eu lieu et continuaient. Pourtant les écrits des apôtres, Pierre et Paul tout spécialement, demandaient de prier pour les chefs d’état et de vivre en assumant ses responsabilités de citoyen. Payer ses impôts en fait partie. Aux siècles suivants, la ‘Lettre à Diognète’ et les écrits des Pères de l’Eglise diront la même chose, tandis que les persécutions continuaient. La doctrine sociale de l’Eglise de ces deux derniers siècles continuera dans le même sens.

En effet, nous sommes chrétiens : notre foi est incarnée : Jésus, le Christ, s’est fait homme pour conduire les hommes concrets, réels, à son Père. Hommes, nos vies ont des implications et des engagements dans le quotidien et nous nous devons de travailler pour la croissance et la dignité de l’homme et le bien commun de l’Humanité. La Parole de l’Evangile ne peut donc pas rester coincée dans les sacristies. L’enseignement, la Parole, la prière de l’Eglise ne concernent pas le sexe des anges mais la vie présente des hommes et leur avenir : n’est-ce pas le lieu où se manifeste ‘la Gloire de Dieu’.

P. Bernard Bommelaer



 


A propos des équipes Tandem

 

13 octobre 2017 2017 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 15 octobre 2017 - par Mélanie Coupvent des Graviers, membre des Equipes ’jeunes couples’

La paroisse Saint-Médard offre aux jeunes couples un temps de réflexion mensuel, en équipe, encadré par le P. Benoît Strebler. Baptisé « Tandem », ce programme est une sorte de piste cyclable à emprunter bien sûr à deux, mais surtout en peloton.

Comme au temps des fiançailles, pour préparer la rencontre, on réfléchit seul, puis on échange en couple sur un thème de la vie conjugale (les tâches ménagères, le temps libre et le travail, la belle-famille, le pardon…). Le livret d’accompagnement propose des questions, des textes profanes et des extraits de la Bible qui nourrissent la réflexion puis le dialogue. Comme au temps des fiançailles, que d’occasions de découvrir des facettes de l’autre qu’on n’avait pas encore vues - et de s’en émerveiller ! Mais aussi que de sujets de divergences qui nous rappellent que l’autre est Autre, y compris quand on partage la même salle de bains… Aussi (ré)apprend-on à pédaler en rythme et à choisir la piste ensemble, en intégrant la liberté de chacun.

La soirée d’équipe repose sur le partage d’un aspect spécial retenu au cours de la préparation, car dans le temps imparti on ne peut pas tout dire - mais comme toujours ce choix nécessaire est fécond. Progressivement la confiance s’installe et nous déposons sous les yeux de l’équipe et de notre accompagnateur les découvertes, les habitudes déjà installées, et nos limites humaines rachetées par le Christ et portées dans le sacrement de notre mariage. Quel soulagement parfois de constater qu’on grimpe tous les mêmes faux-plats, que parfois un pneu crève et que chacun aimerait bien accuser l’autre d’avoir oublié la pompe à air… C’est en général à ce moment précis que P. Benoît suggère de penser surtout au Souffle… de l’Esprit. D’ailleurs, on ne se sépare pas sans avoir pris un court temps de prière, dit ou chanté, et qui résonnera longtemps après la rencontre.

Les menus de ces dîners partagés chez les uns et les autres à tour de rôle sont très simples : pas question de rivaliser d’adresse culinaire ! Mais nous y vivons cette forme de communion et d’amitié que saint Paul a traduite en latin par « caritas » et qui se dit en grec par « agapè »…

Mélanie Coupvent des Graviers
Equipes ‘jeunes couples’



 


La vigne du Seigneur !

 

5 octobre 2017 2017 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 8 octobre, par le p. Albert Gambart.
Depuis 2 dimanches déjà, l’Evangile selon saint Matthieu nous invite à méditer sur la vigne, d’abord avec la parabole des ouvriers de la 11ème heure, puis avec la parabole du père et des ses deux fils : l’un dit « oui », et ne va pas à la vigne, l’autre dit « non », et, se repentant, va travailler à la vigne.

Cette semaine, c’est une parabole plus sévère encore que l’Evangile nous présente : celle des vignerons homicides. Terrible histoire des serviteurs qui pensent devenir les maîtres en la vigne qui leur est confié en tuant l’héritier légitime.

La vigne est le lieu où nous sommes tous appelés, jusqu’aux ouvriers de la 11ème heure. Elle est aussi le lieu où, bien qu’appelés, nous pouvons refuser d’aller, comme le fils qui dit « non ». La vigne est aussi le lieu du combat, de la convoitise et de la jalousie, lorsque nous l’accaparons, refusant de la partager, refusant d’en restituer le fruit à celui qui nous la confie, refusant d’entrer dans l’action de grâce. Les ouvriers vont jusqu’à tuer le fils, pensant ainsi avoir l’héritage. Dans le récit de la Genèse, le serpent tente ainsi Adam et Eve : « Dieu sait que si vous mangez du fruit de l’arbre vous serez comme des dieux ! » L’homme qui veut se faire dieu devient alors l’ennemi du Dieu de Miséricorde. Il sort de l’action de grâce ! En tuant le Fils, il coupe les ponts avec le Père.

Cette parabole de la vigne, Jésus la raconte aux grands prêtres et aux anciens du peuple. Il les appelle à le reconnaître, lui, le Fils, qui vient de la part du Père. Il annonce aussi qu’il va être la « pierre rejetée par les bâtisseurs ». Il prophétise que « le royaume de Dieu leur sera enlevé, pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits ». Jésus prononce là une parole très dure contre les grands prêtres et les anciens. Il révèle leur aveuglement, leur refus de voir en cet homme nommé Jésus le Fils du Très Haut. Jésus annonce sa propre mort sur la croix. Mais aujourd’hui encore, il nous invite à ne pas accaparer le royaume qui nous est confié, mais à travailler pour lui faire porter du fruit pour la gloire de Dieu et le salut des hommes.

Père Albert Gambart



 


La parabole des deux fils

 

29 septembre 2017 2017 par p. Guy Fernand Kalouhohiko

Editorial du dimanche 1er octobre 2017 par le p. Guy Fernand Kalouhohiko.
La page évangélique de ce dimanche met en exergue la parabole des deux fils. Une parabole qui nous invite non pas seulement à la réflexion, mais au jugement. Aussi une parabole qui reprend l’opposition qu’il y a entre « dire » et « faire » la volonté de celui qui nous a créés à son image et à sa ressemblance.

En méditant sur cette parole, deux images nous viennent à l’esprit : l’image de ceux qui ont reconnu une parole de Dieu dans celle de Jean-Baptiste et celle de Jésus, ceux-là ont fait sans doute la volonté de Dieu, alors que ceux qui sont restés attachés à leur façon de comprendre la Loi n’ont pas bougé. Désormais, nous pouvons bien nous rendre compte que c’est la foi en Jésus-Christ qui rend agréable à Dieu et qui conduit vers Dieu sur le chemin de Justice.

Aujourd’hui encore, nous constatons qu’avec la modernisation accélérée, tous nous n’accueillons pas l’évangile de la même façon. Il y en a pour qui la Parole de l’évangile ne dit quasiment rien. Pas utile pour eux. Ce qui est nécessaire pour eux c’est la richesse, le confort matériel, bref les plaisirs de ce monde. Mais, il y en a d’autres qui ont soif de la parole, qui souhaitent même vivre à la lumière de l’évangile.

A travers cet évangile, le Christ voudrait attirer notre attention lorsqu’il nous donne en exemple la venue de Jean-Baptiste, qui a effectivement permis aux cœurs de se révéler. Les gens simples, ou les pécheurs qui avaient mal commencé leur course en refusant d’obéir à Dieu, ont vu le Baptiste et se sont convertis, ont cru à la parole du Baptiste puis à celle de Jésus. Quant à de nombreux Juifs -dont les chefs du peuple- qui se croyaient justes, ils n’ont pas vu leur péché ; aucun repentir ne leur paraissait nécessaire. Cela est dû peut-être au fait qu’ils ont voulu s’enfermer dans leur orgueil, et qu’ils auraient eu confiance en eux-mêmes. Et nous, à qui cette parole s’adresse, de quel côté allons-nous pencher ? De ce fils, le premier qui a dit à Jésus « je ne veux pas », mais après la repentance y est allé ? Ou du côté de celui qui répond positivement à la demande de Jésus, mais qui, en fin de compte, n’y alla pas ?

P. Guy Fernand Kalouhohiko



 


"Mes pensées ne sont pas vos pensées !"

 

22 septembre 2017 2017 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 24 septembre 2017, par le p. Albert Gambart.
« Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes chemins ne sont pas vos chemins » ! Cette phrase du prophète Isaïe illustre parfaitement l’étrange parabole des ouvriers de la 11ème heure. Les derniers sont payés le même prix que les premiers, et les premiers se voient reprocher leur question, qui pourtant est une question de justice élémentaire. Le travail a une valeur, un prix. Et ce patron de la vigne semble n’en avoir rien à faire, de la « valeur travail ».

« Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes chemins ne sont pas vos chemins » ! Cette phrase du prophète Isaïe illustre parfaitement l’étrange parabole des ouvriers de la 11ème heure. Les derniers sont payés le même prix que les premiers, et les premiers se voient reprocher leur question, qui pourtant est une question de justice élémentaire. Le travail a une valeur, un prix. Et ce patron de la vigne semble n’en avoir rien à faire, de la « valeur travail ».

Elevons-nous un peu, pour mieux saisir le sens caché de cette parabole. « Le royaume de Dieu est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin ». Ainsi, l’analogie porte entre le Royaume et le maître, et non entre le Royaume et le domaine, ce qui serait plus logique. Ainsi la comparaison ne porte pas sur un lieu (le domaine) ou un objet (la vigne), mais sur l’action d’un homme qui sort pour chercher des ouvriers.

Deuxième étrangeté, lorsqu’un patron embauche des saisonniers, ils sont tous là au début de la journée de travail, et le maître ne sort pas à toutes heures pour former son équipe ! Là, le maître sort dès le matin, puis à neuf heures, puis à midi, puis à trois heures, puis à cinq heures. Jésus veut nous montrer que ce qui est important aux yeux de ce maître, ce n’est pas la vigne en elle même, mais les ouvriers qui sont tous appelés à y travailler.

Troisième étrangeté, les derniers sont payés comme les premiers ! Voilà bien une attitude propre à soulever des manifestations contre l’injustice de ce maître ! Mais, ce qui est important pour le maître c’est que chacun ait de quoi vivre. C’est cela qui motive ses sorties successives : que personne ne reste la journée sans rien faire. Il veut faire entrer dans son domaine tous ces hommes qui attendent.

Si le maître n’était pas sorti, aucun des ouvriers n’aurait eu de salaire, et ils seraient tous restés à attendre, égaux dans leur indigence. Grâce à lui, chacun reçoit de quoi vivre. Le travail du maître, c’est de rechercher ceux qui restent en dehors, et quand il les a trouvés, il les ramène car il veut que tous soient sauvés. Il ne s’agit pas d’une parabole sur le mérite de l’homme mais d’une parabole sur la bonté du Seigneur qui veut que tous les hommes soient sauvés. Dans l’évangile, la concrétisation la plus forte de cette bonté qui nous justifie, qui nous sauve, c’est le bon larron : « Ce soir, tu seras avec moi dans le paradis ». Voilà l’ultime sortie du maître, celle où il donne toute sa vie quand son heure est arrivée ! Et cette dernière heure est aussi celle du bon larron, justifié par l’amour de Jésus qui vient le sauver en la punition même que ce bandit mérite.

Oui, vraiment, Seigneur, tes pensées ne sont pas nos pensées ! Tes chemins ne sont pas nos chemins !

Père Albert Gambart



 


Combien de fois faut-il pardonner ?

 

15 septembre 2017 2017 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 17 septembre par le p. Benoît Strebler.
Comme disciples du Christ, nous sommes invités à vivre dans l’amour et la communion. Mais comment vivre les tensions et les dissensions entre les membres de la communauté qui ne manquent pas de survenir ?

D’où la question de l’apôtre Pierre : « Lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? » Jusqu’où devons-nous aller dans l’acceptation des erreurs, des maladresses et des fautes des autres ?

Nous connaissons la réponse de Jésus : Tu pardonneras à ton frère « je ne te dis pas jusqu’à 7 fois mais jusqu’à 77 fois 7 fois ». Pour le Christ, il n’y a pas de limite au pardon. Or, nous savons bien que dans notre vie familiale, sociale ou professionnelle, lorsque un tort est commis, la réaction spontanée n’est pas celle du pardon. Alors comment entrer dans cette logique de pardon illimitée ? Le Christ nous y aide par la parabole du débiteur impitoyable. La parabole ne met pas néanmoins en avant nos capacités de pardonner, dont on voit bien, d’après le comportement de ce serviteur, qu’elles sont assez réduites. Non, Jésus nous fait découvrir la logique du pardon par la porte de la miséricorde de Dieu qui est capable de pardonner un tort considérable (soixante millions de pièces d’argent) sans tenir compte de ses intérêts ni de nos capacités réelles. Dieu est miséricorde et pardon. C’est par notre vie sacramentelle, en particulier grâce au sacrement de réconciliation, que nous pouvons entrer dans cette logique si nouvelle pour nous. C’est en accueillant la miséricorde de Dieu que nous pourrons nous-aussi la dispenser sans limite. Dieu ne nous demande plus d’être des comptables mais de dépenser sans compter les trésors qu’il met à notre disposition.

P. Benoît Strebler



 


La dette de l’amour mutuel

 

8 septembre 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 10 septembre 2017, par le p. Albert Gambart.
Avec toute l’équipe des prêtres de Saint Médard, à la fin du mois d’août, nous étions en session pour préparer cette année. Chacun de nous avait emporté en vacances un livre différent afin que, de retour, nous puissions nourrir notre méditation. Un même esprit traverse tous ces ouvrages, l’Esprit du Christ , le langage du cœur !

Permettez-moi de citer Maurice Zundel, prêtre, théologien et grand spirituel :
« Une femme pauvre que j’ai eu l’honneur de connaître m’a dit ce mot, qui est un des plus beaux que j’ai entendus : la grande douleur des pauvres, c’est que personne n’a besoin de leur amitié. Personne ne vient chez nous avec le sentiment qu’il pourra recevoir quelque chose de nous ! Personne ne croit que nous, les pauvres, nous pouvons donner quelque chose. Personne n’a besoin de notre amitié ! »

Comme la parole de Paul résonne fort ! « N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel ! Le plein accomplissement de la loi, c’est l’amour. » Ainsi, si j’aime l’autre, si son amitié est importante pour moi, le partage est facile. Si je ne l’aime pas, j’ai l’impression qu’il me dépossède, l’impression de faire un acte héroïque en partageant et de subir sa présence !

Fondamentalement, les interventions du pape François s’inspirent de cet Esprit du Christ. Il dérange, car il appelle à une conversion !

Il est bon pour nous de réfléchir à notre vie de Chrétien. Être chrétien, est-ce une fatalité ? Être Chrétien, est-ce la découverte d’un chemin qui réoriente notre vie dès ici-bas ?

Symboliquement, le point de départ de ce chemin sera un embarquement, le Dimanche 8 octobre, comme si nous entendions Jésus nous dire : « Avance au large ! » Les autres étapes sont indiquées dans mon homélie qui est mise à votre disposition sur vos chaises ou dans les présentoirs.

Etre Chrétien, c’est être porteur d’une Espérance inouïe, que certains regarderont comme une utopie. C’est cette Espérance, cet enthousiasme qui animaient sœur Rosalie, l’abbé Pierre, mère Thérésa, pour ne citer que des noms connus ! Leur action était bien concrète, ancrée dans la réalité de la vie, bien plus efficace que nombre de grands discours. Ils ont déplacé des montagnes d’égoïsme. Ils n’étaient pas dans l’utopie ! Ils suivaient le Christ, ne devant aux autres rien d’autre que l’Amour qui vient de Lui !

Père Albert Gambart



 


Tentateur par excès d’amour

 

1er septembre 2017 2017 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 2 septembre par le p. Bernard Bommelaer.
« Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. » C’est Pierre qui dit ces paroles à Jésus. Depuis un an et plus, il a tout laissé pour suivre Jésus ; il l’a fait avec enthousiasme et ne le regrette pas, lui qui vient de dire avec force à Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Mais le Christ vient d’annoncer sa passion et sa mort suivie de sa résurrection. Pour Pierre, ce n’est pas possible, et il le crie. Je pense que la plupart d’entre nous, nous aurions dit la même chose.

Jésus réagit immédiatement et traite Pierre de ‘Satan’, c’est-à-dire de tentateur, de diviseur. La parole est dure.

Pourtant comme Jérémie, Pierre pourrait dire : »Tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. » Dans la réponse que nous donnons au Seigneur, le cœur et l’émotion ont toute leur place, mais pas toute la place. Il y a aussi l’écoute profonde de SA volonté et de SA parole. Elles ne sont pas seulement de l’ordre de l’affection. Amour et amitié bien compris font une place réelle à ce qui vient d’autrui et qui, parfois, nous déstabilise. Oui, si j’ai été séduit par le Seigneur et que j’ai décidé de le suivre, ce n’est pas pour faire ma volonté ou simplement ce que j’ai imaginé. Je me poserai la question : « Que désire-t-il, où va son chemin, quel est son projet… ? » Et je m’efforcerai alors de participer à son projet, même si je suis pris à contre pied ou si j’ai à découvrir ce qui m’était inconnu. D’ailleurs n’en va-t-il pas de même dans la préparation d’un mariage, dans l’amitié et aussi dans les tâches professionnelles !

Au moment où nous reprenons les activités, les études, les responsabilités professionnelles et autres, il est bon de repenser à tout cela. Mais aussi dans la ou les réponses que nous donnons au Seigneur, repensons au dialogue vigoureux entre Jésus et Pierre. Cela nous éclairera.

Bonne rentrée, bonne reprise à chacun.

P. Bernard Bommelaer



 


"Aimer, c’est tout donner !"

 

30 juin 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 2 juillet 2017, par le p. Albert Gambart.
Déjà, l’année scolaire se termine ! Les vacances arrivent. Tous, nous espérons que le rythme de notre quotidien se ralentisse. Puisse ce temps propice au repos être aussi propice à la prière. Prendre un peu de temps pour Dieu !

Jésus, dans l’évangile de ce dimanche nous y invite en des termes qui peuvent paraître bien austères, surtout en ces jours de départ en vacances ! « Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. » Cette parole résonne bizarrement dans l’ambiance de notre monde qui a soif de bien-être !

Aussitôt, la question surgit en notre esprit : « mais, qu’est-ce que le Seigneur attend de nous ? Nous demande-t-il de ne pas aimer notre vie ? » Ces paroles de Jésus sont déconcertantes, car elles paraissent nous détourner de tout amour humain. « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ». On a un peu l’impression que la vie est une croix à assumer, et qu’aimer est une illusion qui nous détourne de la croix ! Cela ne favorise pas l’enthousiasme !

Jean proclame ceci dans sa lettre : -« Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres jusqu’à maintenant. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a en lui aucune occasion de chute. »- Ainsi, il nous faut garder à l’esprit le commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » Il s’agit donc pour chacun de nous d’apprendre à aimer comme Jésus nous a aimés, c’est-à-dire de savoir donner notre vie pour nos frères et sœurs. C’est pour cela que Jésus nous invite à l’accueillir. Il nous apprend à nous départir de notre égoïsme, de nos convoitises, ces addictions qui nous ferment sur nous-mêmes et nous rendent esclaves. C’est cela que saint Paul suggère lorsqu’il dit : « De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ. » C’est tellement vrai ! C’est quand on aime qu’on devient vraiment généreux, et c’est en se donnant soi-même que l’on se découvre vraiment dans le regard de l’autre !

C’est à cette liberté que Jésus nous invite. Il nous demande de l’accueillir, afin que nous puissions renaître à la vie qu’il veut nous donner, car « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meure plus ! » Alors, que ces vacances soient pour vous l’occasion de vous tourner vers Jésus, et comme la Samaritaine, de le rencontrer au bord du puits. Et qu’il vous donne de cette eau qui désaltère et qui fait de nous tous des sources jaillissantes en vie éternelle.

Père Albert Gambart



 


Vous, vous y croyez au péché originel ?

 

24 juin 2017 2017 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 25 juin 2017, par le p. Bernard Bommelaer
On dit que c’est une vieille invention de certains Pères de l’Eglise, Saint Augustin et d’autres, à la suite de ce que Saint Paul a écrit dans la lettre aux Romains – le texte que nous entendons aujourd’hui.

Quant à moi, plus cela va, moins je sais ce qu’est le ‘péché originel’ et plus j’y crois ! Pourquoi donc ? Dans chaque famille lorsque naît un enfant nous sommes émus devant tant de tendresse et d’innocence. Et déjà nous pensons à un proche avenir : dans deux ans, il dira ‘allo Mamie’ au téléphone, à trois ans il branchera la télévision, à quatre il pianotera sur un ordinateur pour trouver son jeu ou sa B.D. préférés. Pourtant Bébé n’a rien inventé de tout cela. Il a tout reçu dans son berceau en cadeau de bienvenue.

Mais ce n’est pas son seul héritage : la pollution, l’appauvrissement de la planète, la violence de ces derniers siècles et du nôtre, l’accumulation de conflits et parfois de haine… il recevra tout cela aussi en héritage, alors qu’il est parfaitement innocent. Cet héritage demeurera en partie greffé en lui avec un je ne sais quoi de refus du Dieu d’amour et d’alliance.

Il y a un mal qui nous dépasse et traverse les siècles en nous collant à la peau et, ce, depuis le début du genre humain : « depuis Adam… par la faute d’un seul… la mort a établi son règne… ». Mais alors, qui donc nous délivrera de la mort et du péché ? Entendons la suite : « combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. »

Lui, Jésus le Fils bien aimé fait homme a toujours dit ‘oui’ à son Père et accompli ce qu’il disait. En Lui : ni haine, ni violence, ni refus ou péché. En revanche, à chaque page de l’Evangile, à chaque pas de Jésus, nous découvrons une solidarité d’amour envers son Père et envers nous, les hommes.

Le temps de l’été peut être propice pour prendre un peu de recul. En accueillant ou simplement en croisant des touristes étrangers à Paris, en voyageant en France, en découvrant le monde ou tel pays, il sera bon de toucher de très près notre solidarité en toutes choses. Il y a 50 ans nous ne pouvions pas le percevoir à ce point. Solidarité qui peut être tragique ; mais aussi solidarité de vie et d’avenir où le Christ a la première place tout en nous délivrant du mal passé et présent et de ce qu’il a de tragique dans ce mal endémique.

Notre foi est que la grâce de Dieu s’est répandue en abondance sur la multitude.
P. Bernard Bommelaer



 


Le peuple de la Paix

 

16 juin 2017 2017 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 18 juin, solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ - par le p. Albert Gambart
Ce samedi et ce dimanche, 61 enfants du catéchisme vont faire leur première communion. C’est un grand moment pour eux, mais aussi pour toute notre communauté paroissiale. En effet, c’est le moment de nous tourner vers le Seigneur, et à la lumière de l’Esprit Saint, nous poser la question : que veut dire communier ? Que veut dire être chrétien ?

Les lectures de ce dimanche sont très belles, mais bien difficiles à saisir ! Nous sommes un peu comme les contemporains de Jésus, qui n’y comprennent pas grand chose. Notre passage de l’évangile se situe après la multiplication des pains. Lorsque Jésus eût nourri toute la foule, celle-ci voulait en faire son roi ! Ce serait formidable un tel homme comme roi ! Il chasserait les Romains et il nous donnerait toujours à manger. Jésus sait ce que pensent ces hommes : « Vous me cherchez parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés ». Et Jésus les invite à élever leur regard : « Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle. » « Que nous faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » demandent les gens. Et Jésus répond : « l’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez en celui qu’il a envoyé ».

Quelle parole étonnante ! Jésus appelle « œuvre de Dieu » la foi que nous avons en lui. Il n’est pas un simple prophète, ou bien un homme extraordinaire. Il est celui qui vient de la part de Dieu. Il rétablit le lien entre nous et Dieu. Ses propres paroles viennent directement de Dieu vers nous. Il est le Fils de Dieu. Mais les hommes vont refuser de croire. Ils vont crucifier Jésus pour s’assurer qu’il n’est pas Fils de Dieu. Jésus connaît leur pensée et, lorsqu’il évoque sa chair et son sang, il pense à ce jour qu’il offre déjà, ce jour où son corps va être livré au bourreau et son sang versé pour ceux qui le persécutent : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! ».

Le don total que le Christ fait de lui même sur la croix donne sens aux paroles prophétiques de ce chapitre de l’évangile selon saint Jean : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous ! » Ces paroles ne peuvent être reçues que dans la foi au Christ Jésus. Il nous aime au point de donner sa vie pour que nous y communiions. Nous sommes dans le même acte de foi que les disciples au soir de la sainte Cène : « Prenez et mangez… Prenez et buvez ! » Et nous comprenons que ce pain et ce vin sont signes du corps livré et du sang versé ! Ils sont signe et réalité du Salut que le Fils de l’Homme est venu offrir à tous les hommes.

Ce salut brille de toute sa lumière au jour de la Résurrection du Christ. Mais ce n’est qu’à la Pentecôte, dans le don de l’Esprit Saint, que les disciples deviendront vraiment les témoins de cette Communion nouvelle. L’Esprit du Christ leur donnera l’assurance du vrai témoin, de celui qui communie à la vie du Christ Jésus : « il est vraiment ressuscité ce Jésus que vous avez crucifié ! » Jésus ressuscité nous fait communier à sa vie nouvelle. « Prenez et mangez, prenez et buvez ! » Son Esprit fait de nous les membres d’un même corps. La communion au Corps et au Sang du Christ, son pardon universel nous font entrer en communion entre nous ! Nous devenons un seul peuple ! Alors, aujourd’hui, quand nous célébrons la première communion de ces enfants, implorons le Seigneur Jésus pour que chacun de nous en notre cœur, et tous ensemble nous puissions vivre cette communion qui nous rassemble, devenir le peuple de la Paix et ainsi, témoigner de Jésus ressuscité !

Père Albert Gambart



 


Dieu caché et présent

 

9 juin 2017 2017 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 11 juin, Solennité de la Sainte Trinité.
« En réalité, le monde à l’intérieur duquel nous vivons est un monde rempli par la Trinité. C’est simplement parce que notre regard reste un regard profane, charnel, que nous sommes insensibles à cette présence.

La nature tout entière est comme un temple où Dieu demeure. Dieu demeure dans ce monde dans lequel nous sommes et dès que nos yeux se purifient, ce monde redevient vraiment un paradis rempli des énergies divines et à travers lequel la Trinité se manifeste et se rend présent. Ceci d’abord parce que "tout don excellent descend du Père des lumières". Toutes choses en réalité sont des dons qui viennent de Dieu. Il y a entre Dieu et nous comme une perpétuelle circulation de grâces et donc d’action de grâces. C’est le fond même de la pauvreté, qui fait que n’ayons rien qui ne soit à nous, mais que toutes choses soient un don merveilleux de Dieu. Et si nous savions voir, nous reconnaîtrions davantage ainsi, dans tout ce qui nous est donné, la marque de sa présence et de son amour. Toutes choses sont aussi une certaine irradiation de Dieu. C’est-à-dire que venant de lui et procédant de lui, elles sont comme un certain reflet créé de lui. Ainsi toute beauté créée est un reflet de la beauté trinitaire. Là encore, le regard purifié sait reconnaître dans les choses comme ce reflet de la splendeur divine. Toute bonté, toute tendresse de cœur, toute conversion intérieure sont comme une image, une émanation de l’infinie miséricorde et de l’infinie bonté divine, à travers quoi nous pouvons remonter à la source de toute bonté, de tout amour. Nous sommes ainsi comme immergés dans cet amour et dans cette bonté. Ici encore, le regard pur remonte aussitôt à la source et discerne, à travers les manifestations, l’amour infini des Personnes divines répandant toute bonté et tout amour. »

Jean Daniélou,
La trinité et le mystère de l’existence



 


"La paix soit avec vous"

 

2 juin 2017 2017 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 4 juin 2017, Solennité de la Pentecôte - par le p. Albert Gambart
Ce dimanche, nous fêtons la Pentecôte. La Pentecôte, c’est aussi une grande fête juive. Pour le peuple d’Israël, la Pentecôte (en hébreux, Chavouot) a lieu 50 jours après Pâques (Pessah), qui célèbre la sortie d’Égypte du peuple d’Israël.

A la Pentecôte, les premiers fruits étaient offerts à Dieu, mettant ainsi un terme aux festivités agricoles. Peu à peu, à cette célébration fut associé le souvenir de la transmission des Tables de la Loi à Moïse, c’est-à-dire la fondation de la religion juive. La fête des moissons est alors devenue la célébration de l’Alliance entre le Seigneur et son peuple.

C’est lors de la fête juive de la Pentecôte que les disciples étaient réunis au Cénacle, autour de Marie, attendant la réalisation de la promesse que le Seigneur Jésus leur avait faite juste avant son Ascension : « alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours… vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

Le jour de la Pentecôte, après 10 jours d’attente, la maison où sont les apôtres se trouve secouée par un violent coup de vent, ils sont remplis de l’Esprit Saint. Dans ce souffle de l’Esprit, il trouve leur propre souffle, la force d’annoncer la nouvelle qui va bouleverser le monde : « il est vraiment ressuscité, ce Jésus que vous avez crucifié ! »

L’apôtre Paul dit ceci dans la lettre aux corinthiens : 
« C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. »

Pour tous ceux qui croient en Jésus Fils de Dieu Sauveur, sa mort et sa Résurrection sont pour nous la source de l’Esprit. Baptisés dans le Christ, nous puisons à cette source, et la force de son amour devient active en nous. Nous sommes désaltérés ! A notre tour, nous devenons témoins de la Vie qui nous rejoint. Si au temps de Moïse le don de la loi a fait l’unité du peuple d’Israël, au temps du Christ, le don de l’Esprit fait de tous les croyants du monde son Corps. La Nouvelle Alliance en son sang fait de nous son peuple, et nous devenons les temples de Dieu ! Et Jésus, en soufflant sur nous son Esprit, nous donne sa paix, sa joie, et sa force pour porter le pardon jusqu’au bout du monde ! Le jour de la Pentecôte, en soufflant son Esprit sur les apôtres, Jésus rend actif, vivant et engagé leur témoignage sur Jésus Sauveur pour tous les peuples de la terre. La Nouvelle Alliance, scellée en son corps livré et en son sang versé, est toujours proposée. Dans le don de l’Esprit, engageons-nous résolument dans cette Nouvelle Alliance.

Père Albert Gambart



 


Que la gloire de Dieu éclate aux yeux des hommes !

 

24 mai 2017 2017 par Père Aloys Shanyungu

Editorial du dimanche 28 mai 2017, par le p. Aloys Shanyungu.
Ce dimanche, qui tombe entre la fête de l’Ascension et celle de la Pentecôte, constitue comme un « tremplin », une « charnière » entre la tristesse de la séparation et l’attente joyeuse de la part des apôtres.

Après l’Ascension, Jésus est conscient des épreuves que son petit groupe de disciples et d’amis va devoir affronter. Il a déjà parlé de souffrances et de persécutions, à cause de Lui et de son nom. Mais, il sait que la diffusion de sa Parole ne sera pas facile, que le témoignage sera parfois rude et douloureux. Il sait également qu’à l’intérieur même de l’Eglise surgiront des divisions, des courants, des partis. Combien d’infidélités au-dedans et au dehors de l’Eglise ! Mais, celle-ci n’est-elle pas constituée des pécheurs en route vers la sainteté ?

Le départ du Christ correspond au « sevrage » de ses disciples, habitués à la joie de sa présence. Aussi, leur promet-il le don de l’Esprit Saint, l’Esprit de vérité et d’unité, le Paraclet, qui doit fortifier le petit troupeau du Seigneur et le rendre capable de partir jusqu’aux extrémités de la terre. La communauté des Onze apôtres, auquel est associé quelques femmes proches de Jésus, notamment sa mère, nous indique un chemin sûr pour rester « greffés » au Christ : il s’agit de nous tenir réunis tous ensemble, assidus dans la prière (Actes 1,14), en implorant la venue de l’Esprit consolateur.

La communion au Christ fait également connaître la communion à ses souffrances. Dans sa première lettre, l’apôtre Pierre rappelle aux baptisés que la vie reste toujours une épreuve. Elle est aussi un chemin vers la gloire car, par leur manière de supporter la souffrance, les chrétiens font éclater la splendeur divine.

L’opposition à Jésus que saint Jean nomme, à répétition, « le monde », rejaillira, sans aucun doute, sur les disciples. Qu’ils n’en éprouvent ni peur, ni honte, en comptant sur la force fortifiante et agissante du Saint Esprit ! Ils ont, de plus, un intercesseur par excellence, le Fils du Père, qui prie constamment pour eux : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie. […] Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée […] Je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés. » (Jean 17, passim). Voilà le début de la « prière ultime » de Jésus pour ses disciples-amis, que nous écoutons ce dimanche, pour nous préparer avec ferveur à la venue de l’Esprit Saint. Le Seigneur ne nous laisse pas « orphelins ». Il est avec nous tous les jours, et il est toujours présent dans son Eglise, même si elle est sans cesse ballotée par la « tempête » du monde. Qu’il nous affermisse dans la foi !

Abbé Aloys SHANYUNGU



 


Jésus nous promet le paraclet

 

19 mai 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 21 mai 2017, 6ème dimanche de Pâques - par le p. Guy Fernand Kalouhohiko
Jésus est à la fin de sa mission sur terre. Son départ cause une grande désolation à ses disciples. Jésus ne veut pas les laisser « orphelins". La tristesse des disciples pousse Jésus à les assurer et à leur promettre qu’il priera le Père afin qu’il leur envoie un paraclet traduit dans le texte par « Défenseur », désignant en grec tout homme qui vient en aide à quelqu’un -son assistant, son défenseur, son avocat-.

Ce terme est employé dans l’évangile pour caractériser le rôle d’assistant que l’Esprit Saint exerce ici-bas auprès des croyants. Ce rôle d’assistant et de protecteur est celui que Jésus s’attribue vis-à-vis de ses disciples. Ce terme, il le fait remplacer par « l’Esprit de vérité ».

Le monde ne voit ni ne connaît l’Esprit qui n’est visible qu’aux yeux de la foi ; aussi est-il incapable de le recevoir. Mais le chrétien sait, dans la foi, que l’Esprit demeure auprès de lui comme son Défenseur et qu’il sera en lui, c’est-à-dire que son action sera essentiellement, intérieure, affermissant le croyant dans sa foi et l’aidant lorsqu’il lui faut témoigner de la vérité de l’Evangile face au monde incroyant.

Bien que Jésus ait promis l’Esprit Saint, il nous recommande aussi de garder ses commandements ou sa parole. Car garder ses commandements et sa parole, c’est avant tout demeurer fidèle dans la foi, en accomplissant toutes les exigences qu’une telle foi demande. Et c’est dans la pratique justement de la foi qu’apparaît l’amour du chrétien pour Jésus. Et c’est précisément lorsque le croyant vit sa foi que l’amour de Dieu manifesté en Jésus le rencontre.

Prions pour que l’Esprit du Seigneur ressuscité ne cesse de nous accompagner et éclairer durant notre périple terrestre. Amen !

P. Guy Fernand Kalouhohiko »



 


Le Christ : le Chemin, la Vérité et la Vie

 

12 mai 2017 2017 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 14 mai 2017, 5ème dimanche de Pâques - par p. Benoît Strebler.
Au début de ce chapitre 14 de l’évangile de saint Jean, l’entretien de Jésus avec ses disciples baigne dans la lumière de Pâques ! En effet, celui qui parle et qui affirme nous préparer une place auprès du Père, c’est bien le Ressuscité !

C’est par sa Pâque que nous sommes sauvés ! C’est sa Résurrection qui est chemin de Vie ! "Unique médiateur" de notre salut, il l’a été par son Incarnation, en "descendant du ciel" pour nous révéler le Père. Il l’est encore par sa Résurrection, en retournant dans la maison du Père nous préparer une place puisqu’il ouvre ainsi le ciel à tous les hommes.

La condition de notre salut, c’est la foi ! Et Jésus le rappelle à Philippe, aujourd’hui. Jésus est la Vérité, parfaite manifestation de l’amour du Père, parfaite incarnation de la Parole, parfait amour livré pour notre vie.

Croire en lui, c’est le suivre en apprenant à aimer à sa suite. La "vérité" n’est donc pas enfermée dans une somme de règles à appliquer, dans un catéchisme à réciter ou dans un règlement à respecter. La Vérité est une Personne, le Christ Ressuscité, qui a ouvert pour nous le Chemin de la Vie et nous offre tous les "moyens" d’en bénéficier. Il n’attend que notre confiance en lui. Il n’espère que l’ouverture de notre cœur…

C’est bien dans cette disposition que se présentent ce dimanche les quatorze jeunes qui vont recevoir le sacrement de confirmation. Prions pour eux : que le don de l’Esprit les aide à grandir dans l’amitié avec Jésus et leur donne de trouver leur place dans l’Eglise et dans notre communauté !

P. Benoît Strebler



 


Dimanche du Christ, le vrai Pasteur

 

5 mai 2017 2017 par p. Anderson Marçal Pires

Editoriral du dimanche 7 mai 2017, 4ème dimanche de Pâques - par le p. Anderson Marçal Pires.
Nous célébrons toujours la Résurrection, parce que cette réalité est tout le temps d’actualité. Nous avons toujours à laisser pénétrer cette réalité dans notre vie, dans notre cœur. Chaque célébration de la Résurrection nous appelle à un monde nouveau, à de nouveaux modes de vie.

L’idée que nous avons de la Résurrection, comme dogme, ne correspond pas toujours à la façon dont nous nous comportons dans notre vie de tous le jours.

La vie que la Résurrection nous suggère est de chercher à structurer le monde à partir du Royaume de Dieu, comme Jésus nous l’enseigne. Son enseignement a été refusé par les chefs des prêtres, et les pharisiens, et cela l’a conduit à la mort de la croix. La mort sur la croix était pour lui la synthèse de tout : quoi de plus grand que de « donner sa vie pour que tous aient la vie en surabondance » (Jn10,10).

Donner sa vie ne nous conduit pas forcément à mourir pour les autres, mais à nous consacrer aux autres, de sorte que toute personne puisse avoir une vie sociale et spirituelle. Notre monde est souvent traversé par l’égoïsme au la cupidité ; un monde dans lequel nous ne nous préoccupons pas les uns des autres. Et pourtant, si nous ne faisons pas attention, l’égoïsme peut même tuer.

Si nous pensons aux autres, notre attitude peut influencer le monde économique, social et politique. Si la politique internationale n’est pas basée sur l’évangile, elle ne fera qu’augmenter la souffrance des peuples. Mais nous devons croire au renouveau du monde grâce à la Résurrection du Christ.

La première étape consiste à écouter la voix du Berger, cette voix sera entendue si elle est connue ; une fois connue, il devient facile de la distinguer de la voix de l’ennemi. Pour identifier la voix du berger, il faut passer les différentes étapes de la conversion à Jésus qui nous dit « Je suis la porte des brebis » (Jn10,7). Il n’y a pas de christianisme sans Jésus ; accepter Jésus et son évangile c’est passer par la porte étroite.

Nous, nous sommes les brebis perdues, et à travers la souffrance, Jésus nous rencontre et nous rassemble, comme un berger son troupeau, afin que nous ayons la vie en abondance. Prions pour nos bergers, le Pape, les Evêques, les Prêtres, les Diacres, les dirigeants de notre communauté. Prions aussi pour les jeunes, qu’ils soient à l’écoute du Christ, le vrai Pasteur qui peut donner le discernement de la vocation et permettre d’être au service de tous, dans l’église ou dans la société. Prions enfin pour les responsables des Nations, en particulier pour celui ou celle qui va devoir gouverner la France.

p. Anderson Marçal Pires



 


La miséricorde

 

28 avril 2017 2017 par Charles Gazeau

En ce temps de la Miséricorde, comment ne pas vous faire partager ce que Josette, Philippe, Sylvie, Marcel et d’autres amis, trop souvent laissés au bord de la route, nous ont partagé sur la miséricorde.

En ce temps de la Miséricorde, comment ne pas vous faire partager ce que Josette, Philippe, Sylvie, Marcel et d’autres amis, trop souvent laissés au bord de la route, nous ont partagé sur la miséricorde.

Lors de la célébration d’ouverture de l’année de la Miséricorde, en la cathédrale Notre Dame de Paris, à l’invitation de notre archevêque, Marcel a lu à l’assemblée ce qu’est pour eux la miséricorde.

Aujourd’hui, je vous propose ces paroles.

C’est Dieu qui nous aime comme le cœur d’une mère, avec un regard d’amour sur nous qui ne sommes pas grand chose.
Un regard de tendresse, comme le père du fils prodigue.

La miséricorde, c’est aussi une parole de silence qui nous attend, car Dieu souffre de nos souffrances, et il pleure.
Il nous soulage du malheur en ouvrant les cœurs,
pour que les cœurs ne soient plus des cœurs de pierre.

Quand on touche le fond et que des gens s’approchent,
c’est comme si on renaissait de nos cendres :
une vraie guérison de l’intérieur.
Voilà ce qu’est la miséricorde : une résurrection.
Ensuite on suit le chemin de Jésus, vers la lumière.

Dieu n’a aucun mépris pour nous.
Il aime tous les hommes, et il les aime sans condition.
Il les aime en leur accordant le pardon.

La miséricorde de Dieu nous conduit à voir la lumière en l’autre plutôt que les ténèbres, à faire grandir l’autre.

Dieu nous attend : il est en attente que nous venions vers lui.

Cher ami lecteur, que la parole des pauvres ouvre ton cœur à la miséricorde du Père.

Charles Gazeau, diacre



 


"Mon Seigneur et mon Dieu ! " ’Je crois’

 

21 avril 2017 2017 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche de la Divine Miséricorde, 23 avril 17, in Albis - par le p. Bernard Bommelaer
L’apôtre Thomas, comme les Douze, avait suivi Jésus pendant trois années, et pourtant il n’a pas cru le témoignage des dix qui avaient vu Jésus ressuscité. Il aura fallu que Jésus vienne vers lui pour qu’il dise ‘Mon Seigneur et mon Dieu !’.

Les onze enfants de neuf ou dix ans qui sont baptisés aujourd’hui ont suivi la catéchèse depuis deux ou trois ans et une préparation au baptême pendant deux ans. C’est, pour la plupart, sur la foi de leurs parents et de leurs catéchistes qu’ils se sont appuyés pour se mettre en route et dire à leur tour : ‘Je Crois’. A présent cet acte de foi est personnel même si bien des points seront encore à travailler, à éclaircir, ce qui est normal. Ils ont posé des questions et en poseront encore, ce qui est sain. Mais ils ne se sont pas réfugiés derrière des questions pour ne pas croire. C’est en effet parfois notre cas.

Il y a une manière de se réfugier derrière un bouclier composé de questions qui n’en sont pas vraiment. Il s’agit bien plutôt d’un ‘arsenal anti – foi’ que nous fourbissons pour justifier notre refus de croire. Rien à voir alors avec la disponibilité intérieure permettant un chemin, une découverte et éventuellement un ‘oui, je crois’. Lorsque Jésus ajoute ‘Heureux ceux qui croient sans avoir vu’, c’est à nous tous qu’il pense : nous pouvons l’en remercier. Il souligne en même temps que la foi n’est pas une évidence : dire ’Je crois’ est un acte vraiment personnel, demandant une liberté intérieure soutenue, éclairée par le don de Dieu.

En même temps nous savons combien est inconfortable la vie de ceux qui cherchent et sont disponibles à la foi, mais qui pour l’instant ne ‘peuvent pas croire’. Leur désir de croire est déjà un don de Dieu et une forme de la présence de l’Esprit Saint en eux.
Demandons à l’apôtre Thomas de nous aider à dire :’Mon Seigneur et mon Dieu’.

P. Bernard Bommelaer



 


Naître et renaître

 

14 avril 2017 2017 par Père Albert Gambart

Editorial du saint dimanche de Pâques par le p. Albert Gambart
Avec la fête de Pâque, nous sommes au point culminant de notre année liturgique. D’une certaine manière, nous sommes habitués à ces fêtes. Elles sont des points de repère dans notre vie, et la fête de Pâque marquant la fin du Carême et ouvrant sur les beaux jours, nous met du baume au cœur !

D’autre part, nous sommes atteints par la violence qui frappe notre monde, particulièrement celle qui se manifeste contre les chrétiens d’Orient. Je pense à ces attentats du dimanche des Rameaux contre deux églises coptes. Le climat de notre monde est inquiétant, et fait naître la peur. Nous nous demandons « où est la Pâque du Seigneur, dans ce monde en fureur ? »

Nous avons entendu depuis le dimanche des Rameaux, les évangiles qui racontent la passion du Christ. Le jeudi saint, Jésus lave les pieds de ses disciples. Lui, le maître et le Seigneur, il se met à leur service parce qu’il les aime, parce que le Père les aime. Dans le même chapitre de l’évangile selon saint Jean, quelques versets plus tard, Jésus leur donne le Commandement Nouveau : « Comme je vous ai aimés, que vous vous aimiez les uns les autres. En cela tous connaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Là où Jean raconte le lavement des pieds, les autres évangélistes décrivent le dernier repas, la Sainte Cène. Dans ce dernier repas, le Christ se donne, corps livré et sang versé pour la multitude en rémission des péchés. Et il donne mission à ses apôtres : « Faites ceci en mémoire de moi ! »

Le geste du lavement des pieds est la mise en œuvre du Commandement Nouveau, l’exemple pratique donné par Jésus à ses disciples. Le Dernier Repas est l’acte fondateur qui trouve son accomplissement dans le sacrifice total du Christ sur la croix, offrant sa vie pour le salut de la « multitude ». La Résurrection du Christ, c’est l’attestation de la Vérité de ce salut, ce que saint Pierre annonce au centurion Corneille : « Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

La fête de Pâque, pour nous chrétiens, c’est l’affirmation que l’Amour de Dieu rejoint tous ceux qui se tournent vers lui. Il nous donne de naître à lui, dans la lumière de son Esprit. N’est-ce pas là le sens profond de la Communion que nous partageons. Christ est vivant, Ressuscité. En lui, nous trouvons la force de vivre de sa Vie. C’est cela la nouvelle naissance. Vivant de son Esprit, nous sommes appelés à devenir toujours plus témoins de cette Vie, par nos paroles, par nos actes, par l’Amour qui sort de nos cœurs en cette acclamation : Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

Père Albert Gambart



 


Misère de l’homme et grandeur de Dieu

 

7 avril 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 9 avril des Rameaux et de la Passion
Les nombreux personnages qui interviennent dans le récit de la passion de saint Matthieu manifestent profondément quelque chose de la misère de l’homme, de ses limites, de son péché :

Judas qui trahit son maître par un baiser, les pharisiens qui sont heureux d’avoir mis à mort un innocent, Pilate et Hérode qui se débarrassent de Jésus en attirant sur eux la faveur du peuple, Pierre qui jure qu’il ne connaît pas Jésus, les soldats qui se livrent à la violence gratuite, la foule qui passe aisément des acclamations aux accusations... Et si ces personnages de l’évangile n’étaient que des miroirs dans lesquels nous pouvons nous retrouver nous-mêmes ?

Mais n’oublions pas de fixer les yeux sur Jésus. C’est lui qui est au cœur de la scène. C’est lui que Jean et Marie, ainsi que de nombreuses personnes anonymes, ont choisi de suivre dans le silence. Dieu se dit dans le visage d’un homme agonisant, abandonné de tous. C’est un Dieu qui est faible au lieu d’être fort, victime au lieu d’être bourreau, serviteur au lieu d’être roi. Par sa passion et sa mort, Jésus nous révèle la grandeur de Dieu. La Vie s’engendre dans la souffrance, la Vie surgit de la mort. Célébrer la passion du Seigneur, c’est découvrir, chaque année, la proximité invraisemblable de Dieu sur le chemin de notre vie.

P. Benoît Strebler



 


Sortez de vos tombeaux, venez à la vie !

 

31 mars 2017 2017 par Père Aloys Shanyungu

Editorial du dimanche 2 avril 2017, 5ème dimanche de Carême - par le p. Aloys Shanyungu
Après l’épisode de « l’eau vive » pour la Samaritaine et celui de la « guérison » de l’aveugle-né, c’est un ami de Jésus qui nous est présenté, en ce dernier dimanche de carême. Il s’appelle, ou mieux, on l’appelle : « Lazare » ! Nom qui, en hébreu, peut signifier : « sans espoir ! »

Lorsque Jésus arrive à Béthanie, Lazare (frère de Marthe et Marie) est mort, même si Jésus suggère à ses disciples que son ami « s’est endormi » seulement. Mais en fait, il est déjà enterré. Le pauvre Lazare est non seulement enterré, mais bien ligoté… On lui a mis des bandelettes autour de ses bras et de ses jambes, un voile sur le visage, il est « sans vie » dans un tombeau, avec une grosse pierre devant ! Est-ce que Lazare, comme d’ailleurs l’aveugle-né, ne nous représenterait pas ? Notre humanité, en bien des lieux, n’est-elle pas sans espoir, ligotée, aveugle, à la dérive, sentant la mort ? « Ce n’est plus une vie ! Il vaudrait mieux mourir ! », entendons-nous souvent. Exclamation désolée de bien des gens quand les difficultés se multiplient, quand les conditions de vie deviennent de plus en plus dures ! La porte du « désespoir » est ouverte !

Lazare n’était plus un « vivant », mais un cadavre. Ses sœurs avaient tant espéré que « le Maître » (Rabbî) ait pu l’empêcher de mourir. Désormais, c’était trop tard… Elles deviennent, elles-aussi, d’une certaine manière, des « Lazare », c’est-à-dire des « sans espoir ». Et nous représentent assez bien, si nous sommes sincères avec nous-mêmes. « Vous saurez que Je suis le Seigneur » (Ez. 37,14) ; « près du Seigneur est l’amour » (Ps 129).

Le miracle du « réveil » (ou résurrection) de Lazare – le 7e raconté par saint Jean- nous dit que Dieu veut, pour les hommes, la vie en plénitude. En montant « réveiller » son ami, Jésus sait qu’il signe sa propre mort. Mais c’est pour un être aimé qu’il donne sa vie. Son geste doit donc nous donner l’espérance de la résurrection. Bien plus que d’être ramenés à la vie terrestre, à la suite du Christ, nous ressusciterons, car « Celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels » (Rom 8, 11). En rendant Lazare à la vie, Jésus se manifeste à nous comme celui qui est la Résurrection et la Vie. Il nous engage ainsi sur le même chemin d’amour et de miséricorde. Du coup, il nous associe aussi à la transfiguration de ce monde et à l’annonce du Royaume : seuls le pardon et l’amour sont « vainqueurs de la mort ». Ayons donc le courage de sortir de nos « tombeaux » !

Abbé Aloys Shanyungu



 


Jésus, la lumière du monde, donne la vue à un aveugle

 

24 mars 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 26 mars 2017, par le p. Guy Fernand Kalouhohiko.
L’évangile de ce quatrième dimanche de carême s’ouvre par la question des disciples à Jésus au sujet d’un homme aveugle : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ».

En réponse Jésus souligne que ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Jésus nous exhorte en disant qu’il nous faut travailler aux œuvres de Dieu. Car le temps viendra où personne ne pourra plus y travailler.

La guérison de cet homme aveugle suscite l’émoi et l’émerveillement de beaucoup de personnes. Les pharisiens à la recherche des fautes se saisissent de la situation. Une occasion pour eux non seulement de contredire le Christ mais surtout de le mettre au pied du mur. En effet, c’est le jour du sabbat que le Christ accomplit ce geste d’amour que ses adversaires perçoivent comme signe de non-respect de la loi du Sabbat, oubliant que Jésus est Fils de Dieu. Et ne percevant pas que Sa présence dans le monde est lumière, et signe de la manifestation du royaume qui est un « déjà et pas encore. »

Pour l’aveugle, sa guérison est une louange voire une action de grâce qu’il rend à Dieu. Comme Josué, cet homme aveugle « jure de dire toute la vérité ». La réaction des pharisiens vis-à-vis de Jésus est vive. Ils jugent l’œuvre, la trouvent illégale et la condamnent. Mais Jésus, qui fut condamné par personne interposée, va se révéler maintenant pour manifester qu’il est, lui, le véritable juge venu pour opérer un discernement parmi les hommes. La situation est renversée. En trouvant Jésus coupable, les Juifs se sont eux-mêmes condamnés.

P. Guy Fernand Kalouhohiko



 


Source jaillissant en vie éternelle

 

17 mars 2017 2017 par p. Anderson Marçal Pires

Editorial du 19 mars 2017, 3ème dimanche de Carême.
Les textes de la liturgie du troisième dimanche de Carême nous invitent à retrouver notre grâce du Baptême, pour chacun de nous et aussi pour les catéchumènes qui seront baptisés à Pâques. L’Evangile nous raconte comment la Samaritaine a été transformée par sa rencontre avec Jésus au puits de Jacob.

La rencontre personnelle de cette femme avec Jésus, le dialogue profond avec Lui sur la soif de Dieu et de la vie éternelle, symbolisée par l’eau, ont permis à la Samaritaine d’examiner sa propre vie et de témoigner d’une « eau nouvelle » susceptible d’étancher la soif.

Dans un monde où les mots d’ordre sont auto-suffisance, pouvoir et domination, Jésus, Fils de Dieu, demande de l’eau à une femme et, de plus, une femme de Samarie, région dont les habitants sont considérés comme impurs par les Juifs. Jésus appelle cette femme à une rencontre personnelle, à un vrai dialogue, à ouvrir son cœur. C’est la seule façon possible pour elle d’apprendre à connaître vraiment les autres. Dans sa rencontre avec Jésus, la Samaritaine est amenée à examiner sa propre vie en relation avec les autres.

Ce qui manque à beaucoup de personnes c’est la rencontre personnelle avec le Maître. Un engagement sérieux de notre part avec Jésus exige et nécessite la conversion de notre vie, avec la nécessité de prendre conscience de nos désirs les plus profonds. Finalement, au-delà d’une soif d’eau, que cherchons-nous pour donner un sens à notre vie ?

Jésus est l’Eau vive qui étanche notre soif de Dieu. Cette eau qu’il nous donne devient en nous source qui jaillit pour l’éternité. Nous célébrons de manière visible ce don de Dieu dans nos églises. Tous, à travers notre vie spirituelle dans la fidélité à l’Esprit Saint, nous sommes appelés à donner au monde le témoignage de notre Foi, à l’exemple de la Samaritaine. 

Pour que l’Esprit Saint puisse continuer à se répandre pour la vie du monde, ne cessons jamais de nous rapprocher de Jésus, et construisons ensemble une communauté débordante d’Amour. 

P. Anderson Marçal Pires



 


Transfiguration

 

11 mars 2017 2017 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 12 octobre 2017, par le p. Bernard Bommelaer
Allez, en avant, le 16 avril tout ira mieux, ce sera le ‘Jour de Pâques’ ! Les tracas, les soucis, les efforts de carême, les ennuis de tous ordres… tout cela sera fini. Eh bien : non !

Parfois nous imaginons que tout sera ainsi, en nous situant dans un univers magique, associant la résurrection et la transfiguration de Jésus à de jolis contes de fée, même si nous nous en défendons. Il nous faudrait reprendre l’évangile, cette année celui de Saint Matthieu, et resituer la transfiguration dans son cadre. Elle prend place entre deux annonces de la passion, et Jésus lui-même en descendant de la montagne parle aux trois disciples de sa résurrection d’entre les morts. C’est donc qu’il ne fuit pas notre condition humaine, mais l’assume jusqu’au bout, y compris ses phases les plus difficiles.

En revanche, en vivant ces moments, nous voyons que Jésus les vit habité par une Espérance indéfectible, une lumière que rien ne peut éteindre. Le jour de la transfiguration nous révèle cela.

Ce sont nos tâches et nos soucis communs et personnels qui s’en trouvent éclairés.

  • Les personnes accueillies par ‘Hiver Solidaire’.
  • Les réfugiés pour lesquels nous nous réunirons jeudi 16 mars.
  • Les personnes qui connaissent un long chômage.
  • La santé de tant de nos proches.
  • L’éducation et l’avenir des enfants et des adolescents.
  • Les difficultés politiques françaises et les futures élections.
  • … et tant d’autres points…

Il n’y a pas de coup de baguette magique. Mais l’énergie et l’Espérance qui habitent le Christ Jésus deviennent nôtres pour entreprendre et continuer nos tâches et nos responsabilités, habités par sa lumière, sachant que son chemin devient notre chemin.

Aujourd’hui, la Transfiguration nous dit quelque chose de cela.

P. Bernard Bommelaer



 


Le jeûne qui plaît à Dieu

 

3 mars 2017 2017 par Charles Gazeau

Editorial du dimanche 5 mars 2017, par Charles Gazeau, diacre
En ce début de carême, j’aimerais, vous faire partager des paroles d’encouragement évangélique. Comme chaque année, à l’ouverture de ces jours de libération qu’est le carême, Isaïe nous interpelle : Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? (Is 58, 7)

Depuis 9 ans, ensemble, à Saint-Médard, nous vivons l’Hiver Solidaire, opération permettant à des personnes dormant dans la rue de vivre au cours de l’hiver plusieurs mois de répit et de réconfort. « L’hiver solidaire m’a apporté de la stabilité et de la tranquillité pour faire mes démarches administratives » nous dit Karamo, Sénégalais. Pour Patrick, l’Hiver Solidaire « nous a apportés un soutien moral vu le froid hivernal, nous avons été accueillis et hébergés temporairement afin de bénéficier d’un endroit pour se réchauffer et y dormir à l’abri ». Pour Marcus, ce temps est un tremplin : « Par ailleurs et principalement, nous dit-il, cela m’a permis de me stabiliser afin de pouvoir m’engager et de profiter d’un module de formation. Et de deux, de m’ouvrir un peu plus à autrui ». Marmoud, Egyptien, y trouve paix et douceur « Tout se passe bien je dis à tout le monde de venir ici c’est gentil » plus loin dans la conversation : « Je garde le moral, je continue ma route. Je me sens bien avec vous, dommage que ça s’arrête le 7 mars »

Malgré ce regret, Marmoud est le porte-parole de ces amis « Quand même merci beaucoup à tout le monde qui sont venus et qui ont préparé à manger pour nous. Merci à tous ».

Les participants à l’Hiver Solidaire vous le diront « ces rencontres sont enrichissantes, surprenantes, elles nous invitent à la conversion du cœur » ; n’est-ce pas le but du carême et la réponse au défi lancé par Isaïe !

Alors ta lumière jaillira comme l’aurore (Is 58, 8), ta route vers Pâques en sera illuminée.

Charles Gazeau, Diacre



 


Moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant

 

16 février 2017 2017 par p. Guy Fernand Kalouhohiko

Editorial du dimanche 19 février 2017, par le p. Guy Fernand Kalouhohiko.
Dans le livre de l’exode, il est écrit « œil pour œil, dent pour dent ». Avec la loi du talion, la sentence était équivalente à l’offense. Et cet esprit, de nos jours nous gagne quelque fois. Nous pensons souvent riposter c’est-à-dire rendre le mal par le mal pour parfois manifester notre force et notre supériorité. Voilà ce qui nous caractérise souvent. Mais aujourd’hui, le Christ arrive avec un autre type de discours : « vous avez appris….Eh bien ! moi je vous dis… ».

Il nous faut donc comprendre cette consigne de non-résistance dans son contexte. Il ne faut pas répondre au mal par un autre mal, fut-il proportionné comme l’autorisait la Loi. Jésus ne discute pas du comportement du méchant ; il ne s’attache pas non plus à distinguer entre diverses situations. Il donne simplement une consigne rigoureuse : son disciple ne doit pas se venger. Le Seigneur des morts et des vivants rétablira le droit (Rm 14,9). Le disciple du Christ, doit plutôt aimer son ennemi et prier pour celui qui le persécute.

L’Ancien Testament n’a jamais demandé de haïr son ennemi. Mais l’interprétation populaire de l’Ecriture en était venue là. Aujourd’hui la loi du talion est dépassée par celle de l’amour. L’amour doit primer par-dessus tout. Tel est l’enseignement que le Christ nous donne. Moïse inspiré par Dieu l’avait bien compris et n’a hésité à aucun instant à
prêcher l’amour du prochain à ses contemporains. Et si nous voulons devenir fils de Dieu, nous devons imiter Dieu le Père. Et c’est dans ce sens que nous comprendrions la recommandation qu’il nous fait : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint ».

P. Guy Fernand Kalouhohiko



 


’Une nouvelle façon de vivre’

 

10 février 2017 2017 par p. Anderson Marçal Pires

Editorial du dimanche 12 février 2017, par le p. Anderson Marçal Pires.
Ce dimanche, Jésus nous donne une nouvelle façon d’interpréter et de pratiquer la Loi de Dieu. Il n’est pas venu pour abolir la Loi de Dieu mais pour l’amener à sa pleine réalisation. Nous nous rendons compte que Jésus n’est pas concerné par l’extériorité de la Loi mais par la vie intérieure. Il ne se fie pas à l’apparence, mais à l’esprit.

La Loi est importante par son côté pédagogique ; elle établit les limites à poser et aide au discernement. Mais la loi séparée de son essence, de son objectif fondamental, est capable d’asservir. Les pharisiens interprétaient la loi dans sa radicalité, alors qu’eux-mêmes ne la pratiquaient pas. Le Pape Jean Paul II disait que ‘’La loi est parfaite lorsqu’elle est imprégnée de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain’’.
Jésus n’est pas contre la Loi de Dieu mais contre le sens qu’en donnaient les pharisiens. Avec l’autorité du Fils de Dieu et la sagesse du Père, il enseigne une loi nouvelle qui permet d’approfondir le sens des commandements. Jésus nous demande de faire un choix, de nous engager dans un nouveau chemin, qui exige de nous une vraie réponse.

L’ Apôtre Paul est l’exemple même d’un ‘’chercheur’’ de la vérité qui, à un certain moment de sa ‘route’, presque inconsciemment, a compris qu’il suivait une série de préceptes par automatisme. En fait, il a réalisé qu’il n’ était plus libre, parce qu’il pratiquait un ensemble de règles et préceptes sans en connaître ni même en chercher les raisons.

L’Apôtre écrit dans ses lettres, qu’avant de connaître le Christ, il était un simple adepte de la norme, vivant dans l’attente de la récompense que lui devait Dieu pour sa bonne conduite.
Ne vous contentez pas de suivre les commandements à la lettre, vous devez en chercher le sens profond, c’est-à-dire le sens donné par Jésus. Le mot, la norme et la loi dans un sens strict peuvent blesser et tuer. Ainsi, on risque de donner plus de valeur à l`interprétation de la Loi qu’à la personne elle-même.

Pendant l’année de la miséricorde, nous avons redécouvert le visage miséricordieux du Père que nous présente Jésus. Cette nouvelle interprétation de la Loi que Jésus nous enseigne est basée sur l’amour du prochain, sans abandonner la loi de Moïse ; au contraire, je dirais que la Parole de l’Ancien Testament doit être comprise à la lumière de l’enseignement de Jésus, Fils de Dieu. La Loi a été faite pour l’homme, et non l’homme pour la Loi" .

p. Anderson Marçal Pires



 


Le sel et la lumière !

 

3 février 2017 2017 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 5 février 2017, par le p. Albert Gambart.
Le sel et la lumière ! voilà deux mots bien inscrits dans le quotidien de nos vies.
Lorsque vous préparez un bon repas, vous salez votre sauce, et puis vous la goûtez. C’est important, pour que les convives ne vous disent pas : « C’est trop salé ! », ou : « ça manque de sel ! ».

Mais s’ils vous disent : « Ce plat est vraiment délicieux ! », cela signifie que le sel a joué son rôle de révélateur : avec lui, en juste dose, chaque aliment trouve son juste goût, et on ne pense plus au sel. Le chrétien dans le monde ne doit pas brûler d’un zèle intempestif tel qu’on ne voie et n’entende que lui, ni disparaître comme s’il avait honte de sa foi et s’excuser d’être Chrétien. Comme le sel met en valeur la saveur des aliments, le chrétien doit mettre en valeur l’autre, afin qu’on puisse s’écouter, s’entendre et construire ensemble la paix.

Si le sel suggère l’humilité du serviteur, la lumière évoque sa révélation. « Vous êtes la lumière du monde ! » dit Jésus à ses disciples. De là à se prendre pour des lumières, il n’y a pas loin ! Mais la lumière n’est pas faite pour qu’on la regarde, elle est faite pour que l’on discerne le chemin. Si nous communions au Christ Jésus qui donne sa vie pour nous, nous allons rayonner de Sa Lumière. Mais celle-ci nous appelle à une conversion. En effet, toutes les personnes qui travaillent de leur main le savent bien ! Pour voir les défauts, les fissures ou les malfaçons d’un objet, il faut l’éclairer, et l’éclairer encore pour le réparer ! La lumière du Christ révèle nos failles. Et alors nous pouvons préférer l’ombre ! Mais si nous acceptons cette lumière, l’Esprit du Seigneur vient à notre secours pour nous « réparer » et faire de nous des témoins de son amour qui nous sauve. Alors, à mon tour je deviens porteur de lumière, non pour que l’autre me regarde, mais pour qu’à la lumière de mon témoignage de foi, il perçoive pour lui-même toute la puissance d’amour et de pardon qui vient de Dieu. S’il se laisse ainsi éclairer, il va entrer en relation avec Dieu !

Mais comment entrer en relation avec l’autre ? Il n’est pas si facile de témoigner de la foi qui nous habite ! Lorsque je veux parler à un tout petit, je m’accroupis pour être à sa hauteur, et un dialogue peut commencer. Peut-être va-t-il se jeter dans mes bras ! Quand je me relève, je suis moi-même éclairé par cette rencontre, et la louange monte de mon cœur jusqu’à mes lèvres ! La communauté « Foi et Lumière » vit cette rencontre entre des personnes si différentes. Pour chacun, l’autre est important. « Toute personne est une histoire sacrée ». Dans cette attention aux plus petits, une lumière jaillit, une relation s’instaure, des blessures se referment, la communauté se construit, lumineuse et pleine de louange. Elle fait briller une Espérance Nouvelle, qui donne à chacun de nous envie de marcher dans cette lumière-là : « Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière jaillira comme l’aurore ! »

Père Albert Gambart



 


Heureux, Bienheureux,

 

27 janvier 2017 2017 par Père Albert Gambart

Ce dimanche, nous entendons l’évangile des Béatitudes. Nous connaissons bien ce passage de l’évangile, qui ouvre le sermon sur la montagne. Jésus monte sur la montagne comme Moïse était monté sur le Sinaï pour recevoir les tables de la loi de la première Alliance.

Moïse était seul. Les disciples suivent Jésus et se rassemblent autour de lui pour l’écouter. Le Décalogue insiste sur ce qu’il ne faut pas faire. Les béatitudes nous montrent ce que nous devons devenir. Jésus veut que cette Loi Nouvelle s’inscrive dans le cœur de ses disciples. Il s’agit de vivre au présent la Grâce qui vient de Dieu, de manifester en notre être la présence et la croissance du Royaume de Dieu. C’est le temps de la Nouvelle Alliance !

Dans le livre, « la sagesse d’un pauvre », l’auteur fait dialoguer François, et frère Léon, son compagnon de route. « Sais-tu ce qu’est la pureté du cœur ? C’est de ne pas avoir de faute à se reprocher ! répondit Léon sans hésiter. Alors, je comprends ta tristesse, dit François, car on a toujours quelque chose à se reprocher. Oui, dit Léon, et cela précisément me fait désespérer d’arriver un jour à la pureté du cœur. Ah ! Frère Léon, crois-moi, répartit François, ne te préoccupe pas tant de la pureté de ton âme. Tourne ton regard vers Dieu. Admire-le. Réjouis-toi de ce qu’il est, lui, toute sainteté. Rends-lui grâce à cause de lui-même. C’est cela, petit frère, avoir le cœur pur ! »

Ainsi, il ne s’agit pas tant de chercher à construire l’être idéal que nous rêvons de devenir que de se tourner vers Dieu, et de recevoir de lui la vie, la croissance et l’être. Sans doute penserez-vous que c’est un peu facile car cela semble minimiser la valeur de l’effort personnel. Mais, le chemin de saint François à la suite du Christ Jésus nous apprend que tous, nous sommes des pauvres. C’est le Seigneur qui nous relève et nous comble !

Le Seigneur Jésus appelle « heureux » ceux qui vivent du don de Dieu à travers la pauvreté de cœur, la persévérance, la douceur, le désir de justice, la miséricorde, la pureté de cœur, la paix et la patience dans l’épreuve. Il s’agit de renaître à Dieu ! C’est un peu comme lorsque Pierre marche sur l’eau vers Jésus qui l’appelle : tant que Pierre regarde vers Jésus il marche sur l’eau mais, dès qu’il regarde ses pieds, il prend peur et il coule. Il s’agit de devenir Fils et Fille du Père, de renaître de l’Esprit, de vivre dans le monde, sans être du monde. Il nous faut naître à Dieu, accueillir le Royaume en nos cœurs.

C’est bien ce que dit Paul aux Corinthiens. « C’est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes dans le Christ Jésus, lui qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification, rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut être fier, qu’il mette sa fierté dans le Seigneur. »

Père Albert Gambart



 


Appelés à la conversion et à la suite du Maître !

 

20 janvier 2017 2017 par Père Aloys Shanyungu

Le temps de Noël s’est écoulé… Et nous voici entrés dans la première tranche du « temps ordinaire », qui constitue un pont entre les festivités de la Nativité du Seigneur et le début du Carême.

À la suite de la « Journée mondiale du migrant et du réfugié », une « Semaine de prière pour l’unité de chrétiens » nous est proposée par l’Eglise, notre Mère. Elle commence le 18 et prend fin le 25 de ce mois. Cette année, elle est articulée autour du thème : « Parole de réconciliation : l’amour du Christ nous presse » (2Co5,15-20). Un temps de ressourcement spirituel !

Revenons à ce troisième dimanche ordinaire… Il arrive que la vie nous paraisse monotone, faite de multiples occupations grises, parce que limitées. Parfois, nous prenons douloureusement conscience de l’absence d’horizons. Nous nous demandons alors qui pourra nous apporter un peu de lumière et nous entraîner au large, vers une authentique aventure ?

L’évangile de ce dimanche nous montre que Jésus débute son ministère de prédication juste après l’arrestation de Jean Baptiste, son précurseur. Les chemins de Jésus ont été préparés par Jean ; ses premiers disciples sont ceux que Jean a préparés. Ces pêcheurs qui se mettent à la suite de Jésus reçoivent l’assurance qu’ils deviendront des « pêcheurs d’hommes ». Mission exaltante certes, mais combien difficile !

La prédication de Jésus est toujours actuelle, appelant à la « conversion », à la manière de Jean : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est proche ». « Se convertir », « se repentir », c’est être disposé à « se retourner » vers Dieu et à ajuster toute notre vie à l’Evangile de Jésus Christ.

Le Seigneur veut confier, à chacun et à chacune d’entre nous, un rayon d’influence dans la vie, dans notre milieu de vie immédiat et, parfois, dans des lieux éloignés… Il nous demande, à l’instar de ses premiers disciples, de « pêcher » dans les eaux où il nous a placés, et de nous faire aussi « apôtres » pour l’Autre, c’est-à-dire lui témoigner une amitié qui peut l’aider à rejoindre le Christ Jésus à travers nous…

Abbé Aloys Shanyungu



 


Extrait du message du pape François pour la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié

 

12 janvier 2017 2017 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 15 janvier 2017.
Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille mais celui qui m’a envoyé" (Mc 9,37). Par ces mots, les évangélistes rappellent à la communauté chrétienne un enseignement de Jésus qui est enthousiasmant et, à la fois, exigeant.

Ces paroles, en effet, tracent la voie sûre qui conduit à Dieu, en partant des plus petits et en passant par le Sauveur, dans la dynamique de l’accueil. L’accueil est donc une condition nécessaire pour que se concrétise cet itinéraire : Dieu s’est fait l’un de nous, en Jésus il s’est fait enfant et l’ouverture à Dieu dans la foi, qui alimente l’espérance, se décline dans la proximité affectueuse aux plus petits et aux plus faibles.

"Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes et qu’il soit englouti en pleine mer" (Mt 18, 6). Comment ne pas songer à ce sévère avertissement en considérant l’exploitation perpétrée par des gens sans scrupules aux dépens de nombreux enfants contraints à la prostitution ou pris dans le circuit de la pornographie, asservis dans le travail des mineurs ou enrôlés comme soldats, impliqués dans trafics de drogue, forcés à la fuite par des conflits et par les persécutions, avec le risque de se retrouver seuls et abandonnés ?

C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, je tiens à attirer l’attention sur la réalité des migrants mineurs, en demandant à chacun de prendre soin des enfants qui sont trois fois sans défense, parce que mineurs, parce qu’étrangers, parce que sans défense, quand, pour diverses raisons, ils sont forcés de vivre loin de leur terre d’origine et séparés de l’affection de leurs proches.

Lien pour lire le message du pape



 


L’Epiphanie : pas un reportage, un écrit théologique, dense et imagé

 

6 janvier 2017 2017 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 8 janvier 2017, Solennité de l’Epiphanie du Seigneur - par le p. Bernard Bommelaer.
Quelle est belle cette page en l’Evangile de St Matthieu. 70 ou 75 ans après la naissance de Jésus, l’auteur en souligne le sens extraordinaire. L’époque est donnée ‘au temps d’Hérode le Grand’ et le lieu également, ‘à Bethléem’. Cet enfant a la qualité de ‘roi’, à la manière de David.

Mais pour qui vient-il ? Pour les juifs, certes. Mais la Judée et même tout Israël, c’est petit. Les Mages qui viennent de loin ‘ont vu son étoile à l’Orient… et sont venus se prosterner devant lui.’ ‘Ils viennent lui offrir des présents’, comme à un homme, un roi et même comme à Dieu.

Ce Jésus, petit enfant, la communauté chrétienne sous la plume de Matthieu décline son identité et sa mission. Il est Dieu qui a pris chair au sein de Marie, sa mère ; il naît en terre juive pour le salut de l’humanité entière, même si dès le début les grands de ce monde conspirent contre lui. L’adoration et la mission universelle, la passion et le salut de tous sont présents dès le début.

Aussi, cette fête d’aujourd’hui est-elle comme un résumé de toute l’œuvre de Jésus, le Christ ; en découle la mission de l’Eglise. Les galettes, c’est pour les boulangers et pour la joie familiale ou amicale. L’enfant qui sera sous la table saura dire pour qui sera telle ou telle part ! Mais en partageant cette même galette, saurons-nous dire le sens de la fête qui nous réunit ?

Recevoir une part de galette, même si nous n’avons pas la fève, cela devrait nous faire comprendre que nous recevons une part de la mission de Jésus. Il nous revient de devenir et d’être les acteurs de cette mission universelle. Tant d’hommes, y compris tout à côté de nous, ne savent pas qu’ils sont infiniment aimés par le Seigneur ! A coté de nous, mais combien plus encore dans tant de régions du monde.

Remercions les pères Aloïs, Anderson et Guy-Fernand dont la présence parmi nous nous rappelle à chaque moment cette dimension et de notre foi et de l’Eglise Universelle.

P. Bernard Bommelaer



 


Sainte Marie, Mère de Dieu !

 

30 décembre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 1er janvier 2017, Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu - par le p. Albert Gambart

C’est le nom de la fête de ce dimanche, sainte Marie, mère de Dieu. Voilà comment le pape Benoît XVI présentait ce titre de Marie : "Mère de Dieu", Theotokos, est le titre attribué officiellement à Marie au Ve siècle,

plus exactement lors du Concile d’Ephèse de 431, mais qui s’était déjà affirmé dans la dévotion du peuple chrétien à partir du IIIe siècle, dans le contexte des discussions enflammées de cette période sur la personne du Christ. On soulignait, par ce titre, que le Christ est Dieu et qu’il est réellement né, comme un homme, de Marie : on préservait ainsi son unité de vrai Dieu et de vrai homme. En vérité, même si le débat semblait porter sur Marie, celui-ci concernait essentiellement son Fils. »

Ainsi, après la fête de Noël, naissance de Jésus, la fête d’aujourd’hui manifeste fortement que Jésus est vraiment homme et vraiment Dieu. Il n’y a pas une apparence, une coquille humaine porteuse d’un être d’une autre nature ! Marie, en portant et en mettant au monde son fils, devient la mère de Jésus, vrai Dieu et Vrai homme, en l’unité de sa personne. En Jésus, par Marie, la nature divine épouse la nature humaine.

C’est un bien grand mystère ! Les lectures de ce jour, tout entières tournées vers ce surgissement de Dieu dans notre histoire, nous invitent à la louange et à la bénédiction. Puissions-nous placer cette année qui s’ouvre dans cet élan que nous suggère le psaume 66 : « Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse, que son visage s’illumine pour nous, et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut parmi toutes les nations ». Oui, puissions-nous vivre cette année qui s’ouvre en la bénédiction et en la lumière qui vient du visage du Christ ! Les événements du monde sont souvent terribles mais, croire dans le Christ, c’est conserver une espérance ancrée au fond de nous, plus forte que toute tempête. Il est vraiment Dieu avec nous.

En ce début d’année, les mots du Livre des Nombres sont une très belle expression de ce que je vous souhaite du fond du cœur ! “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” p.

Albert Gambart



 


Voici Noël !

 

23 décembre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 25 décembre 2016, Solennité de la Nativité du Seigneur - par le p. Albert Gambart.
Voici Noël ! La fête de la naissance de Jésus, notre sauveur, nous donne chaque année beaucoup de joie.

Et comme Paul le proclame dans la lettre à Tite lue la nuit de Noël : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes ! C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas pour vivre en hommes justes… pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien ! » Ainsi, fêter véritablement Noël, au-delà des sapins, des lumières de la ville et des cadeaux, c’est accueillir l’enfant qui fait de nous un peuple de Fils et de Filles de Dieu !

L’annonce de l’ange aux bergers est un véritable souffle d’espérance : « Ne craignez pas ! Car voici que je viens vous annoncer une Bonne Nouvelle : Aujourd’hui vous est né un Sauveur ! Il est Messie et Seigneur ! Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! » Il ne faut pas craindre l’irruption de Dieu dans nos vies, car la paix qu’il nous donne, la paix de son Esprit, permet et provoque la conversion de nos cœurs. Ce bien que nous avons tant de mal à faire advenir en nos vies et en notre monde devient possible grâce au pardon du Seigneur, à son amour en nos cœurs, à sa vie en nos corps. Par le don de Dieu, nous devenons véritablement un peuple ardent à faire le bien !

En ce temps de Noël, au cœur d’un monde déprimé, puissions-nous recevoir à profusion cette paix promise par l’ange aux bergers, cette paix qui chasse la peur et la culpabilité, et fait de nous des hommes et des femmes libres et généreux. La venue du Christ en nos propres vies fait refleurir le désert que nous sommes. Par nos cœurs et nos paroles, puisse notre monde recevoir ce souffle créateur qui vient de Dieu. En cette grâce de Noël, devenons un peuple ardent à faire le bien !

Père Albert Gambart



 


Question de Fécondité

 

16 décembre 2016 2016 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du 18 décembre 2016, 4ème dimanche de l’Avent - par le p. Bernard Bommelaer.

Imaginons cet homme jeune, plein de force, d’amour et de projets. Il est fiancé. Il se garde pour ‘elle’, et elle se garde pour ‘lui’ : ils sont vierges tous les deux. Ils sont passionnés l’un pour l’autre. Et voilà qu’il découvre qu’elle est enceinte. C’est un véritable tsunami qui l’ébranle. Mais l’aimant et la respectant, il veut lui rendre sa liberté en la répudiant avec discrétion.

Et voici que l’Ange lui fait comprendre que l’Enfant à naître est le fruit de l’Esprit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi ton épouse… » … « et il prit chez lui son épouse. »

Désormais Joseph va apprendre à ce fils, né du Saint Esprit et de leur double virginité, à être fils. Lui-même apprendra à être père et, par lui, l’Enfant saura ce qu’est un père, et lui dira ‘Abba’ (papa). C’est de ce terme qu’il appellera, priera Dieu son Père. Plus tard quand Jésus nous parlera du Père, il gardera forcément quelque chose de ce qu’il a découvert en Joseph.

Je ne sais si nous pouvons mesurer la fécondité de ces deux virginités qui sont demeurées telles et qui ont donné un fruit extraordinaire : l’Emmanuel, le Fils de Dieu parmi nous, Jésus. A notre humble niveau de femmes et d’hommes d’aujourd’hui, le célibat consacré, la virginité consacrée sont une source extraordinaire de fécondité. Qu’importe qu’ils ne soient pas de mode, car la valeur ne tient pas à la mode. Certes, le mariage est le chemin le plus habituel, source de rayonnement et de fécondité, et nous aimons y conduire.

Et ces deux chemins, célibat consacré et mariage, s’épaulent mutuellement. L’un rappellera l’absolu de l’Amour divin, et l’autre, dans l’altérité du couple mettra en valeur la chasteté, c’est-à-dire cet infini respect de l’autre jusqu’au sein de la tendresse. L’Amour de Dieu seul interpellera l’amour pour autrui, et l’amour des autres trouvera dans l’amour de Dieu une source inaltérable. L’amour du conjoint et des enfants rappellera à l’Amour universel qu’il n’est authentique que s’il passe aussi par les personnes concrètes et particulières… Mais aussi que l’amour au sein d’une famille perdrait de son sens s’il n’était pas ouvert à l’universel.

C’est tout cela que « Joseph homme juste » découvrira au fil de années en faisant ce que lui a dit le Seigneur par la voix de l’Ange : « prendre chez lui son épouse, Marie. »

P. Bernard Bommelaer



 


"La pauvreté est au centre de l’Evangile" de la crèche à la Croix de Jésus

 

9 décembre 2016 2016 par Charles Gazeau

Editorial du 11 décembre 2016, 3ème dimanche de l’Avent-Gaudete, par les Fratello de Saint Médard.
Tel fut le fond du message du Pape François qui recevait du 11 au 13 novembre, en clôture du Jubilé de la miséricorde, des délégations venues de toute l’Europe de personnes vivant ou ayant vécu des situations de grande précarité.

Il nous invite à construire une Église de pauvres pour et avec les pauvres…

La pauvreté choisie est une vertu chrétienne qui libère mais il y a malheureusement dans ce monde beaucoup trop, et de plus en plus, de pauvreté subie. C’est d’abord à ceux qui la subissent que s’adresse le Pape. Mieux que les nantis, ils nous enseignent par leur expérience du manque, un chemin d’espérance, dans la dignité et la solidarité.

Ceux qui ont vécu ce moment fort de rencontre avec François et avec les autres participants à ce pèlerinage témoignent :

  • « Il existe une paix intérieure, à nous de la trouver, une paix au cœur du Christ, une joie qui nous emplit ; soyons amour du Christ car nous sommes tous frères ! »
  • « Toutes ces belles rencontres, c’est du bonheur, partager des moments de prière, de découverte, fou-rires et complicité... »
  • « moments partagés et désir d’être humainement meilleur, réfléchir sur soi-même et ses réelles capacités à aimer l’autre... »
  • « partages fondés sur l’égalité des personnes et la chaleur humaine… après toutes ces belles rencontres je me sens plus fort pour affronter les problèmes, démarches administratives et autres… ! »

Ce qui ressort ici, c’est la soif de relations vraies que seules peuvent étancher les joies de la rencontre. Le pauvre n’est plus un échantillon d’un groupe étiqueté « malheureux » mais une personne d’égale dignité ayant vécu des expériences particulières et souvent douloureuses. Avec eux nous pouvons reprendre la prière de François :« Dieu, Père de chacun de nous, donne-nous la force, la joie, enseigne-nous à regarder vers l’avant, à être solidaires parce que nous sommes frères, et aide-nous à défendre notre dignité »

Les Fratello de Saint-Médard



 


"Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route !"

 

2 décembre 2016 2016 par p. Anderson Marçal Pires

Editorial du 4 décembre, 2ème dimanche de l’Avent - par le p. Anderson Marçal Pires.
En ce deuxième dimanche de l’Avent, la liturgie nous présente la figure prophétique de Jean-Baptiste, qui est définie comme “une voix crie dans le désert... et dit : "préparez les chemins du Seigneur, aplanissez ses sentiers” (Mt 3,3).

Rappelons-nous que l’une des caractéristiques de ce temps liturgique se traduit par une attitude d’Attente Active, d’attente de la venue du Fils de l’Homme.

Le Prophète Isaïe et Jean-Baptiste sont messagers de Dieu. Isaïe annonce au peuple d’Israël son retour, et alors prendra fin le temps de l’exil, de la souffrance, de la désolation et de la terreur.

Le Christ est venu pour ôter le péché du monde, et pour nous apporter le salut. Donc, la vraie repentance nous conduit à la confession et à la conversion. Le mot grec “metanoïa” traduit bien ce profond mouvement, ce changement de direction, qu’est la conversion dans la vie personnelle et communautaire.

Le pape François dans sa lettre à l’église lors de la clôture de l’Année de la Miséricorde peut nous aider à être témoin dans les “déserts” de notre société. La richesse de la Miséricorde Divine prépare la voie à l’émergence d’une nouvelle société soutenue par la justice, le droit et la paix.

Le jour de la venue du Seigneur va être un jour de joie, un jour de justice et de paix. Cette utopie d’une société nouvelle frappe à nos portes et vient avec l’enfant fragile emmailloté. En ce temps de conversion, Saint Paul nous invite à nous accueillir les uns les autres comme le Christ nous a accueillis, à nous débarrasser de ces valeurs qui sont fugaces et égoïstes, et à faire une révolution de notre mentalité, de sorte que les valeurs du Royaume de Dieu inspirent notre vie.

Nous sommes appelés à être des signes et des médiateurs de l’unité, de l’amour, du partage ; à aider les personnes les plus fragiles, les pauvres, ainsi que Jésus l’a fait. Contemplons le visage de l’église missionnaire du Christ, qui, dans sa Miséricorde et avec notre aide, arrive à transformer les déserts de la vie en oasis de vie, de justice, d’espérance et de paix.

Père Anderson Marçal Pires



 


Marchons à la lumière du Seigneur !

 

24 novembre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du 27 novembre 2016, 1er dimanche de l’Avent - par le p. Albert Gambart
L’Evangile de ce premier dimanche de l’Avent est déconcertant. Il ne nous parle pas de Noël, mais, comme les textes des dimanches précédents, il parle de la colère de Dieu contre l’injustice et l’obstination de l’homme.

« Tenez-vous prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » L’évangile se termine par cette phrase bien étrange, qui sonne un peu comme une menace ! Comment peut-on être prêt pour une heure que l’on n’attend pas ?

Paul, dans la lettre aux Romains, invite à la vigilance en rejetant les œuvres des ténèbres et en revêtant des armes de Lumière. Ainsi, la vigilance consiste à se rapprocher du Christ qui est lumière. Dans la lettre aux Ephésiens, Paul dit encore ceci : « Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. Mais tout ce qui est démasqué est rendu manifeste par la lumière, et tout ce qui devient manifeste est lumière. C’est pourquoi l’on dit : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. » Le prologue de l’évangile selon saint Jean nous dit, à propos de la venue du Christ dans le monde : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. »

Ainsi, veiller, c’est non seulement guetter la lumière, mais c’est marcher vers elle, qui est déjà là, brillant dans les ténèbres. Nous sommes invités à marcher vers le Christ, à nous en laisser illuminer. Nous devenons nous-mêmes lumière, et le Royaume de Dieu s’étend alors sur la terre. Alors, nous ne serons pas surpris par le retour du Seigneur puisque c’est lui qui nous illumine. Mais, si je reste dans les ténèbres, la lumière du Christ m’aveuglera et dévoilera tout ce que je veux cacher. Et alors, je peux craindre son retour.

Lu ainsi, cet évangile devient soudain porteur d’une lumineuse Espérance pour tous ceux qui ne veulent pas rester dans les ténèbres. La prophétie d’Isaïe nous invite à la joie, et c’est en ce sens qu’il faut lire l’évangile : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers…De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leur lance, des faucilles » Il nous faut demeurer dans la foi, car en elle, nous trouvons le chemin de la vie, l’invitation d’Isaïe s’adresse alors à nous ! 

« Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur ! »

Père Albert Gambart



 


Adieu la Miséricorde !

 

18 novembre 2016 2016 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 20 novembre 2016, Solennité du Christ, Roi de l’Univers - par le p. Bernard Bommelaer.
Avec la fin de l’année jubilaire de la « Miséricorde » : ’adieu la miséricorde’. On en a assez parlé, ça va bien comme ça !

D’ailleurs, regardons : les élections américaines ou françaises et autres, le Moyen-Orient et tant de pays à travers le monde, le sort des réfugiés y compris en France… il semble bien que la miséricorde soit le cadet des soucis et de la pratique du grand nombre, à tous les échelons du monde et de la société.

Pourtant, nous célébrons aujourd’hui la fête du Christ-Roi de l’univers, roi crucifié, qui dans un dernier souffle ouvre le ciel au ‘Larron repenti’ : « Je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » C’est toute la vie de Jésus, ses actes et ses paroles, qui est ainsi couronnée, non pas d’épines comme il l’est sur la croix, mais de cet amour actif et bienfaisant, source de miséricorde pour nous les hommes de tous âges et de tous les temps.

Pendant un an nous avons réfléchi, célébré, fait des démarches spirituelles et concrètes autour des questions de la miséricorde. Aujourd’hui, au terme de cette année, en regardant nos vies personnelles et la vie du monde, mais aussi de notre pays et de Paris, nous voyons qu’il y a encore tellement à faire. Il est tout à fait vrai que nous pourrions dire : ‘allez, ça va bien, nous avons assez entendu de phrases là-dessus, maintenant passons à autre chose. C’est un peu comme nos loisirs : ‘Cet été j’étais au bord de la mer, cet hiver j’irai faire du ski !’

Eh bien NON ! La miséricorde n’est pas un objet de consommation ni de discussion dans les salons. C’est une pratique quotidienne de chacun(e), de beaucoup d’associations et de chaque communauté d’Eglise. A chacun de nous de voir midi à sa porte et d’agir discrètement et efficacement. Juste un exemple : ‘Hiver Solidaire’ n’aura lieu chez nous que si nous sommes nombreux à nous y mettre, à nous engager pour telle soirée, pour faire tel repas, pour passer telle nuit.

Nous ne disons pas ‘adieu la miséricorde’, mais nous demandons à Dieu de nous donner un cœur, des entrailles et des mains de miséricorde, sensibles, aimants et actifs. Alors nous serons en phase avec le Christ Roi de Miséricorde.

P. Bernard Bommelaer



 


L’avènement du Christ

 

9 novembre 2016 2016 par p. Guy Fernand Kalouhohiko

Editorial du dimanche 13 novembre 2016, par le p. Guy Fernand Kalouhohiko
Que de spéculations, de doctrines diverses sur la fin du monde. Même les gens paresseux y trouvent prétexte à leur fainéantise.

Le prophète Malachie nous parle du jour du Seigneur pour nous mettre justement en garde. Que notre foi ne sombre pas. Qu’elle ne soit pas non plus captivée par les plaisirs éphémères de ce monde. Le chrétien, disciple du Christ doit garder la lampe allumée, se tenir toujours prêt afin de ne pas être surpris à l’arrivée du Seigneur.

Il est vrai que le monde d’aujourd’hui est mouvant, avec des transformations radicales, de nouvelles inventions technologiques, etc., cela ne doit pas nous empêcher d’y œuvrer et d’y exercer notre responsabilité bien au contraire. C’est pourquoi Paul, l’apôtre des gentils rappelle vigoureusement à l’ordre les frères qui s’installent dans l’oisiveté. Il les exhorte. Car il viendra le jour du Seigneur comme un voleur. Mais devant lui, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis.

Ne nous laissons pas tromper, égarer par ceux qui voient le retour du Christ et l’avènement du Règne de Dieu à chaque catastrophe : « il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin » dit le Seigneur.

Mon frère, ma sœur, la vie de foi consiste à attendre avec persévérance les biens espérés, ceux qu’on ne voit pas. (Rm 8, 25 ; He 11,1). C’est la persévérance à bien faire qui vaudra la vie éternelle (Rm 2,7) à celui qui aura donné à Dieu des preuves de sa grande fidélité (Rm5,3).

P. Guy Fernand Kalouhohiko



 


La vie après la mort :

 

4 novembre 2016 2016 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 6 novembre 2016, par le p. Benoît Strebler.
Les sadducéens dont parle l’évangile représentent un parti religieux important en Israël à l’époque du Christ. Leur groupe, formé surtout de prêtres et de lévites attachés au service du Temple, composait facilement avec le pouvoir politique en place.

Opposés aux pharisiens, les sadducéens rejetaient l’idée, absurde à leurs yeux, d’une résurrection corporelle. C’est ainsi que, voulant tester Jésus sur ce point précis, ils lui racontent cette histoire assez abracadabrante d’une femme qui aurait épousé successivement sept frères décédés les uns après les autres. Ils lui posent alors la question : "à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse puisque les sept l’ont eue pour épouse ?"

La réponse de Jésus est limpide : la vie qui nous attend ne reproduit pas la vie présente. Elle n’est pas la réitération selon la croyance en la réincarnation. Elle est une vie autre parce qu’elle est participation à la vie de Dieu. Elle est un appel que nous lance "le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob". Dès lors, si la vie éternelle pouvait être exprimée avec nos pauvres mots, elle pourrait être définie comme Amour et Intelligence : "nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est" (1Jn 3,2. ). Intelligence car toutes les étroitesses de notre esprit et nos incompréhensions s’évanouiront : "je connaîtrai comme je suis connu" (1Co13,12). Amour, car toutes les limites de notre coeur disparaîtront : "Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui" (1Jn 4,12).

P. Benoît Strebler



 


Toussaint, Tous Saints

 

28 octobre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du mardi 1er novembre 2016, Solennité de la Toussaint - par le p. Albert Gambart.
Ce jour de la Toussaint, nous fêtons la communion des saints, c’est-à-dire toutes celles et ceux qui ont marché à la suite du Christ au souffle de son Esprit jusqu’à la maison du Père. Nous, nous sommes encore sur la route, mais aspirés par un tel souffle, soyons fermes sur ce chemin !

En la fête de la Toussaint, je vous propose de lire le récit des béatitudes à la lumière de la prière que Jésus lui-même nous a enseignée.

Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux ! Le pauvre de cœur est celui dont le cœur, vidé du désir de richesse, n’attend qu’une seule chose : le Royaume des cieux. C’est ce qu’il exprime en disant : « Notre Père, qui es aux cieux !"

Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ! Lorsqu’on aime vraiment le Christ, Fils de Dieu, quelle souffrance que le Nom de Dieu soit moqué, ridiculisé. La prière jaillissant d’un cœur qui pleure est vraiment : « que ton Nom soit sanctifié ».

Heureux les doux, ils recevront la terre en héritage. « Que ton règne vienne », le doux exprime son désir d’habiter la terre de Dieu, la terre où la violence est vaincue !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la Justice, car ils seront rassasiés. La volonté de Dieu, c’est que tout homme soit sauvé et parvienne à la connaissance de la vérité ! Celui qui a soif de Justice voit l’homme comme Dieu le voit, il communie à Sa Volonté !

Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. Chouraqui traduit « miséricordieux » par « matriciels », comme des entrailles de mère qui donne la vie. Quand nous demandons notre pain quotidien, de quel pain s’agit-il ? Peut-être de celui qui fait naître l’Eglise, Corps du Christ, Communion des saints : l’Eucharistie.

Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu. Le Cœur pur, c’est celui dont les péchés sont remis. Alors, il s’ouvre à la lumière de Dieu et il marche jusqu’à le rencontrer !

Heureux les artisans de paix, ils seront appelés Fils de Dieu. L’artisan de paix, c’est celui qui est capable de pardonner comme Jésus pardonne. Celui-là mérite vraiment d’être appelé « Fils de Dieu ».

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux. Subir la persécution, c’est risquer de trahir, comme Pierre ! Mais si L’Amour du Seigneur est plus fort en nos cœurs que toute tentation, nous marchons vers la vraie joie et la véritable allégresse, là où nous serons vraiment délivrés du mal !

Ces béatitudes que nous demandons en disant le Notre Père. Puissent-elles vraiment être chemin de sainteté, afin que nous devenions Tous Saints !

Père Albert Gambart



 


« Il est venu sauver ce qui était perdu »

 

28 octobre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 30 novembre, par le p. Albert Gambart.
Dimanche dernier, l’évangile nous parlait dans une parabole du publicain et du pharisien. Cette semaine, la parabole prend vie et plonge dans le réel. Le publicain de la parabole trouve un nom : Zachée.

La semaine dernière, le pharisien et le publicain se rendaient au temple pour prier. Le temple, c’est le lieu de la présence de Dieu, le haut lieu de la religion d’Israël. Aujourd’hui, Jésus est à Jéricho. Cette ville est réputée comme l’une des plus anciennes du monde, on y a retrouvé un mur et une tour qui remontent au 8ème millénaire avant Jésus-Christ. C’est aussi la ville la plus basse du monde, elle se situe à – 250 mètres sous le niveau de la mer.

En cette ville de Jéricho, juste avant de guérir l’aveugle né, juste avant d’appeler Zachée, Jésus annonce pour la 3ème fois sa mort et sa résurrection. (Lc, 18,31) Jésus prophétise sa descente au plus bas, dans les entrailles de la mort, et il annonce sa résurrection en un grand mouvement qui part d’auprès de Dieu et va au plus profond pour remonter au plus haut. A Jéricho, en cette ville basse, Dieu, en Jésus-Christ, rejoint l’homme au plus bas et au plus ancien de ses constructions ! Il fait naître l’aveugle à la lumière ! Il fait entrer le Royaume de Dieu dans la maison de Zachée.

C’est en effet là que Jésus va rencontrer Zachée, le publicain. Son métier peu recommandable, collecteur d’impôts, en faisait un collaborateur du pouvoir d’occupation, les Romains. L’homme est petit, riche et mal aimé du peuple. Aussi, La foule l’empêche-t-il de passer pour voir le Christ. Alors, il monte sur un arbre, il veut voir Jésus ! Et Jésus le voit. Certainement qu’il perçoit l’élan de foi qui fait agir ainsi cet homme pécheur. Jésus le rejoint ! « Hâte-toi de descendre, car il me faut aujourd’hui demeurer chez toi ! » La foule a bien conscience de cette « descente » de Jésus chez le publicain. « Il est entré loger chez un pécheur ! » C’est en effet un scandale, car le péché rend le juste impur. Comment se fait-il que Jésus ne le sache pas ?

« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » Le publicain est déclaré fils d’Abraham : est-ce du point de vue biologique, ou plutôt du point de vue de la foi ? Nous lisons en Romain, 4, 3, : « Abraham eut foi en Dieu, et ce lui fut compté comme Justice. » C’est grâce à sa foi qu’Abraham fut rendu juste, et c’est bien dans cette descendance-là que se situe Zachée. La lumière brille pour lui, car ce sont les pécheurs que Jésus est venu rejoindre, comme le publicain de la parabole, comme Zachée aujourd’hui, qu’il rend juste.

Alors, comme Zachée, accueillons aujourd’hui Jésus en la demeure de notre cœur ! C’est là que le Seigneur veut établir sa demeure, comme le dit saint Paul : « Ne savez vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1Cor 6,19)

Père Albert Gambart



 


’La prière du pauvre traverse les nuées’

 

21 octobre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Ce dimanche, nous rencontrons deux personnages bien connus de l’Evangile : le pharisien et le publicain, deux personnages que tout oppose : d’abord au niveau social, le pharisien, c’est ce qui se fait de mieux en Israël, lettré, observant rigoureusement la loi et féru d’Ecriture ; le publicain, quant à lui, est collaborateur de l’occupant romain et ennemi du peuple !

Le pharisien introduit lui-même une seconde opposition, concernant la moralité : « je ne suis pas comme les autres hommes, ou encore comme ce publicain, ils sont voleurs injustes, adultères ! ». Une troisième opposition entre les deux hommes apparaît dans leur manière même de prier, l’un dans une attitude de louange, l’autre dans une attitude de pénitence.

La prière du pharisien n’est pas scandaleuse, et on peut s’étonner du jugement si dur du Christ. En effet, le pharisien commence ainsi sa prière : « Seigneur je te rends grâce… » L’action de grâce, la prière de louange ne sont-elles pas le sommet de la prière, l’aboutissement de tout l’itinéraire spirituel ? Si on fait confiance à la prière du pharisien, il ne commet aucun mal et pratique le bien ; le Seigneur peut être fier de lui ! Le publicain est lui aussi dans la vérité en demandant au Seigneur de prendre pitié du pécheur qu’il est. Le sentiment qui domine en lui est celui d’un grand manque, d’un échec ! « Il n’osait pas lever les yeux vers Dieu, et se frappait la poitrine ! » Pourquoi la prière du publicain est-elle reçue favorablement, et pas celle du pharisien ?

Peut-être, parce qu’il est plein de lui-même ! Il ne laisse pas la place à Dieu ! Il n’a pas besoin d’être justifié, lui qui s’estime juste. Comment peut-on changer quand on se croit parfait ? Le publicain est fatigué de lui-même, fatigué du péché qui lui colle à la peau. Il n’a qu’un seul désire : changer ! La conscience de son péché l’emprisonne. Il se sent pauvre, impuissant ! Comment sortir de la prison de sa conscience ? Son impuissance, sa pauvreté, c’est cela qui le fait crier vers Dieu, implorer sa miséricorde. Le vide en lui appelle le pardon de Dieu !

Pourquoi le Christ est-il venu vers nous ? C’est pour nous sortir de l’ornière, nous relever, nous donner son pardon. Nous sommes tous le publicain. En nous donnant son pardon, Jésus nous fait entrer dans la communion à son propre Corps, afin que nous devenions Corps du Christ, communion des saints ; un corps où tout se tient par l’Amour qui vient du Christ. Quand nous parlons de Communion des Saints, nous évoquons cette solidarité de la charité où personne ne peut s’approprier le bien qu’il fait comme un brevet de bonne conduite. L’action de grâce du Pharisien consistait à s’approprier le bien accompli, alors que la véritable Action de Grâce est de s’en désapproprier, reconnaissant la grâce de Dieu, et travaillant pour que le Corps se construise.

Père Albert Gambart



 


Le silence de Dieu !

 

14 octobre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 16 octobre 2016, par le p. Albert Gambart.
L’évangile de ce jour met en scène un juge injuste et impie et une veuve pauvre et obstinée. On est en droit de se demander ce qu’un tel juge peut bien avoir de commun avec Dieu.

Le point commun est le pouvoir de répondre à la prière. Le juge inique se laisse fléchir pour obtenir la paix. En est-il ainsi de Dieu ? Que veut nous faire comprendre le Seigneur Jésus à travers cette parabole ?

Il est vrai que dans l’épreuve, nous pouvons éprouver durement le silence de Dieu. Le psalmiste, au psaume 44, exprime ce sentiment avec force : « Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours. Pourquoi détourner ta face, oublier notre malheur, notre misère ? » Nous vivons cette prière de manière forte quelquefois ! Dans ces 8 versets de l’Evangile selon saint Luc, le mot « juge » est employé 3 fois, et le mot « justice » 5 fois. Il est donc question de rendre justice, c’est-à-dire de rétablir dans son droit celui qui réclame justice !

Là, surgit encore une difficulté ! Celui qui réclame justice doit être lui-même juste. Et qui peut se dire juste devant Dieu ? La justice de Dieu ne nous sera-t-elle pas fatale ? Car comme le dit l’Ecclésiaste : « Certes, aucun homme, sur terre, n’est assez juste pour faire le bien sans jamais pécher ». Et comment ne pas frémir lorsque Jésus lui-même sur la croix s’écrie : « Mon Père, pourquoi m’as tu abandonné ? » Lui, le Juste, il a vécu ce silence de Dieu. Mais dans un don total, il invoque le Père : « Entre tes mains, je remets mon Esprit ! » Il est dans les mains du Père, il accepte tout par amour pour l’homme.

Saint Paul, dans l’Epitre aux Romains dit ceci : « Le projet de Dieu était que le Christ soit instrument de pardon, en son sang, par le moyen de la foi… Il voulait manifester au temps présent en quoi consiste sa justice, montrer qu’il est juste et rendre juste celui qui a foi en Jésus-Christ » (Rm3,25-26). Ainsi, le moteur de notre désir de Dieu, c’est la foi dans le Christ. En lui, nous levons les yeux vers le Père. En lui, notre prière s’ajuste et se pacifie. Dans le Christ nous devenons justes.

Notre passage d’Evangile se termine par cette surprenante phrase : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Ainsi, c’est la foi dans le Christ qui nous met en contact avec le Père. Par la foi, nous recevons l’Esprit du Père et du Fils. Dans le don de l’Esprit, nous devenons justes. Alors au cœur de nos vies, qu’elles soient tumultueuses ou fatiguées, tournons les yeux de notre foi vers le Christ. En lui notre prière devient juste, en lui elle est accueillie par le Père qui nous fait le don de l’Esprit. Il faudrait changer le titre de cet édito et écrire « la Foi du Juste ».

Père Albert Gambart



 


Le jubilé de la Miséricorde

 

7 octobre 2016 2016 par Charles Gazeau

Editorial du dimanche 9 octobre 2016, par Charles Gazeau, diacre.
À l’occasion du Jubilé de la Miséricorde, le pape François invite à Rome 6 000 européens, des personnes de la rue ou l’ayant connu, pour participer à FRATELLO, festival de la joie et de la miséricorde.

Du 11 au 13 novembre 2016, trois journées qui auront chacune pour thème : Dieu pardonne, Dieu console, Dieu espère. Le pape nous enseignera le vendredi 11 puis célèbrera l’eucharistie avec les pèlerins le dimanche 13 dans la basilique Saint-Pierre. Ce temps à Rome conclura l’année du jubilé de la miséricorde.

Cette invitation du pape François manifeste l’importance de la place des plus pauvres au cœur de l’Église, pour nous dire « Les pauvres sont l’Église ». Cette présence dans nos communautés nous invite à rencontrer Celui qui s’est fait pauvre pour que nous devenions riches par sa pauvreté.2c 8,9

Ce pèlerinage nous appelle, riches et pauvres, à la conversion. Mon ministère diaconal m’a offert d’être témoin de la richesse des paroles des plus petits, aimés du Seigneur, des paroles qui attestent ce que Jésus dit dans sa prière « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » Mt 11,25. Oui, les pauvres nous évangélisent. Leur rencontre m’a converti.

Neuf personnes accompagnées par l’association Cœur du Cinq participeront au pèlerinage FRATELLO.

Elles vous invitent à le vivre avec elles, en les rencontrant, en priant avec elles, en les parrainant, en les aidant à financer leur voyage et leur séjour. Deux soirées de préparation à ce pèlerinage sont prévues, l’une réunissant tous les pèlerins parisiens le 17 octobre dans l’église Notre Dame des Champs à 20h, l’autre pour les pèlerins de Saint-Médard, le 4 novembre dans notre église à la messe de 19h suivie d’un temps de partage. Vous y êtes fraternellement invités.

Dans la joie libératrice de la Miséricorde.

Charles GAZEAU, diacre



 


’Réveiller en nous le don gratuit de Dieu’

 

30 septembre 2016 2016 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 2 octobre 2016, par le p. Aloys Shanyungu.
« Augmente en nous la foi ! », demandent les disciples à Jésus. Il y a là franchement une belle prière de tous les jours. Et le Christ de répondre : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’’ ; il vous obéirait. » (Luc 17,6)

Un thème commun traverse les lectures de ce dimanche : celui de « la foi ». Mais qu’est-ce que la foi ? Sommes-nous certains d’avoir la foi en Dieu et en son Fils, Jésus-Christ ? Nous sommes évidemment des « croyants » ! Si nous ne l’étions pas, nous ne serions pas venus pour célébrer l’Eucharistie en mémoire du Christ. Mais « être croyant » signifie « avoir des croyances » ; le fait de « posséder des croyances » n’est pas la même chose que « avoir la foi ». La foi est confiance totale. Et nous ne pouvons avoir confiance totale qu’en quelqu’un que nous connaissons intimement, quelqu’un avec qui nous avons une relation personnelle profonde, quelqu’un que nous aimons. 

La vie de celui qui se met vraiment au service de l’Evangile est sans cesse tissée de sentiments contradictoires. Parfois c’est l’écrasement : partout le mal triomphe ; l’humanité paraît impossible à « soulever », alors que la véritable foi, selon les paroles paradoxales de Jésus lui-même, est capable de « soulever les montagnes », de « déraciner les arbres » ! Mais, c’est parfois aussi l’expérience brûlante de la puissance de la foi : l’amour, la rencontre, la réconciliation. La force de la foi ne vient pas de nous, mais du Seigneur. C’est un don.

Pour les chrétiens, « avoir la foi » en Jésus Christ, c’est accepter d’être guidés par Lui et même, à certains moments, d’être portés par Lui sur ses épaules, souvent sans savoir exactement où il nous conduit. C’est accepter que, chaque fois qu’il entre dans notre vie, notre existence s’en trouve entièrement changée. Ce fut l’expérience des prophètes de l’Ancien Testament (Elie, Ezéchiel, Elisée, etc.). Confronté à la tentation du découragement, le prophète Habacuc reçoit l’appel de « tenir bon » dans les épreuves : il lui faut espérer et rester confiant dans le Seigneur. S’adressant à Timothée, alors qu’il approche du terme d’une vie d’épreuves, Paul tient à lui rappeler qu’il est bien équipé pour annoncer la Bonne Nouvelle, sans peur, puisqu’il a reçu un « esprit de force, d’amour, de pondération ».

In fine, nous avons l’expérience inouïe de la Vierge Marie, dont la vie fut radicalement transformée lorsqu’elle reçut en elle le Verbum Dei et devint, par son humble acte de foi, la « Mère de Dieu », et notre divine Mère. N’oublions pas que ce mois d’octobre lui est consacré !

Abbé Aloys Shanyungu



 


Toussaint,Tous Saints

 

28 octobre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du mardi 1er novembre 2016, par le p. Albert Gambart.
Ce jour de la Toussaint, nous fêtons la communion des saints, c’est-à-dire toutes celles et ceux qui ont marché à la suite du Christ au souffle de son Esprit jusqu’à la maison du Père. Nous, nous sommes encore sur la route, mais aspirés par un tel souffle, soyons fermes sur ce chemin !

En la fête de la Toussaint, je vous propose de lire le récit des béatitudes à la lumière de la prière que Jésus lui-même nous a enseignée.

Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux ! Le pauvre de cœur est celui dont le cœur, vidé du désir de richesse, n’attend qu’une seule chose : le Royaume des cieux. C’est ce qu’il exprime en disant : « Notre Père, qui es aux cieux !"

Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ! Lorsqu’on aime vraiment le Christ, Fils de Dieu, quelle souffrance que le Nom de Dieu soit moqué, ridiculisé. La prière jaillissant d’un cœur qui pleure est vraiment : « que ton Nom soit sanctifié ».
Heureux les doux, ils recevront la terre en héritage. « Que ton règne vienne », le doux exprime son désir d’habiter la terre de Dieu, la terre où la violence est vaincue !
Heureux ceux qui ont faim et soif de la Justice, car ils seront rassasiés. La volonté de Dieu, c’est que tout homme soit sauvé et parvienne à la connaissance de la vérité ! Celui qui a soif de Justice voit l’homme comme Dieu le voit, il communie à Sa Volonté !

Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde. Chouraqui traduit « miséricordieux » par « matriciels », comme des entrailles de mère qui donne la vie. Quand nous demandons notre pain quotidien, de quel pain s’agit-il ? Peut-être de celui qui fait naître l’Eglise, Corps du Christ, Communion des saints : l’Eucharistie.
Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu. Le Cœur pur, c’est celui dont les péchés sont remis. Alors, il s’ouvre à la lumière de Dieu et il marche jusqu’à le rencontrer !
Heureux les artisans de paix, ils seront appelés Fils de Dieu. L’artisan de paix, c’est celui qui est capable de pardonner comme Jésus pardonne. Celui-là mérite vraiment d’être appelé « Fils de Dieu ».

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux. Subir la persécution, c’est risquer de trahir, comme Pierre ! Mais si L’Amour du Seigneur est plus fort en nos cœurs que toute tentation, nous marchons vers la vraie joie et la véritable allégresse, là où nous serons vraiment délivrés du mal !

Ces béatitudes que nous demandons en disant le Notre Père. Puissent-elles vraiment être chemin de sainteté, afin que nous devenions Tous Saints !

Père Albert Gambart



 


Lazare à notre porte

 

23 septembre 2016 2016 par Père Benoit Strebler

Editorial du dimanche 25 septembre, par le p. Benoît Strebler.
La parabole de Lazare et du riche peut être reçue comme un commentaire de la sentence qui clôturait dimanche dernier la lecture de l’évangile : "Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent".

Saint Luc insiste et revient souvent sur cette antinomie entre Dieu et l’argent, entre la richesse et la pauvreté. Ce n’est évidemment pas pour condamner les riches mais pour les appeler à la conversion. Ce n’est pas pour leur demander de vivre dans le dénuement mais pour leur demander de mettre leurs biens au service des autres.

Mais, cette parabole, dans le réalisme de son propos, fait image pour nous et nous savons bien que dans notre vie, il y a à notre porte des pauvres qui sont d’une certaine façon la concrétisation de la figure de Lazare : des hommes, des femmes, des enfants qui n’ont pas de quoi subsister, qui sont rejetés des préoccupations de la société comme des êtres que l’on ne veut pas ou que l’on ne veut pas voir. On en abandonne le soin au hasard de la rue ou des circonstances qui peuvent prendre la forme de ce chien léchant les plaies de Lazare tandis que le riche profite de ses soins sans un regard pour cet homme à sa porte.

Ce tableau affligeant est dressé pour solliciter notre conversion. Sans une écoute attentive de la Parole de Dieu, nous connaîtrons les mêmes déboires que le riche au séjour des morts mais nous connaîtrons également des déboires plus immédiats qui ne manqueront pas de se produire dans notre société, dans notre monde et donc à notre porte. 

P. Benoît Strebler



 


Jésus disait à ses disciples !

 

16 septembre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 18 septembre 2016, par le p. Albert Gambart.
La semaine dernière, Jésus parlait à ses disciples à travers les paraboles de la miséricorde, la brebis perdue, la drachme perdue et le fils prodigue. Ce dimanche, Jésus enseigne ses disciples avec une étrange histoire, dont les acteurs sont loin d’être exemplaires :

un maître riche, et qui de manière un peu cynique fait l’éloge de son gérant malhonnête, un gérant voleur et manipulateur, qui utilise l’argent de son maître pour acheter la bienveillance des gens susceptibles de l’accueillir. Quelle leçon tirer de cet enseignement ?

Comme le signale le début de cet évangile, Jésus parle à ses disciples, donc à des gens ouverts à son enseignement. Il faut comprendre ce que Jésus veut nous dire au-delà de l’histoire racontée. L’éloge que fait le maître de son gérant malhonnête n’est pas, de la part de Jésus, une apologie du vol et de la manipulation mais plutôt un étonnement devant l’ingéniosité de l’homme, lorsqu’il s’agit de sauver sa vie. Alors, ce gérant devient généreux avec l’argent de son maître, argent qu’il détournait à son profit ! Et le maître trouve habile cette attitude car, devant la nécessité en laquelle il se trouve, le choix du gérant à deux conséquences : susciter la bienveillance à son égard mais aussi permettre à d’autres de vivre, en réduisant leur dette.

Peut-être est-ce là le sens profond de cette parabole : le choix pour la vie ! La remise de la dette ! Le gérant malhonnête voit rapidement où est son intérêt. Le partage qu’il fait des biens de son maître n’est pas désintéressé puisque c’est pour survivre qu’il le fait. Il trouve son intérêt à partager ! Jésus, lui, est venu en annonçant le Royaume de Dieu, en guérissant les malades et en chassant les démons. Il vient pour racheter la dette qu’est le péché de l’homme, afin que l’homme choisisse enfin de vivre de la vie de Dieu. A la différence du gérant malhonnête, Jésus ne garde rien pour lui ! Il nous donne tout l’Amour de Dieu, jusqu’à sa propre vie. Il est la Générosité de Dieu pour nous. Nous, nous sommes, les troisièmes personnages de cette parabole, ceux qui ont des dettes envers le maître, ceux dont le Christ rachète la dette en leur donnant la vraie vie !

Le prophète Elie interpelait ainsi le peuple d’Israël : « jusques à quand clocherez vous des deux jarrets ? Si c’est le Seigneur qui est Dieu, allez à sa suite ; si c’est Baal, allez à sa suite ! » (1R18,21) Si nous choisissons de suivre le Christ, de recevoir la vie qu’il nous donne, alors à notre tour nous devenons les gérants de cette vie. Nous suscitons la joie d’être sauvé dans le cœur de celles et ceux qui découvrent, grâce à notre « gérance généreuse », cette vie qui vient du Père. C’est à ses disciples que Jésus parlait ainsi, pour qu’ils choisissent vraiment de le suivre et renoncent à être dominés par l’amour de l’argent et du monde ! On ne peut pas servir deux maîtres, Dieu et l’argent !

C’est à nous qu’il parle aujourd’hui, pour que nous devenions vraiment ses disciples, généreux annonciateurs de sa Parole de libération !
Alors, nous devenons disciples missionnaires !

Père Albert Gambart



 


Regarde son visage

 

7 septembre 2016 2016 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 11 septembre 2016, par le p. Bernard Bommelaer.
Ecoutons un peu nos premières réactions, celles qui montent en nous sans trop que nous y pensions, au terme de certains conflits : « Il est parti, eh bien, qu’il se débrouille ! » …

« Elle en fait à sa tête, très bien : qu’elle mange de la vache enragée, après on verra. » … « On en a perdu un. Qu’importe, il y en a d’autres ! » … De plus, dans ces réactions, il y a ce que nous prenons pour du bon sens et de la sagesse éducatrice que nous justifions au nom d’une certaine efficacité.

Si je persiste dans ce type de réaction, je ne suis pas sûr de pouvoir relever la tête et regarder en face celui dont j’ai ainsi parlé. J’ai tiré un trait sur ma relation avec lui, et il n’existe plus guère pour moi. Je me désintéresse de son présent et je n’ai plus le cœur à envisager un avenir possible avec lui et même pour lui. Désormais il est aux oubliettes et ce n’est plus mon problème ! Celui dont je parlais, pour moi n’a plus de visage : ah, enfin ma vie s’allège et je dis que tout cela ne me concerne plus !
Mais au fait, que nous fait voir la liturgie d’aujourd’hui ?

Il s’agit de Moïse qui demande au Seigneur de se souvenir d’Abraham, d’Isaac et d’Israël (= Jacob), c’est-à-dire de regarder son peuple dont ils sont les patriarches ; or ce peuple s’est détourné de Dieu et est devenu idolâtre. C’est encore le pécheur qui demande à Dieu de le laver, le purifier, de créer en lui un cœur pur. C’est aussi Jésus qui accueille les publicains et les pécheurs et leur fait bon accueil, ce qui scandalise les ‘bien-pensants’. Dieu regarde son peuple, peuple de pécheurs, Jésus accueille celles et ceux qu’on montre du doigt et qu’on rejette, et ces derniers sont à l’aise auprès de Jésus.

Il y a parfois tristesse et colère sur le visage du Père ou sur celui de Jésus, mais l’Espérance y est toujours présente. N’est-il pas celui qui se met en route jusqu’à ce qu’il ait trouvé celle qui s’est égarée, ou encore qui sans se lasser, scrute la route et l’horizon car il sait que celui qui est parti reprendra la route : demain, ou plus tard ou peut-être aujourd’hui il le serrera dans ses bras et regardera avec amour et tendresse le fils retrouvé.

Nous sommes disciples, ou devrions l’être ! Pour suivre effectivement Jésus, nous avons à rejeter tout ce qui nie, occulte ou abîme la relation avec autrui. Mon voisin, celui avec qui je travaille, celui que je croise a toujours un visage, et ce visage est beau : Icône du visage du Christ ! Il y a des situations difficiles, bloquées, mais l’Espérance n’est jamais morte. N’oublions pas : « Ton frère était mort, et il est revenu à la vie. » P. Bernard Bommelaer



 


« Être disciple » !

 

2 septembre 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 4 septembre 2016, par le p. Albert Gambart
L’évangile que nous entendons ce dimanche de rentrée est vraiment difficile à comprendre. Jésus demande de le préférer à tout ce qui fait notre vie. Cette demande paraît exorbitante.

Cela me rappelle l’homme riche de l’Evangile auquel Jésus dit : « Si tu veux être parfait, vas, vends tout ce que tu possèdes et suis-moi ». Et l’homme s’en alla, tout triste. Je le comprends, car la demande du Christ paraît hors de proportion.

Il m’a aussi rappelé que lors d’une formation, j’avais été très intéressé par le document final émanant de la Ve Conférence générale des évêques d’Amérique latine et des Caraïbes qui s’est tenue à Aparecida au Brésil, en 2007. Ce document insistait sur le fait que le chrétien doit être disciple missionnaire ! « Les disciples sont missionnaires », « La vocation à être disciple missionnaire du Christ est ‘con-vocation’ à la communion dans son Église ». « Il n’y a pas de disciple sans mission. »

Mais qu’est-ce que la mission ? Lorsque j’étais au petit séminaire, on nous demandait de témoigner du Christ, de ne pas garder notre drapeau dans notre poche ! Cela me rendait très mal à l’aise. J’avais l’impression de jouer un rôle qui ne m’allait pas, de dire des paroles qui ne me convainquaient pas ! Et puis, un peu comme les disciples d’Emmaüs, j’ai découvert le Christ vivant, sur mon chemin, avec la conviction qu’il est vivant, ressuscité, qu’il nous pardonne nos péchés et nous donne la vie en abondance. Depuis ce temps de conversion, le témoignage a jailli de mon cœur, avec le désir de suivre le Christ. Répondre à cet Amour de Dieu qui se propose, c’est entrer en alliance avec lui, c’est devenir son disciple.

Choisir le Christ, ce n’est pas détester toute sa famille, ce n’est pas maudire le monde et s’enfermer dans sa tour d’ivoire ! C’est désormais voir tout et tous dans la lumière de cette Alliance ineffable. Etre son disciple, c’est vivre de la vie et de l’Amour du Christ et en témoigner. Cette lumière que nous portons ne peut pas être cachée !
Alors l’amour que nous avons les uns pour les autres se purifie. Ce n’est plus un amour de dépendance, une passion enfermante ou un désir effréné de posséder ! Comme Jésus le dit à la Samaritaine : « Celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. »

Ainsi, « être disciple du Christ », c’est apprendre à aimer l’autre de l’Amour même de Dieu, devenir source jaillissante de vie. Et ça, c’est être missionnaire !

Père Albert Gambart



 


"Rassasie-nous de ton amour au matin"

 

30 juillet 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du mois d’août 2016 par le p. Albert Gambart.
Cette parole du psaume 89 que nous chantons ce dernier dimanche de juillet résonne à mes oreilles de manière étrange.

A la fin de ce mois de juillet terrible, l’attentat de Nice et l’assassinat du père Jacques Hamel viennent s’ajouter à la longue liste des crimes déjà commis en notre pays et à travers le monde par cette entreprise du mal qu’est l’Etat Islamique. Alors, cette phrase « Rassasie-nous de ton amour au matin ! » m’est apparue bien décalée ! On a plutôt envie de dire : « Mais que fait Dieu contre le mal, s’il est l’Amour ? »

Le père Jacques Hamel est mort en célébrant la messe, ce mardi matin à 9h30. Les quelques personnes autour de lui entraient en cette communion toute simple et pourtant immense, source et sommet de notre foi chrétienne. Ils étaient rassemblés ce matin-là, pour puiser à la source de l’Amour. En effet, nous, Chrétiens, croyons que le Christ, le Fils de Dieu, est venu donner sa vie pour nous. Il le prouve à travers ces jours qui ont marqué l’histoire des hommes : le jeudi saint, lors du repas de la Pâque, il se présente et se livre comme l’Agneau immolé pour tous. Le vendredi saint, il subit la mort en intercédant pour les meurtriers : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Le dimanche de Pâques, il ressuscite, ouvrant ainsi le chemin du pardon à tous : son cœur ouvert devient source de l’Amour. Le Christ est vivant, l’Amour ne peut pas mourir ! Relisez la lettre aux Colossiens de ce jour : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut !... Faites mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre… et cette soif de posséder qui est une idolâtrie…. Débarrassez-vous de l’homme ancien et de ses façons d’agir ! » Le père Jacques a donné sa vie alors qu’il célébrait la Résurrection du Christ et le Salut de l’homme. Il est mort en célébrant la Vie.

Depuis 2000 ans, l’Eglise proclame ce message : « Christ est ressuscité, Alléluia ! » Depuis 2000 ans, des hommes et des femmes ont donné leur vie pour témoigner de cette Vie du Christ plus forte que la mort. Le père Jacques a été mis à mort parce qu’il célébrait la messe ! C’est notre Foi qui est attaquée ! La Croix est présente aujourd’hui comme hier. La stratégie du mal, c’est de faire régner la peur, et par l’angoisse qui en suinte, provoquer la colère, puis la violence. La stratégie du mal, c’est de dresser les hommes les uns contre les autres et de créer le chaos ! Croire dans le Christ, c’est sortir de l’affrontement, mettre fin à la violence et d’abord à celle qui nous habite.

Que faire alors ? Se laisser tuer ? L’Evangile apporte une réponse. Le Christ Jésus ne veut pas se faire juge dans le partage d’un héritage. Il n’est pas venu instituer une religion qui définisse la loi des peuples. Il est venu rencontrer chaque personne, chacun d’entre nous, afin que nous nous convertissions et que nous sortions de l’esprit de mépris, de colère ou de domination. Dans cet élan de conversion, il revient aux hommes, c’est-à-dire à chacun de nous, de construire la société de manière humaine. L’homme est responsable de la Création. Et on ne construit jamais aussi bien que lorsque l’on aime vraiment.

Alors cette prière devient essentielle : « Rassasie-nous de ton amour au matin » !

Père Albert Gambart



 


Paix à cette maison !

 

1er juillet 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du mois de juillet, par le p. Albert Gambart
Ce dimanche, dans l’évangile de Luc, Jésus envoie les 72 disciples en mission. Il les appelle certainement parmi les personnes qui le suivent. Le chiffre 72 pourrait indiquer aussi le nombre des nations connues de l’époque ; comme pour manifester l’ouverture au monde du message du Christ.

La mission n’est pas réservée aux seuls apôtres, mais elle concerne aussi les autres. Nous sommes tous appelés à devenir disciples. Un mot caractérise l’esprit de la mission, c’est le mot « Paix » ! « Paix à cette maison ! » « S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui. Sinon, votre paix reviendra sur vous. » La semaine dernière, Jacques et Jean voulaient faire tomber le feu du ciel sur la maison des samaritains parce qu’ils refusaient de recevoir Jésus et ses disciples. Et Jésus se retournant, les avait vertement réprimandés. Ainsi, les disciples ne sont pas chargés de porter la guerre, mais la paix, cette paix qui revient sur eux en cas de refus. Qu’est-ce que cela veut dire sinon que le refus qui leur ait opposé ne provoque plus en eux colère, violence et amertume. Les disciples demeurent dans la paix, car le jugement revient à Dieu. Ainsi, Jésus intercédera pour ses bourreaux, ceux-là même qui le clouent sur la croix : « pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

C’est en entendant cet évangile que saint François a compris le sens de sa mission. C’est à cette lumière-là qu’il a découvert ce qu’était la véritable pauvreté. Ce n’est pas par la force des armes, ou par la puissance du langage, ou par le prestige de la culture que la foi dans le Christ Ressuscité se transmet, mais par cette manière constante de souhaiter et donner la paix et de joie qui viennent du Christ à tous ceux qui veulent bien l’accueillir. La devise de saint François n’est-elle pas : « Pax et Bonum » ?

Nous allons partir en vacances, un temps propice au repos, à la famille, à la rencontre. Comment demeurer disciples, alors que nous partons en vacances ? Pouvons-nous nous mettre en vacances de la foi qui nous habite, en vacances de Dieu ? Ma prière pour chacun de nous serait plutôt la suivante :

« Seigneur, nous partons en vacances, et toi, tu demeures notre compagnon sur la route. Puisse ce temps être un temps de repos, d’apaisement, de sourire ! Que ton Esprit fasse de chacun de nous des témoins de ta paix, porteurs de ta joie. Que ta Parole habite nos cœurs, et que nous gardions toujours le désir de te rencontrer dans la prière, dans l’Eucharistie, dans le partage avec les autres. Seigneur Jésus, toi qui es toujours avec nous, permet que nous ne nous éloignions jamais de toi ! »

Père Albert Gambart



 


"Sous la conduite de l’Esprit Saint !"

 

24 juin 2016 2016 par Père Albert Gambart

L’année scolaire va se terminer, et beaucoup d’entre nous pensent aux vacances, prendre la route, trouver de l’air dans sa vie et de la liberté dans son agenda ! Les lectures de ce jour nous invitent au voyage, ou plutôt à la pérégrination à la suite du Christ Jésus.

Dans le premier livre des Rois, Elie met Elisée en route. « Elisée se leva, partit à la suite d’Élie ». Le psaume 15 nous oriente vers Celui qui connaît ce chemin : « Tu m’apprends le chemin de la vie ! » L’épitre aux Galates le nomme : « Marchez sous la conduite de l’Esprit Saint ! » Dans l’évangile de Luc, c’est Jésus lui-même qui se met en chemin : « Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. » L’expression « visage déterminé » ne rend pas suffisamment compte de l’acceptation par Jésus du chemin qui se présente à lui. Le mot à mot en grec donnerait plutôt ceci : « La face durcie pour se rendre à Jérusalem ». Ainsi, par ses mots, Luc manifeste le chemin du Christ, chemin qui va le conduire au grand passage de la croix vers la Vie.

Dans toutes les lectures de ce jour, ce mouvement vers la Vie, vers le Royaume, est présent. Dans le livre des rois, Elisée quitte son métier et ses parents pour marcher à la suite d’Elie. Il le fait librement ! Le psaume 15 exprime avec force la joie qu’il y a à répondre à l’appel du Seigneur, qui nous mène vers le Royaume : « Je n’ai d’autre bonheur que toi, devant ta face débordement de joie ! » L’apôtre Paul nous engage à nous secouer du joug de l’esclavage, égoïsme, haine de l’autre, à nous lever et à marcher à la lumière de l’Esprit : cette marche nous rend libre, affranchis de la loi et de la condamnation. Luc montre le sens de ce chemin et son aboutissement : chemin à la suite du Christ qui nous mène sûrement vers la maison du Père. Il s’agit de regarder en avant, de suivre le sillon que le Christ Jésus a creusé. Se lever, marcher ! Se décrocher de ce qui nous enchaîne et nous emprisonne ! Savoir accueillir l’Esprit Saint qui nous donne la force pour accomplir le pèlerinage.

Ce pèlerinage, le père Joseph et le père Vincent vont le poursuivre ! Ce dimanche, nous leur disons merci pour leur présence et leur action dans notre paroisse. Dès le début de juillet, le père Vincent va partir vers le Viet Nam, où son évêque l’appelle. Le père Joseph partira un peu plus tard, dans le courant du dernier trimestre 2016, le temps de terminer son mémoire. Tous deux continuent leur chemin, à la suite du Christ.

Si vous partez en vacances, je vous souhaite du repos et de l’amitié. Je vous souhaite aussi de prendre le temps de la prière. Rencontrer Dieu emplit nos vies de paix et de joie. Si vous restez à Paris, j’espère vraiment que notre ville va retrouver une ambiance de calme et de paix, pour que vous vous y sentiez bien. Et que la bénédiction du Seigneur soit sur nous tous, pour que nous avancions toujours à la lumière de son Esprit !

Père Albert Gambart



 


Pour toi, qui suis-je réellement ?

 

17 juin 2016 2016 par Père Aloys Shanyungu

Editorial du dimanche 19 juin 2016, par le p. Aloys Shanyungu.
Nous désirons souvent un être ayant tout pouvoir, capable de bouleverser d’un seul coup l’état des choses et d’établir instantanément la justice et le droit (tels que nous les concevons évidemment) ! Jésus vient donner réponse aux vœux les plus profonds de l’homme.

Mais, pour cela, il bouscule notre rêve, nous déconcerte. « Autre » que nous ne le voulons, il nous bouscule véritablement. C’est pour cela qu’il ne peut qu’être bafoué et rejeté ! Aussi se mettre à sa suite est-il très exigeant. Il nous faut de l’audace car, avec Lui, il faudra passer par un abîme de souffrances pour atteindre la gloire du Royaume.

On ne peut entrer dans ce royaume qu’à la condition de « se renier soi-même » et de « donner sa vie » : « Celui qui veut marcher à ma suite, dit Jésus à ses auditeurs, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive » (Luc 19, 23). En fait, c’est à un jeu de « quitte ou double », de « qui perd gagne », dirait-on, que Jésus invite la foule qui l’écoute, et ceux qui veulent vraiment se mettre à sa suite. « Sauver sa vie », c’est rechercher son propre épanouissement par des moyens humains à notre portée (culture, santé, goûter à tous les plaisirs possibles, etc.) C’est bien ce que notre monde préconise…

La question de Jésus « Pour vous qui suis-je ? » n’est pas curieuse ou affectueuse de la part d’un Maître ; c’est une vérification capitale et existentielle. Si vous ne pressentez pas qui JE suis, voudrait signifier Jésus, vous ne pourrez pas entrer dans la relation absolument unique qui doit vous lier à MOI. Nous voilà donc conviés à « tamiser » nos idées sur Jésus, chaque fois que nous lisons l’Evangile, et que nous essayons tant bien que mal de le vivre. « Qui SUIS-JE pour TOI, en ce moment ? », nous demande encore Jésus. Notre relation à Lui devient une recherche permanente d’une double identité : « Qui suis-je, Moi, maintenant ? » et « Qui est Jésus, pour moi, aujourd’hui ? » C’est d’ailleurs la vérité de toute relation, un réajustement réciproque, car les deux changent. Faisons nôtres ces paroles (qui sont en même temps « prière ») du Psalmiste : « Seigneur, ton amour vaut mieux que la vie ; tu seras la louange de mes lèvres ! » (Ps 62, 4). 

Abbé Aloys Shanyungu



 


"Que le Seigneur soit votre joie"

 

11 juin 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 12 juin 2016, par le p. Albert Gambart.
L’évangile de ce dimanche nous révèle qui est véritablement Jésus. Simon, le pharisien a invité Jésus, sans doute pour mieux le connaître, se faire une idée sur cet étrange prêcheur.

Au spectacle de cette femme touchant les pieds de Jésus, il se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse ! ». La réaction de Simon recèle deux jugements. Le premier jugement : si cet homme Jésus était vraiment un prophète, Dieu lui dirait qui est cette femme, et il la condamnerait ! Ce n’est donc pas un prophète ! Le second jugement : cette femme est une pècheresse, et elle doit être condamnée.

Simon connaît la loi, et la loi condamne de telles femmes. Ce n’est pas lui qui a fait la loi : elle vient de Dieu. D’autre part, la femme est une prostituée notoire. Elle est donc condamnable aux yeux de la loi. Simon est sûr de son bon droit, comme Saul l’était sur le chemin de Damas. La loi est pour lui. Mais il n’a pas perçu que cet homme, ce Jésus, est au-delà de la loi, et non en deçà !

Jésus, invite Simon à élever son regard au-delà de la loi. Il parle du maître qui remet la dette aux deux débiteurs. Lequel l’aimera le plus ? Celui dont la plus grande dette est remise, bien sûr. Mais les deux hommes sont débiteurs et l’amour du maître les rejoint tous les deux. Jésus introduit la notion d’amour qui remet la dette, autrement dit, le pardon. La femme a perçu en Jésus cet amour qui remet la dette, un amour gratuit qu’elle n’a jamais connu, elle qui vit une situation ou l’amour est un commerce. Elle connaît son péché comme on reconnaît une addiction qui nous rend esclave, mais elle ne peut s’en sortir. Elle voit en Jésus un amour qui est bien au-delà de la condamnation de la loi, un amour qui est un don inouï, car il pardonne et il relève. C’est un amour qui rétablit dans la dignité la femme blessée.

Quelle reconnaissance et quel amour en retour dans le cœur de cette femme ! La parole de Jésus survient alors comme Parole de Salut. Il dit à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Cela veut dire que Jésus est au-dessus de la loi : il ne condamne pas, il pardonne, car il est le Pardon qui vient de Dieu. Il rétablit la création en harmonie avec le Créateur. « Ta foi t’a sauvée, va en paix ! » L’acte de foi, c’est la rencontre avec le Christ Jésus. Et comme Pierre, nous nous écrions : « Nous croyons, nous, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

Revenu du chemin de Damas, Saint Paul, l’apôtre de feu, exprime lui aussi sa foi en l’Amour qui l’a rejoint, alors qu’il ne respirait que fureur et violence : « Par la Loi, je suis mort à la Loi afin de vivre pour Dieu ; avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. »

Père Albert Gambart



 


L’évangile de la vie

 

11 juin 2016 2016 par Père Benoit Strebler

Edito du dimanche 5 juin 2016, par le p. Benoît Strebler.
En Jésus-Christ, le Père a accompli toutes les promesses qui ont jalonné l’histoire sainte. Cette révélation culmine au matin de Pâques dans la résurrection du Fils de l’Homme, entraînant avec lui tous ceux qui ont mis en lui leur espérance.

C’est dans sa victoire sur la mort et par le don de l’Esprit que Jésus nous révèle le dessein éternel du Père : nous rendre participants de sa vie intime, afin qu’en entrant en communion d’amour avec lui, nous puissions jouir éternellement de la béatitude trinitaire. Telle est notre foi : " par toute sa présence et par la manifestation qu’il fait de lui-même par paroles et oeuvres, par signes et miracles, et plus particulièrement par sa mort et par sa résurrection glorieuse d’entre les morts, par l’envoi enfin de l’Esprit de vérité, Jésus achève en complétant la Révélation, et la confirme encore en attestant divinement que Dieu lui-même est avec nous pour nous arracher aux ténèbres du péché et de la mort et nous ressusciter pour la vie éternelle " (Concile Vatican II, Constitution dogmatique sur la Révélation, Dei Verbum, 4).

La résurrection du fils de la veuve de Naïm apparaît dans l’évangile de saint Luc comme un événement prophétique de cette destinée de gloire qui sera notre héritage, pourvu que nous demeurions enracinés dans la foi.

P. Benoît Streber



 


’Tu fais ta demeure en nous Seigneur ! "

 

11 juin 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 29 mai 2016, Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ - par le p. Albert Gambart.
Ce dimanche, nous fêtons le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ.
Ce dimanche, 56 enfants du catéchisme font leur première communion. C’est une fête d’une grande simplicité et d’une immense dignité !

La communion des enfants répond à cette appel du Seigneur : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent ! » (Marc 10,14) Le mot « communion » exprime la volonté même du Seigneur Jésus de venir nous rencontrer pour se faire connaître à nous à partir de l’amitié profonde qu’il nous porte.

Il veut entrer en communion avec nous. Il l’a dit expressément lors de son dernier repas, lorsqu’il prit le pain et le vin en disant : « prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous. Prenez et buvez, ceci est mon sang versé pour vous ! Faites ceci en mémoire de moi. » Dans l’évangile de ce jour, les apôtres ne savent pas comment faire pour nourrir toute cette foule. Alors que les disciples veulent renvoyer la foule, Jésus fait des cinq pains et des deux poissons la nourriture pour tout le peuple. Et il dit aux apôtres : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Aujourd’hui, comme hier, Jésus nous nourrit du pain qui fait vivre notre foi. Les prêtres, comme les apôtres, sont là pour que chacun ait part à ce repas qui vient du Christ lui-même. Mais ce n’est pas un repas comme les autres ! C’est Jésus lui-même qui se donne le Jeudi Saint dans le pain et le vin, et le Vendredi Saint dans le don de sa vie, quand son corps et son sang se séparent jusqu’à la dernière goutte ! C’est sa vie qu’il nous donne le dimanche de Pâques, sa vie de Ressuscité, source éternelle d’amour et de paix !

J’aime beaucoup la manière dont Maurice Zundel (prêtre et théologien) parle de l’Eucharistie. « L’Eucharistie ! C’est là peut-être que les chrétiens se sont le plus mépris. C’est là qu’ils ont cédé à une tentation si naturelle de mettre le sacré en dehors d’eux-mêmes, de rebâtir un temple de pierre, de reconstruire un tabernacle de métal précieux et d’y enfermer Dieu, comme un objet, en s’inclinant devant cet objet devenu extérieur à eux-mêmes, en fermant la porte avec des grilles d’or et en retournant à leurs affaires en laissant la Sainteté enfermé dans le temple. » (Vie, mort, résurrection, M. Zundel, Ed. Anne Sigier, p. 86)

L’Eucharistie n’est pas faite pour rester dans le Tabernacle. Elle est faite pour que nous la recevions ! Elle est faite pour nous donner la Vie qui vient de Dieu ! Elle est là pour que nous soyons en communion avec le Christ, vivant de son Esprit. Les enfants qui font leur première communion aujourd’hui nous invitent à rajeunir dans notre foi et à accueillir le Royaume avec la joie, la simplicité et l’enthousiasme des enfants !

Père Albert Gambart



 


Au nom du Père

 

21 mai 2016 2016 par Père Joseph VU

Editorial du dimanche 22 mai 2016, Solennité de la Sainte Trinité - par le p. Joseph Vu.
Le signe de la Croix est très connu par les chrétiens. Nous faisons ce signe au début de la prière ou pendant les célébrations liturgiques.

Il nous rappelle non seulement le salut réalisé par Jésus à travers sa mort dans l’obéissance à son Père sur la Croix mais aussi notre confession de foi en Dieu -Trinité : « Au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. Amen ».

En fait, le signe de la Croix est l’identité de chaque chrétien. Au jour de notre propre baptême, l’eau est versée sur nous par le ministre de ce sacrement, en disant : « N. Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit. ». Grâce à ce baptême, nous devenons des nouvelles créatures : nous devenons ‘enfants de Dieu’ et en recevant l’Esprit Saint, nous participons également aux fonctions prophétiques, royales et presbytérales du Christ. Tout au long de notre vie, nous sommes invités à imiter l’exemple de Jésus, le Fils Bien-Aimé du Père qui l’écoute toujours et lui obéit, et à laisser l’Esprit Saint nous accompagner à chaque instant de la vie. Jésus lui-même nous apprend que : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure » (Jn 14, 23). 

Chaque fois que nous faisons le signe de la Croix, nous proclamons notre foi en Dieu Le Père, Créateur du ciel et de la terre ainsi que de toutes les créatures visibles et invisibles ; en Jésus son Fils qui a été envoyé pour nous sauver et nous libérer du mal, du péché et de la mort ; en Esprit Saint, Celui qui est considéré comme Paraclet, Consolateur et Défenseur, lui qui nous apprend à accéder à la vérité toute entière et qui renouvelle la face de la terre. C’est aussi l’héritage de la foi de l’Eglise laissé par les Apôtres cet héritage qu’ils nous ont transmis.

Fêtant la Trinité, chacun de nous en particulier est invité à devenir le temple du Saint Esprit, la demeure de la Trinité ; chaque famille ainsi que chaque communauté chrétienne est invitée à refléter l’amour vécu entre les Trois personnes de Dieu et à agir en communion avec les autres comme la Trinité a fait pour notre humanité. « Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Amen.

Père Joseph Vu



 


Le temps de l’Esprit Saint - temps des ’sacrements’

 

17 mai 2016 2016 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 15 mai, Solennité de la Pentecôte - par le p. Bernard Bommelaer.
Ce samedi veille de la Pentecôte, 400 adultes et plus sont confirmés en la cathédrale Notre-Dame, 25 jeunes le sont aujourd’hui à Saint-Médard, tant d’autres dans les églises de France et du monde.

Dans une semaine, ce seront douze ou quinze personnes qui recevront le sacrement des malades. Un peu partout des couples célèbrent le sacrement du mariage et des enfants préparent leur première communion. Fin juin, des diacres seront ordonnés prêtres, et tous les jours nous célébrons la ‘Réconciliation’.

L’Esprit est au travail, non pas pour organiser de belles cérémonies, mais pour permettre à chacun, selon les différents moments de sa vie, de se lancer à la fois dans la profondeur du cœur de Dieu et de vivre l’Evangile de Jésus le Christ là où il est et selon son âge et sa condition.

L’Esprit Saint est présent à chaque sacrement : souvent l’imposition des mains du célébrant en est le signe. Faire de nous des ‘fils’, demeures de la vie même de Dieu, ne peut être qu’un don d’en haut. En notre fragilité, devenir témoins du Christ, de sa vie et de sa parole, souvent dans la bagarre de la vie, au sein de ses responsabilités et de ses engagements, n’est-ce pas un rappel de la première Pentecôte. Au sein de l’eucharistie, l’Esprit Saint est ‘appelé’ sur le pain et le vin et sur l’assemblée. Accueillir la ‘Réconciliation’ comme un don de Dieu et à notre tour en devenir les ambassadeurs, ne serait-ce pas un don de l’Esprit ! Quand les forces commencent à manquer parce que l’âge est là ou que la maladie s’en mêle, continuer d’aimer, de vivre l’ouverture et l’accueil et laisser la force de Dieu agir dans notre faiblesse : quel beau témoignage de l’œuvre de l’Esprit en nous ! Femme et homme, sceller l’alliance de sa vie dans le mariage au sein même de l’Alliance du Christ et de l’Eglise et devenir une ‘petite église’ où le plus souvent des enfants seront appelés à la vie, c’est à la fois un appel et un don habités par l’Esprit. Etre appelé par l’Eglise au Nom du Christ pour annoncer la Parole à tous, pour assembler son peuple et pour célébrer le Seigneur, ce n’est pas quelque chose qu’on se donne à soi-même. C’est un appel du Seigneur et un don reçu de l’Esprit Saint par l’imposition des mains de l’évêque.
Ces temps-ci entourons celles et ceux, de tous âges, qui vivent ces sacrements. Certes, ils sont les premiers concernés mais à chaque fois c’est l’Eglise entière qui est concernée et nous-mêmes également. Par ailleurs chacun de nous a déjà reçu certains de ces sacrements : demandons à l’Esprit Saint de les revivifier et de nous faire découvrir plus profondément encore ce qui nous a été donné. Les dons de Dieu ne sont jamais gommés ou éliminés, parfois nous les avons oubliés ou un peu enfouis. Que l’Esprit Saint vienne sur le monde, sur l’Eglise et en nous et redéploie les trésors de ses dons.

P. Bernard Bommelaer



 


Entre Ascension et Pentecôte !

 

6 mai 2016 2016 par Père Albert Gambart

Editorial du dimanche 8 mai 2016, par le p. Albert Gambart.
Pour les disciples de Jésus, ce temps entre Ascension et Pentecôte est un temps particulier : un temps de prière et d’attente pour une nouvelle naissance. Le passage des actes des Apôtres que nous avons lu le jeudi de l’Ascension relate le moment ou Jésus monte vers son Père.

Ce jour-là, alors que Jésus invite ses apôtres à une attente en leur donnant « l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père », ils lui posent la question suivante : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Cette question donne l’impression qu’ils attendent la restauration d’un Royaume qui aurait déjà existé. Jésus élude la question ; il s’agit d’autre chose. Il leur donne le sens véritable de cette attente : « Vous allez recevoir une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous. Vous serez alors mes témoins ! »

Dix jours après, c’est le jour de la Pentecôte, jour ou la promesse de Jésus à ses apôtres se réalise. Le Fruit de l’attente, c’est le don du Saint Esprit sur les apôtres réunis en prière autour de Marie. Par la force qui vient du Saint Esprit, les disciples témoignent ouvertement et sans peur de Jésus Ressuscité. Durant ces jours, Marie est présente au milieu des disciples, et elle les accompagne dans la prière. La présence de Marie évoque l’Annonciation. Marie se posait alors la question : « comment cela va-t-il se faire ? » L’ange Gabriel lui répondait alors : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du très Haut te prendra sous son ombre… C’est pourquoi Celui qui va naître sera appelé Fils de Dieu. » Marie va répondre : « Voici la servante du Seigneur ! Que tout m’advienne selon ta parole ». Par la force de l’Esprit Saint, Marie devient capable d’assumer la mission inouïe qui lui est confiée : mettre au monde Jésus, Fils de Dieu. Durant ces jours entre l’Ascension et la Pentecôte, elle enfante les disciples à cette vie nouvelle des fils et des filles de Dieu, unis dans l’Amour du Père et du Fils.

La première lecture de ce 7ème dimanche après Pâques nous raconte le martyre d’Etienne. Quelle sérénité et quelle force sont les siennes à cette heure terrible ! « Etienne était face à ses accusateurs. Rempli d’Esprit Saint, il fixait le ciel du regard ! ». Etienne vit ce moment-là dans l’amour de Dieu le plus pur : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ! » Un jeune homme est là, et il garde les vêtements de ceux qui tuent, et il approuve le meurtre d’Etienne. Un peu plus tard, dans la rencontre du Ressuscité, il comprendra le témoignage d’Etienne, et il deviendra l’apôtre Paul ! Le témoignage dans la force de l’Esprit appelle tous ceux qui l’entendent à la conversion, à la Nouvelle Naissance. L’Evangile de ce jour nous montre clairement que la prière de Jésus est source de vie pour nous tous : « Père Saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là. Mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole croiront en moi ! »

Père Albert Gambart



 


A propos du travail de 11 équipes sur la Miséricorde

 

22 avril 2016 2016 par Père Bernard Bommelaer

Editorial du dimanche 1er mai 2016, 6ème dimanche de Pâques - par le p. Bernard Bommelaer.
Communément la miséricorde nous apparaît comme un sentiment chaleureux de bienveillance et de pardon.

Or, en relisant l’Ecriture, nous découvrons qu’il s’agit d’une attitude active et concrète : elle est assortie, bien sûr, d’un sentiment qui prend jusqu’au fond des entrailles. Dieu est comme un père qui agit concrètement pour sauver, faire vivre son peuple, et comme une mère qui nourrit, console, écoute ses enfants en éprouvant leur peine, leur misère et leur espérance, jusqu’au fond de ses entrailles. N’est-ce pas, d’ailleurs, ce que nous voyons en Jésus, en tant de scènes concrètes de rencontres, guérisons, pardon et de remises en route. Alors, nous en tirons la conclusion que si nous parlons de miséricorde ce n’est pas pour aligner de belles phrases pieuses et touchantes, mais pour la pratiquer nous-mêmes ! (Mais combien étions-nous aux conférences sur les migrants et sur les handicapés, qui avaient pour but de nous sensibiliser et nous mettre en route ? 25 paroissiens au maximum … !)

C’est en écoutant et en regardant Jésus agir que nous entrapercevons quelque chose de la Miséricorde du Père. Le Père ne se contente pas d’être juste : il va bien au-delà. Il se met en route, il cherche, il trouve, il fait la fête, il donne à nouveau… au point que nous nous disons que faire miséricorde, c’est le propre de Dieu, et que nous les hommes, nous nous arrêtons à la justice. Il nous faut sans doute creuser encore pour comprendre ce que veut dire que « en Dieu le sommet de la justice est sa miséricorde ! » En regardant dans nos vies, nous apercevons que c’est souvent sur nos lieux de travail que nous devrions l’exercer en priorité (combien de commérage à la cantine sur le dos des collègues au lieu de la pratiquer…). Nos vies familiales qui devraient être le premier lieu d’Amour et de Miséricorde, ne le sont pas toujours. Un gros travail est à faire !

Mais l’Eglise, notre Eglise, est-elle un lieu de miséricorde ? L’exemple du Pape François la pousse dans ce sens…des saints comme Mère Teresa, Saint Vincent de Paul, et d’autres également. En théorie, tout le monde est accueilli dans l’Eglise, mais de fait il y a un gros travail à faire pour que les personnes qui sont personnellement dans des situations difficiles s’y sentent à l’aise ; et pourtant, en droit, elles y ont leur place, une vraie place. Des accueils, des écoutes, des groupes seraient sans doute à créer pour permettre des chemins nouveaux.
Enfin, il semble qu’un certain nombre de personnes redécouvrent le sens et la pratique du sacrement de la Réconciliation, comme un lieu privilégié où se vit en Eglise la miséricorde du Seigneur. C’est une découverte de paix, mais aussi d’un sens très profond. Voici que dans notre vie se ‘plantent’, s’incarnent la Passion et la Résurrection de Jésus : tout le mystère pascal. Un don de Dieu que l’Eglise célèbre pour nous, car notre péché mais aussi la miséricorde qui nous est faite, rejaillissent sur toute l’Eglise.

p. Bernard Bommelaer



 


Le Bon Pasteur est le pasteur miséricordieux

 

16 avril 2016 2016 par Paroisse Saint-Médard

Editorial du dimanche 17 avril 2016, par le p. Vincent Dinh.
Ce dimanche est traditionnellement appelé le « Dimanche du Bon Pasteur », et c’est depuis bien longtemps que Jean-Paul II a choisi ce dimanche comme la Journée mondiale pour les vocations.

En cette année de la Miséricorde Divine, il faut affirmer d’abord que Jésus-Christ, le Bon Pasteur, est l’image du Père des miséricordes. Par la miséricorde, il touche la misère de chaque brebis, surtout, des petits, des malades, des fragiles, des égarés.

« Le Bon Pasteur est le modèle et la "forme" de la charge pastorale de l’évêque, l’évêque peut se montrer indulgent envers les ignorants et les égarés » (CEC 896) : ainsi le Pape François a fait des œuvres miséricordieuses envers des affligés : de la miséricorde viennent ses visites apostoliques en raison des besoins concrets des gens indigènes ; ou des gestes de l’œcuménisme, de l’unité ; ou encore des guides comme l’exhortation apostolique Amoris Laetitia (La joie de l’amour) destinée à la vie familiale et aux divorcés... Comme le Pasteur Suprême, le Christ, qui a donné sa vie aux brebis, le Pape veut faire ainsi.

De même, suivant le Bon Pasteur, tous les ministres de l’Église doivent accomplir avec sa grâce la charge de conduire son troupeau jusqu’aux pâturages du Ciel avec miséricorde. Ils se mettent au service des brebis du Bon Pasteur comme le bon Samaritain.

Quant aux fidèles, ils doivent s’attacher à ces ministres comme l’Église au Bon Pasteur et comme Jésus à son Père (cf. CEC 896). Priez avec ardeur pour eux ; encouragez-les !... Priez aussi afin que l’Église universelle puisse retrouver de nombreuses vocations sacerdotales et religieuses, mais surtout de saintes vocations. C’est l’urgence des urgences pour l’Église d’aujourd’hui. 

P. Vincent DINH



 


Te rencontrer Seigneur, ressuscité

 

8 avril 2016 2016 par Charles Gazeau

Editorial du dimanche 10 avril, 3ème dimanche de Pâques - par Charles Gazeau, diacre

Ces récits des manifestations de Jésus après sa résurrection sont bien déroutants. Est-ce Lui ? N’est-ce pas Lui ? Tous doutent.

Au cénacle, Jésus rejoint ses disciples, les portes étaient fermées par crainte des juifs. Sur le chemin d’Emmaüs, Jésus marche avec ses amis et après avoir rompu le pain disparaît à leurs yeux. Est-ce vraiment si mystérieux que cela ? Je serais tenté de dire que Jésus est un excellent pédagogue pour accompagner ses amis débutants dans leur foi dans le Ressuscité.

Les actes des apôtres, parlant de Jésus, nous disent « Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. »Ac 10, 40-41

Quelques années avant ce récit de lendemain de résurrection, Simon-Pierre et les autres disciples avaient été invités à jeter les filets après une nuit de pêche sans rien prendre puis Jésus les appela à le suivre, ce qu’ils feront pour découvrir et connaître leur maître. Aujourd’hui la scène se répète, c’est le Ressuscité, vivant, qui les invite à jeter, à nouveau, le filet après une nuit de « galère » puis les invite à partager le pain et les poissons disposés sur un feu de braise. Chacun reconnaît le