Paroisse Saint-Médard 75005 Paris
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Vivre le Carême

 

21 février 2018 par Paroisse Saint-Médard

Qu’est-ce que le carême ? Comment vivre son carême ? Quelles démarches peut-on suivre ? Rencontre avec Mgr Michel Aupetit, archevêque du diocèse de Paris qui nous donne quelques pistes de réflexion sur le carême.

http://www.cheminerverspaques.com/



 


Message du Pape François pour le Carême 2018

 

19 février 2018 par Paroisse Saint-Médard

Chers Frères et Sœurs,

La Pâque du Seigneur vient une fois encore jusqu’à nous ! Chaque année, pour nous y préparer, la Providence de Dieu nous offre le temps du Carême. Il est le « signe sacramentel de notre conversion » [1], qui annonce et nous offre la possibilité de revenir au Seigneur de tout notre cœur et par toute notre vie.

Cette année encore, à travers ce message, je souhaite inviter l’Église entière à vivre ce temps de grâce dans la joie et en vérité ; et je le fais en me laissant inspirer par une expression de Jésus dans l’Évangile de Matthieu : « À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » (24, 12). Cette phrase fait partie du discours sur la fin des temps prononcé à Jérusalem, au Mont des Oliviers, précisément là où commencera la Passion du Seigneur. Jésus, dans sa réponse à l’un de ses disciples, annonce une grande tribulation et il décrit la situation dans laquelle la communauté des croyants pourrait se retrouver : face à des évènements douloureux, certains faux prophètes tromperont beaucoup de personnes, presqu’au point d’éteindre dans les cœurs la charité qui est le centre de tout l’Évangile.

Les faux prophètes

Mettons-nous à l’écoute de ce passage et demandons-nous : sous quels traits ces faux prophètes se présentent-ils ? Ils sont comme des « charmeurs de serpents », c’est-à-dire qu’ils utilisent les émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et les mener à leur gré. Que d’enfants de Dieu se laissent séduire par l’attraction des plaisirs fugaces confondus avec le bonheur ! Combien d’hommes et de femmes vivent comme charmés par l’illusion de l’argent, qui en réalité les rend esclaves du profit ou d’intérêts mesquins ! Que de personnes vivent en pensant se suffire à elles-mêmes et tombent en proie à la solitude !

D’autres faux prophètes sont ces « charlatans » qui offrent des solutions simples et immédiates aux souffrances, des remèdes qui se révèlent cependant totalement inefficaces : à combien de jeunes a-t-on proposé le faux remède de la drogue, des relations « use et jette », des gains faciles mais malhonnêtes ! Combien d’autres encore se sont immergés dans une vie complètement virtuelle où les relations semblent plus faciles et plus rapides pour se révéler ensuite tragiquement privées de sens ! Ces escrocs, qui offrent des choses sans valeur, privent par contre de ce qui est le plus précieux : la dignité, la liberté et la capacité d’aimer. C’est la duperie de la vanité, qui nous conduit à faire le paon…. pour finir dans le ridicule ; et du ridicule, on ne se relève pas. Ce n’est pas étonnant : depuis toujours le démon, qui est « menteur et père du mensonge » (Jn 8, 44), présente le mal comme bien, et le faux comme vrai, afin de troubler le coeur de l’homme. C’est pourquoi chacun de nous est appelé à discerner en son cœur et à examiner s’il est menacé par les mensonges de ces faux prophètes. Il faut apprendre à ne pas en rester à l’immédiat, à la superficialité, mais à reconnaître ce qui laisse en nous une trace bonne et plus durable, parce que venant de Dieu et servant vraiment à notre bien.

Un cœur froid

Dans sa description de l’enfer, Dante Alighieri imagine le diable assis sur un trône de glace [2] ; il habite dans la froidure de l’amour étouffé. Demandons-nous donc : comment la charité se refroidit-elle en nous ? Quels sont les signes qui nous avertissent que l’amour risque de s’éteindre en nous ?
Ce qui éteint la charité, c’est avant tout l’avidité de l’argent, « la racine de tous les maux » (1Tm 6, 10) ; elle est suivie du refus de Dieu, et donc du refus de trouver en lui notre consolation, préférant notre désolation au réconfort de sa Parole et de ses Sacrements. [3] Tout cela se transforme en violence à l’encontre de ceux qui sont considérés comme une menace à nos propres « certitudes » : l’enfant à naître, la personne âgée malade, l’hôte de passage, l’étranger, mais aussi le prochain qui ne correspond pas à nos attentes.
La création, elle aussi, devient un témoin silencieux de ce refroidissement de la charité : la terre est empoisonnée par les déchets jetés par négligence et par intérêt ; les mers, elles aussi polluées, doivent malheureusement engloutir les restes de nombreux naufragés des migrations forcées ; les cieux – qui dans le dessein de Dieu chantent sa gloire – sont sillonnés par des machines qui font pleuvoir des instruments de mort.

L’amour se refroidit également dans nos communautés. Dans l’Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, j’ai tenté de donner une description des signes les plus évidents de ce manque d’amour. Les voici : l’acédie égoïste, le pessimisme stérile, la tentation de l’isolement et de l’engagement dans des guerres fratricides sans fin, la mentalité mondaine qui conduit à ne rechercher que les apparences, réduisant ainsi l’ardeur missionnaire. [4]

Que faire ?

Si nous constatons en nous-mêmes ou autour de nous les signes que nous venons de décrire, c’est que l’Église, notre mère et notre éducatrice, nous offre pendant ce temps du Carême, avec le remède parfois amer de la vérité, le doux remède de la prière, de l’aumône et du jeûne.

En consacrant plus de temps à la prière, nous permettons à notre cœur de découvrir les mensonges secrets par lesquels nous nous trompons nous-mêmes[5], afin de rechercher enfin la consolation en Dieu. Il est notre Père et il veut nous donner la vie.

La pratique de l’aumône libère de l’avidité et aide à découvrir que l’autre est mon frère : ce que je possède n’est jamais seulement mien. Comme je voudrais que l’aumône puisse devenir pour tous un style de vie authentique ! Comme je voudrais que nous suivions comme chrétiens l’exemple des Apôtres, et reconnaissions dans la possibilité du partage de nos biens avec les autres un témoignage concret de la communion que nous vivons dans l’Église. A cet égard, je fais mienne l’exhortation de Saint Paul quand il s’adressait aux Corinthiens pour la collecte en faveur de la communauté de Jérusalem : « C’est ce qui vous est utile, à vous » (2 Co 8, 10). Ceci vaut spécialement pour le temps de carême, au cours duquel de nombreux organismes font des collectes en faveur des Églises et des populations en difficulté. Mais comme j’aimerais que dans nos relations quotidiennes aussi, devant tout frère qui nous demande une aide, nous découvrions qu’il y a là un appel de la Providence divine : chaque aumône est une occasion pour collaborer avec la Providence de Dieu envers ses enfants ; s’il se sert de moi aujourd’hui pour venir en aide à un frère, comment demain ne pourvoirait-il pas également à mes nécessités, lui qui ne se laisse pas vaincre en générosité ? [6]

Le jeûne enfin réduit la force de notre violence, il nous désarme et devient une grande occasion de croissance. D’une part, il nous permet d’expérimenter ce qu’éprouvent tous ceux qui manquent même du strict nécessaire et connaissent les affres quotidiennes de la faim ; d’autre part, il représente la condition de notre âme, affamée de bonté et assoiffée de la vie de Dieu. Le jeûne nous réveille, nous rend plus attentifs à Dieu et au prochain, il réveille la volonté d’obéir à Dieu, qui seul rassasie notre faim.

Je voudrais que ma voix parvienne au-delà des confins de L’Église catholique, et vous rejoigne tous, hommes et femmes de bonne volonté, ouverts à l’écoute de Dieu. Si vous êtes, comme nous, affligés par la propagation de l’iniquité dans le monde, si vous êtes préoccupés par le froid qui paralyse les cœurs et les actions, si vous constatez la diminution du sens d’humanité commune, unissez-vous à nous pour qu’ensemble nous invoquions Dieu, pour qu’ensemble nous jeûnions et qu’avec nous vous donniez ce que vous pouvez pour aider nos frères !

Le feu de Pâques

J’invite tout particulièrement les membres de l’Église à entreprendre avec zèle ce chemin du carême, soutenus par l’aumône, le jeûne et la prière. S’il nous semble parfois que la charité s’éteint dans de nombreux cœurs, cela ne peut arriver dans le cœur de Dieu ! Il nous offre toujours de nouvelles occasions pour que nous puissions recommencer à aimer.

L’initiative des « 24 heures pour le Seigneur », qui nous invite à célébrer le sacrement de Réconciliation pendant l’adoration eucharistique, sera également cette année encore une occasion propice. En 2018, elle se déroulera les vendredi 9 et samedi 10 mars, s’inspirant des paroles du Psaume 130 : « Près de toi se trouve le pardon » (Ps 130, 4). Dans tous les diocèses, il y aura au moins une église ouverte pendant 24 heures qui offrira la possibilité de l’adoration eucharistique et de la confession sacramentelle.

Au cours de la nuit de Pâques, nous vivrons à nouveau le rite suggestif du cierge pascal : irradiant du « feu nouveau », la lumière chassera peu à peu les ténèbres et illuminera l’assemblée liturgique. « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit » [7] afin que tous nous puissions revivre l’expérience des disciples d’Emmaüs : écouter la parole du Seigneur et nous nourrir du Pain eucharistique permettra à notre cœur de redevenir brûlant de foi, d’espérance et de charité.

Je vous bénis de tout cœur et je prie pour vous. N’oubliez pas de prier pour moi.

Du Vatican, le 1er novembre 2017 Solennité de la Toussaint
FRANÇOIS


  • [1] Texte original en italien : “segno sacramentale della nostra conversione”, in : Messale Romano, Oraison Collecte du 1er dimanche de carême. N.B. Cette phrase n’a pas encore été traduite dans la révision (3ème), qui est en cours, du Missel romain en français.
  • [2] « C’est là que l’empereur du douloureux royaume/de la moitié du corps se dresse hors des glaces » (Enfer XXXIV,28-29)
  • [3] « C’est curieux, mais souvent nous avons peur de la consolation, d’être consolés. Au contraire, nous nous sentons plus en sécurité dans la tristesse et dans la désolation. Vous savez pourquoi ? Parce que dans la tristesse nous nous sentons presque protagonistes. Mais en revanche, dans la consolation, c’est l’Esprit Saint le protagoniste ! » (Angelus, 7 décembre 2014)
  • [4] Nn. 76-109
  • [5] Cf Benoît XVI , Lett. Enc. Spe Salvi, n. 33
  • [6] Cf Pie XII, Lett. Enc. Fidei donum, III
  • [7] Missel romain, Veillée pascale, Lucernaire


 


Partage de Carême 2018

 

19 février 2018 par Paroisse Saint-Médard

Partage avec les Frères

Comme chaque année, nous vous proposons 2 projets de partage de Carême :

  • 1. Accueil d’une famille de réfugiés
  • 2. Projet pour les jeunes de la rue de Brazzaville : l’Espace Jarrot

1. Accueil d’une famille de réfugiés

Nous nous préparons dans les toutes prochaines semaines, avec une grande joie, à accueillir une famille de réfugiés syriens

  • Grâce à la mobilisation de nombreux paroissiens et paroissiennes, cette famille va pouvoir accéder à un logement pérenne de 2 pièces, situé en plein cœur de notre quartier. Le montant des dons de notre communauté paroissiale nous permet d’assurer le versement d’un loyer pendant au moins 3 ans.
  • Cette action solidaire est l’heureux résultat d’un projet lancé lors du carême 2017, en réponse aux appels lancés par le Pape François, relayé par nos évêques, à une action de solidarité concrète dans chaque paroisse.

Nous étions une quarantaine à avoir répondu à cet appel le 15 mars 2017, en venant écouter le témoignage de paroisses voisines déjà impliquées, avec l’objectif d’apporter nous aussi notre pierre à ce vaste élan de solidarité.
Dès cette date, un groupe de pilotage du projet s’est constitué, et a pu rapidement avancer en bénéficiant de l’expérience et des contacts partagés avec d’autres paroisses, du 13ème en particulier.

Nous avons au cours des premiers mois sélectionné nos partenaires : Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL).

Les promesses de dons de notre communauté paroissiale nous ont ensuite permis de nous engager définitivement.

L’accueil et l’accompagnement proprement dits de cette famille

La recherche d’un logement terminé, nous devons maintenant nous préparer à l’étape suivante : l’accueil et l’accompagnement proprement dits de cette famille, chacun en fonction de ses compétences et de son charisme :

  • un appartement vide à meubler : organiser une quête spécifique, rassembler des dons, accompagner la famille pour s’équiper, monter des meubles, etc.
  • accompagnement « culturel » : découverte du quartier, de Paris, etc.
  • accompagnement « citoyen » : aide aux démarches administratives, inscriptions, abonnements divers
  • organisation de moments partagés en famille, en paroisse
  • apprentissage ou amélioration du français, sans doute aide scolaire
  • un engagement plus spécifique d’une ou deux personnes de la paroisse : participer au groupe local de SNL, qui assure le suivi social de la famille, afin que celui-ci se fasse en coordination permanente avec notre paroisse.

Nos partenaires :

Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL), qui assure l’intermédiation locative et le suivi social de la famille, et l’Œuvre d’Orient, qui assure un hébergement temporaire des réfugiés pendant la période de leur demande d’asile, et a ensuite besoin de leur proposer un logement pérenne, lorsque leur statut de réfugié est obtenu.

Don par chèque

à l’ordre de : « Paroisse Saint Médard » sous enveloppe spécifiant « Accueil d’une famille de réfugiés »


2. Projet pour les jeunes de la rue de Brazzaville

L’Espace Jarrot, centres d’écoute et d’hébergement pour les enfants des rues
de Brazzaville, République du Congo

L’Espace Jarrot en quelques mots :

  • Créé en 1997 par l’association des Spiritains au Congo (ASpC), l’Espace Jarrot mène une action d’accueil, d’éducation, de formation et d’insertion auprès des enfants et jeunes de la rue de Brazzaville. Chaque année, environ 400 enfants âgés entre 4 et 21 ans sont accueillis. 95% sont des garçons.
  • 3 approches : travail d’approche dans la rue, travail avec les familles par les enquêtes et la médiation familiale, hébergement en foyer pour les jeunes qui veulent sortir de la rue et ne peuvent être réinsérés en famille.

Mission :

  • Redonner confiance et espoir aux enfants des rues afin qu’ils construisent leur avenir.

Activités :

  • Accueillir et éduquer les enfants en rupture et en souffrance
  • Réinsérer les enfants au sein de leur famille
  • Accompagner les enfants dans leur insertion socio-professionnelle (scolarisation, formation professionnelle)
  • Prévenir la rupture par la sensibilisation et le soutien auprès des familles en détresse.

Don par chèque

à l’ordre de : « Apprentis d’Auteuil » accompagné du bulletin et sous enveloppe T

  • (les dons en espèces identifiés « Jeunes de la rue de Brazzaville » seront reversés)
  • possibilité de reçu fiscal

L’Espace Jarrot plus en détail :

Parce que tous les enfants méritent de vivre et de construire leur avenir avec espoir et confiance, l’Espace Jarrot se décline en deux infrastructures : le centre d’écoute ou Espace Père Jarrot et le centre d’hébergement ou La Case David.

Afin de mener à bien ses différentes activités, l’équipe de l’Espace Jarrot composée d’éducateurs et d’éducatrices, d’une infirmière-psychologue, d’un directeur, met en œuvre plusieurs démarches complémentaires :

  • Le travail en milieu ouvert : parce que le premier contact est une des clés de réussite, les éducateurs de l’Espace Jarrot partent régulièrement à la rencontre des enfants des rues en fréquentant leur milieu de vie (marchés et autres lieux publics) afin d’instaurer un climat de confiance, le dialogue et une prise en charge qui se poursuivra au centre d’écoute si l’enfant l’accepte.
  • Le centre d’écoute (Espace Père Jarrot) : parce que le quotidien rime avec isolement, malnutrition, fatigue… trois jours par semaine (lundi, mercredi et vendredi), le centre d’écoute offre une parenthèse. Les enfants s’y rendent pour se reposer, se laver, être soigné, se nourrir mais aussi et surtout pour être écouté, partager des instants d’activités ludiques (jeux, théâtre, chant, danse…) et scolaires (alphabétisation, lectures…). Ces permanences permettent à l’équipe éducative d’observer et de stabiliser l’enfant avant de mettre en place les démarches de réinsertion familiale et/ou d’insertion socio-professionnelle.
  • La médiation familiale : parce qu’un enfant a besoin de sa famille pour grandir, l’équipe de l’Espace Jarrot mène systématiquement un travail d’investigation et d’observation afin de renouer les liens familiaux. Lorsque la famille est recouvrée, un travail d’accompagnement et de suivi est réalisé.
  • Le centre d’hébergement (La Case David) : parce que le retour en famille n’est pas toujours possible mais que l’enfant manifeste son souhait de quitter la rue, le centre l’accueille en échange de son engagement scolaire (pour les plus jeunes) ou de sa poursuite d’une formation professionnelle (à partir de 16 ans).

Le centre est géré par un directeur, assisté de 6 éducateurs permanents. Ils sont aidés de manière ponctuelle par une infirmière, une psychologue et une assistante sociale. En 2005, près de 300 enfants ont fréquenté le centre d’écoute, 78 enfants ont été réinsérés en famille, et 30 places étaient disponibles pour la prise en charge totale en foyer. La finalité du travail de l’Espace Jarrot est toujours la réinsertion des enfants dans leurs familles lorsque cela est possible et l’insertion socio-professionnelle.

  • Le travail de la rue :
    • Régulièrement les éducateurs de l’Espace Jarrot vont à la rencontre des enfants des rues dans leur milieu de vie. Cette première prise de contact permet d’établir un climat de confiance propice au dialogue qui ne peut s’effectuer que dans la rue car les enfants refusent généralement de fréquenter des structures qu’ils ne connaissent pas. Il permet aussi de détecter certaines urgences mais aussi d’identifier les enfants récemment arrivés dans la rue.
  • Les centres d’écoute de Bacongo et Moungali :
    • Quatre jours par semaine les enfants vivants dans la rue peuvent venir se reposer, se laver, se soigner, se nourrir et se confier aux éducateurs, au psychologue, à l’infirmière. Par ailleurs, des activités éducatives (alphabétisation) et ludiques leur sont proposées. C’est le début de l’accompagnement éducatif qui vise en premier lieu à sensibiliser l’enfant à un retour en famille et en second lieu à préparer cette hypothétique réinsertion. Il s’agit notamment de stabiliser l’enfant sur le plan comportemental et de lui proposer une remise à niveau scolaire.
  • Un foyer d’hébergement : Il accueille les enfants stabilisés pour lesquels la réinsertion en famille n’est pas possible. Ces enfants sont soit scolarisés soit en formation professionnelle.
  • Médiation familiale : Lorsqu’un enfant décide de quitter la rue, les éducateurs envisagent systématiquement avec lui de renouer le contact avec sa famille, et tentent par la suite d’y réinsérer l’enfant. Ce travail nécessite de nombreuses enquêtes avant la réinsertion familiale et un travail de suivi par la suite.
  • La scolarisation et la formation professionnelle : L’insertion socio-professionnelle de ces enfants passe nécessairement par l’accès à l’éducation et la formation. Ainsi, une fois stabilisé, et ayant intégré le foyer d’hébergement, une famille d’accueil ou réintégré leur propre famille, la scolarité ou la formation professionnelle des enfants des rues est prise en charge par l’Espace Jarrot, condition nécessaire à la scolarisation ou la formation professionnelle de l’enfant ou du jeune. Les éducateurs sont ainsi chargés de suivre les enfants dans les différents établissements fréquentés.




 


Les Rameaux et la Semaine Sainte 2018 à Saint-Médard

 

16 février 2018 par Paroisse Saint-Médard

Horaire des offices

Dimanche des Rameaux et de la Passion 25 mars (attention passage à l’heure d’été)

  • Messes à 18h30 (samedi 24 mars) - 9h30 - 11h - 19h Bénédiction des buis à toutes les messes-(Vous pourrez vous procurer des rameaux de buis auprès des jeunes de l’aumônerie à l’intérieur des grilles).

Lundi 26 mars : Messe à 19h
Mardi 27 mars : Messes à 8h, 12h10 et 19h
Mercredi 28 mars : Messe à 8h, 12h10
(pas de messe à 19h en raison de la messe Chrismale célébrée à la cathédrale Notre Dame à 18h30 avec tous les prêtres de Paris et les fidèles qui souhaitent s’y joindre - l’église est fermée à 17h).

Jeudi saint 29 mars

  • 9h : Office du matin et laudes
  • 20h : Messe de la Cène du Seigneur (suivie de l’Adoration au reposoir jusqu’à 23h45), et Complies.

Vendredi saint 30 mars

  • 9h : Office du matin et laudes
  • 12h15 : Départ du Chemin de Croix rue Mouffetard (organisé par les paroisses Saint-Médard et Saint Etienne du Mont) : RV à 12h devant l’église Saint-Médard, montée de la rue Mouffetard jusqu’à l’église Saint Etienne du Mont
  • 15h : Chemin de Croix dans l’église (puis confessions)
  • 20h : Office de la Passion du Seigneur (Vénération de la Croix et communion)

Samedi saint 31 mars

  • 9h : Office du matin et laudes

Nuit de Pâques (31 mars au soir après la tombée de la nuit)

  • 21h : Veillée Pascale et messe de la Résurrection (avec Initiation chrétienne de trois adultes) La vigile commence par l’allumage du feu nouveau devant l’église et l’entrée solennelle du cierge pascal signe du Christ ressuscité qui brise toutes ténèbres.

Dimanche 1er avril - SAINT JOUR DE PÂQUES — Fête de la Résurrection du Seigneur

  • 9h30  : Messe
  • 11h  : Messe Solennelle de Pâques (avec baptême d’enfants)
  • 19h  : Messe du soir de Pâques

Lundi de Pâques 2 avril : messe unique à 11h (ensuite l’église est fermée).



 


Tweets et vidéos du pape François

 

22 décembre 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Les derniers tweets, angelus et audiences du mercredi en vidéo du pape François.

Tweets du pape François en français

Vidéos du pape François en français

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Angelus du dimanche, place Saint-Pierre

Audience générale du mercredi, place Saint-Pierre



 


Message du pape François pour la journée mondiale des pauvres du 19 novembre 17

 

14 décembre 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

N’aimons pas en paroles, mais par des actes

MESSAGE DU SAINT-PÈRE POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES

33ème Dimanche du Temps Ordinaire
19 novembre 2017

1. « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, par des actes et en vérité » (1 Jn 3, 18). Ces paroles de l’apôtre Jean expriment un impératif dont aucun chrétien ne peut faire abstraction. La gravité avec laquelle le ‘‘disciple bien-aimé’’ transmet, jusqu’à nos jours, le commandement de Jésus s’accentue encore davantage par l’opposition qu’elle révèle entre les paroles vides qui sont souvent sur nos lèvres et les actes concrets auxquels nous sommes au contraire appelés à nous mesurer. L’amour n’admet pas d’alibi : celui qui entend aimer comme Jésus a aimé doit faire sien son exemple ; surtout quand on est appelé à aimer les pauvres. La façon d’aimer du Fils de Dieu, par ailleurs, est bien connue, et Jean le rappelle clairement. Elle se fonde sur deux pierres angulaires : Dieu a aimé le premier (cf. 1 Jn 4, 10.19) ; et il a aimé en se donnant tout entier, y compris sa propre vie (cf. 1 Jn 3, 16).

Un tel amour ne peut rester sans réponse. Même donné de manière unilatérale, c’est-à-dire sans rien demander en échange, il enflamme cependant tellement le cœur que n’importe qui se sent porté à y répondre malgré ses propres limites et péchés. Et cela est possible si la grâce de Dieu, sa charité miséricordieuse sont accueillies, autant que possible, dans notre cœur, de façon à stimuler notre volonté ainsi que nos affections à l’amour envers Dieu lui-même et envers le prochain. De cette façon, la miséricorde qui jaillit, pour ainsi dire, du cœur de la Trinité peut arriver à mettre en mouvement notre vie et créer de la compassion et des œuvres de miséricorde en faveur des frères et des sœurs qui sont dans le besoin.

2. « Un pauvre crie ; le Seigneur l’entend » (Ps 33, 7). Depuis toujours, l’Église a compris l’importance de ce cri. Nous avons un grand témoignage dès les premières pages des Actes des Apôtres, où Pierre demande de choisir sept hommes « remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (6, 3), afin qu’ils assument le service de l’assistance aux pauvres. C’est certainement l’un des premiers signes par lesquels la communauté chrétienne s’est présentée sur la scène du monde : le service des plus pauvres. Tout cela lui était possible parce qu’elle avait compris que la vie des disciples de Jésus devait s’exprimer dans une fraternité et une solidarité telles qu’elles doivent correspondre à l’enseignement principal du Maître qui avait proclamé heureux et héritiers du Royaume des cieux les pauvres (cf. Mt 5, 3).

« Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun » (Ac 2, 45). Cette expression montre clairement la vive préoccupation des premiers chrétiens. L’évangéliste Luc, l’auteur sacré qui, plus que tout autre, a réservé une large place à la miséricorde, ne fait pas de rhétorique lorsqu’il décrit la pratique de partage de la première communauté. Au contraire, en la recommandant, il entend s’adresser aux croyants de toute génération, et donc à nous aussi, pour nous soutenir dans le témoignage et susciter notre action en faveur de ceux qui sont le plus dans le besoin. Le même enseignement est donné avec autant de conviction par l’apôtre Jacques, qui, dans sa Lettre, utilise des expressions fortes et incisives : « Écoutez, donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi, et des héritiers du Royaume promis par lui à ceux qui l’auront aimé ? Mais vous, vous avez privé le pauvre de sa dignité. Or n’est-ce pas les riches qui vous oppriment, et vous traînent devant les tribunaux ? […] Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : ‘‘Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim !’’ sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » (2, 5-6.14-17).

3. Il y a eu, cependant, des moments où les chrétiens n’ont pas écouté jusqu’au bout cet appel, en se laissant contaminer par la mentalité mondaine. Mais l’Esprit Saint n’a pas manqué de leur rappeler de maintenir le regard fixé sur l’essentiel. Il a fait surgir, en effet, des hommes et des femmes qui, de diverses manières, ont offert leur vie au service des pauvres. Que de pages d’histoire, en ces deux mille ans, ont été écrites par des chrétiens qui en toute simplicité et humilité, et par la généreuse imagination de la charité, ont servi leurs frères plus pauvres !

Parmi ceux-ci, se détache l’exemple de François d’Assise, qui a été suivi par de nombreux hommes et femmes saints au cours des siècles. Il ne s’est pas contenté d’embrasser et de faire l’aumône aux lépreux, mais il a décidé d’aller à Gubbio pour rester avec eux. Lui-même a vu dans cette rencontre le tournant de sa conversion : « Comme j’étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir des lépreux. Et le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je fis miséricorde avec eux. Et en m’en allant de chez eux, ce qui me semblait amer fut changé pour moi en douceur de l’esprit et du corps » (Test. 1-3 : SF 308). Ce témoignage manifeste la force transformante de la charité et le style de vie des chrétiens.

Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêques Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58).

Nous sommes appelés, par conséquent, à tendre la main aux pauvres, à les rencontrer, à les regarder dans les yeux, à les embrasser, pour leur faire sentir la chaleur de l’amour qui rompt le cercle de la solitude. Leur main tendue vers nous est aussi une invitation à sortir de nos certitudes et de notre confort, et à reconnaître la valeur que constitue en soi la pauvreté.

4. N’oublions pas que pour les disciples du Christ, la pauvreté est avant tout une vocation à suivre Jésus pauvre. C’est un chemin derrière lui et avec lui, un chemin qui conduit à la béatitude du Royaume des cieux (cf. Mt 5, 3 ; Lc 6, 20). Pauvreté signifie un cœur humble qui sait accueillir sa propre condition de créature limitée et pécheresse pour surmonter la tentation de toute-puissance, qui fait croire qu’on est immortel. La pauvreté est une attitude du cœur qui empêche de penser à l’argent, à la carrière, au luxe comme objectif de vie et condition pour le bonheur. C’est la pauvreté, plutôt, qui crée les conditions pour assumer librement les responsabilités personnelles et sociales, malgré les limites de chacun, comptant sur la proximité de Dieu et soutenu par sa grâce. La pauvreté, ainsi entendue, est la mesure qui permet de juger de l’utilisation correcte des biens matériels, et également de vivre de manière non égoïste et possessive les liens et affections (cf. Catéchisme de l’Église catholique, nn. 25-45).

Faisons nôtre, par conséquent, l’exemple de saint François, témoin de l’authentique pauvreté. Précisément parce qu’il avait les yeux fixés sur le Christ, il a su le reconnaître et le servir dans les pauvres. Si, par conséquent, nous voulons offrir une contribution efficace pour le changement de l’histoire, en promouvant un vrai développement, il est nécessaire d’écouter le cri des pauvres et de nous engager à les faire sortir de leur condition de marginalisation. En même temps, je rappelle aux pauvres qui vivent dans nos villes et dans nos communautés de ne pas perdre le sens de la pauvreté évangélique qu’ils portent imprimé dans leur vie.

5. Nous savons la grande difficulté qui émerge dans le monde contemporain de pouvoir identifier clairement la pauvreté. Cependant, elle nous interpelle chaque jour par ses mille visages marqués par la douleur, par la marginalisation, par l’abus, par la violence, par les tortures et par l’emprisonnement, par la guerre, par la privation de la liberté et de la dignité, par l’ignorance et par l’analphabétisme, par l’urgence sanitaire et par le manque de travail, par les traites et par les esclavages, par l’exil et par la misère, par la migration forcée. La pauvreté a le visage de femmes, d’hommes et d’enfants exploités pour de vils intérêts, piétinés par des logiques perverses du pouvoir et de l’argent. Quelle liste impitoyable et jamais complète se trouve-t-on obligé d’établir face à la pauvreté fruit de l’injustice sociale, de la misère morale, de l’avidité d’une minorité et de l’indifférence généralisée !

De nos jours, malheureusement, tandis qu’émerge toujours davantage la richesse insolente qui s’accumule dans les mains de quelques privilégiés et souvent est accompagnée de l’inégalité et de l’exploitation offensant la dignité humaine, l’expansion de la pauvreté à de grands secteurs de la société dans le monde entier fait scandale. Face à cette situation, on ne peut demeurer inerte et encore moins résigné. À la pauvreté qui inhibe l’esprit d’initiative de nombreux jeunes, en les empêchant de trouver un travail ; à la pauvreté qui anesthésie le sens de responsabilité conduisant à préférer la procuration et la recherche de favoritismes ; à la pauvreté qui empoisonne les puits de la participation et restreint les espaces du professionnalisme en humiliant ainsi le mérite de celui qui travaille et produit ; à tout cela, il faut répondre par une nouvelle vision de la vie et de la société.

Tous ces pauvres – comme aimait le dire le Pape Paul VI – appartiennent à l’Église par « droit évangélique » (Discours d’ouverture de la 2ème session du Concile Œcuménique Vatican II, 29 septembre 1963) et exigent l’option fondamentale pour eux. Bénies, par conséquent, les mains qui s’ouvrent pour accueillir les pauvres et pour les secourir : ce sont des mains qui apportent l’espérance. Bénies, les mains qui surmontent toutes les barrières de culture, de religion et de nationalité en versant l’huile de consolation sur les plaies de l’humanité. Bénies, les mains qui s’ouvrent sans rien demander en échange, sans ‘‘si’’, sans ‘‘mais’’ et sans ‘‘peut-être’’ : ce sont des mains qui font descendre sur les frères la bénédiction de Dieu.

6. Au terme du Jubilé de la Miséricorde, j’ai voulu offrir à l’Église la Journée Mondiale des Pauvres, afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin. Aux autres Journées mondiales instituées par mes Prédécesseurs, qui sont désormais une tradition dans la vie de nos communautés, je voudrais que s’ajoute celle-ci, qui apporte à leur ensemble un complément typiquement évangélique, c’est-à-dire la prédilection de Jésus pour les pauvres.

J’invite l’Église tout entière ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté à avoir le regard fixé, en cette journée, sur tous ceux qui tendent les mains en criant au secours et en sollicitant notre solidarité. Ce sont nos frères et sœurs, créés et aimés par l’unique Père céleste. Cette Journée entend stimuler, en premier lieu, les croyants afin qu’ils réagissent à la culture du rebut et du gaspillage, en faisant leur la culture de la rencontre. En même temps, l’invitation est adressée à tous, indépendamment de l’appartenance religieuse, afin qu’ils s’ouvrent au partage avec les pauvres, sous toutes les formes de solidarité, en signe concret de fraternité. Dieu a créé le ciel et la terre pour tous ; ce sont les hommes, malheureusement, qui ont créé les frontières, les murs et les clôtures, en trahissant le don originel destiné à l’humanité sans aucune exclusion.

7. Je souhaite que les communautés chrétiennes, au cours de la semaine qui précède la Journée Mondiale des Pauvres, qui cette année sera le 19 novembre, 33ème dimanche du Temps Ordinaire, œuvrent pour créer de nombreux moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète. Ils pourront, ensuite, inviter les pauvres et les volontaires à participer ensemble à l’Eucharistie de ce dimanche, en sorte que la célébration de la Solennité de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’univers se révèle encore plus authentique, le dimanche suivant. La royauté du Christ, en effet, émerge dans toute sa signification précisément sur le Golgotha, lorsque l’Innocent cloué sur la croix, pauvre, nu et privé de tout, incarne et révèle la plénitude de l’amour de Dieu. Son abandon complet au Père, tandis qu’il exprime sa pauvreté totale, rend évident la puissance de cet Amour, qui le ressuscite à une vie nouvelle le jour de Pâques.

En ce dimanche, si dans notre quartier vivent des pauvres qui cherchent protection et aide, approchons-nous d’eux : ce sera un moment propice pour rencontrer le Dieu que nous cherchons. Selon l’enseignement des Écritures (cf. Gn 18, 3-5 ; He 13, 2), accueillons-les comme des hôtes privilégiés à notre table ; ils pourront être des maîtres qui nous aident à vivre la foi de manière plus cohérente. Par leur confiance et leur disponibilité à accepter de l’aide, ils nous montrent de manière sobre, et souvent joyeuse, combien il est important de vivre de l’essentiel et de nous abandonner à la providence du Père.

8. À la base des nombreuses initiatives qui peuvent se réaliser lors de cette Journée, qu’il y ait toujours la prière. N’oublions pas que le Notre Père est la prière des pauvres. La demande du pain, en effet, exprime la confiance en Dieu pour les besoins primaires de notre vie. Ce que Jésus nous a enseigné par cette prière exprime et recueille le cri de celui qui souffre de la précarité de l’existence et du manque du nécessaire. Aux disciples qui demandaient à Jésus de leur apprendre à prier, il a répondu par les paroles des pauvres qui s’adressent au Père unique dans lequel tous se reconnaissent comme frères. Le Notre Père est une prière qui s’exprime au pluriel : le pain demandé est ‘‘notre’’, et cela comporte partage, participation et responsabilité commune. Dans cette prière, nous reconnaissons tous l’exigence de surmonter toute forme d’égoïsme pour accéder à la joie de l’accueil réciproque.

9. Je demande aux confrères évêques, aux prêtres, aux diacres – qui par vocation ont la mission du soutien aux pauvres -, aux personnes consacrées, aux associations, aux mouvements et au vaste monde du volontariat d’œuvrer afin que par cette Journée Mondiale des Pauvres s’instaure une tradition qui soit une contribution concrète à l’évangélisation dans le monde contemporain.

Que cette nouvelle Journée Mondiale, par conséquent, devienne un appel fort à notre conscience de croyants pour que nous soyons plus convaincus que partager avec les pauvres nous permet de comprendre l’Évangile dans sa vérité la plus profonde. Les pauvres ne sont un problème : ils sont une ressource où il faut puiser pour accueillir et vivre l’essence de l’Évangile.

Du Vatican, le 13 juin 2017
Mémoire de saint Antoine de Padoue
Franciscus



 


Le coq du clocher de Saint Médard

 

24 février 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Le coq, restauré, redoré, a repris sa place - vertigineuse- aux côtés du paratonnerre au sommet du clocher.



 


Vous qui avez vécu le divorce

 

7 octobre 2016 2016 par Nursit, Père Bernard Bommelaer

Dans nos familles, parmi nos amis et nos collègues, au sein de la paroisse, les personnes, qui ont connu le divorce sont nombreuses. Pour toutes, ce fut un chemin difficile et douloureux.

Depuis, les unes vivent en couple, d’autres ont créé un nouveau foyer, d’autres restent seules. De nouveaux équilibres se sont créés. Eh pourtant beaucoup gardent une blessure enfouie mais non cicatrisée.

Des malaises demeurent en différents domaine y compris, pour certains , vis-à-vis de l’Eglise. Nous voudrions vous dire que vous avez votre place, une vraie place dans l’Eglise et dans votre communauté paroissiale, et ce n’est pas une invention d’aujourd’hui même si le Pape François en a beaucoup parlé.

Par ailleurs le chemin difficile que vous avez vécu vous a donné de savoir ce qu’est la solitude, souvent d’endurer la souffrance et peut-être même de connaître l’exclusion. Depuis, vous savez d’une manière nouvelle que le jugement n’est pas possible et qu’en revanche l’écoute et l’amitié ouvrent de nouveaux chemins : nous avons besoin de vous pour aider d’autres à trouver leur chemin.

Mais vous-même avez peut-être des questions à poser à l’Eglise, et en l’occurrence à un prêtre. Il peut s’agir de votre place dans l’Eglise, de l’éducation de vos enfants, de votre participation à la liturgie, à la messe ou encore de l’éventuelle reconnaissance de nullité de votre premier mariage… ou d’autres questions. Prêtres, nous serons heureux de vous accueillir et de parler avec vous.

Les prêtres de la paroisse

P. Albert Gambart, curé (01 44 08 87 01) Accueil samedi 10h15
P. Bernard Bommelaer (01 44 08 87 04) Accueil mercredi 17h
P. Benoît Strebler 01 44 08 87 07) Accueil jeudi 17h



 


Entretien avec Mgr André Vingt-Trois

 

15 septembre 2016 2016 par Paroisse Saint-Médard

Attentats, JMJ, migrants, année électorale, Mission 2015-2018. Dans une interview vidéo exceptionnelle, Mgr André Vingt-Trois revient en cette rentrée 2016 sur les points forts qui feront l’actualité du diocèse de Paris dans les prochains mois



 


L’exhortation Amoris laetitia

 

20 mai 2016 2016 par Paroisse Saint-Médard

L’exhortation apostolique Amoris laetitia (la joie de l’amour) du Pape François est la conclusion qu’il a tirée des deux sessions du Synode sur la famille, et présentation par le Cardinal André Vingt-Trois

Texte de l’exhortation du Pape François

Eclairage par le Cardinal André Vingt -Trois

Archevêque de Paris, Président délégué du Synode ordinaire sur la famille, dans une lettre adressée aux prêtres et aux fidèles du diocèse de Paris publiée dans Paris Notre-Dame du 12 avril 2016.

« La joie de l’amour »

L’exhortation apostolique Amoris laetitia est la conclusion que le Pape François a tirée des deux sessions du synode des évêques qu’il avait convoquées en octobre 2014 et en octobre 2015. Le Pape s’est largement inspiré des débats auxquels il a assisté de bout en bout et des conclusions que les pères synodaux lui ont transmises au terme de chacune des sessions. L’intitulé de l’exhortation est une indication précieuse sur l’esprit général de la réflexion du Pape : il s’agit d’un appel à l’espérance dans la force de l’amour, ciment de l’expérience des familles. Cette tonalité est déjà un appel à un déplacement de nos réflexes spontanés qui abordent les questions de la famille comme un terrain dangereux ou, au moins, problématique.

Mais ce n’est pas le seul déplacement auquel nous sommes appelés. Il nous faut aussi entrer dans la perspective fondamentale de la démarche du Pape. Il nous invite à considérer les réalités familiales d’un point de vue essentiellement pastoral, ce qui veut dire qu’il ne vise pas à établir un catalogue de règles générales que nous devrions et que nous pourrions appliquer en toutes circonstances. Il veut au contraire nous impliquer dans un véritable travail qui consiste à reprendre et méditer le message du Christ et de la tradition chrétienne sur la famille et à chercher comment ce message peut nous aider à accompagner les familles dans les défis auxquels elles sont confrontées. Nous ne devons donc pas attendre de cette exhortation apostolique qu’elle nous fournisse un « kit » de solutions applicables telles quelles à toutes les situations. Ce n’est pas un code du permis et du défendu. C’est un appel à éclairer des personnes dans les situations où elles sont.

L’art de la pastorale n’est pas simplement une application automatique de lois générales à des situations particulières. C’est un art d’accompagnement dans l’amour que le Bon Pasteur porte à chacun de ceux qui lui sont confiés. Il convient donc de partir des personnes et des réalités telles qu’elles se présentent, de chercher à les comprendre, de scruter quels sont les éléments positifs sur lesquels pourrait s’appuyer un désir de conversion et de progrès, bref, d’exercer un discernement spirituel. Cet art du discernement ne peut se mettre en œuvre que si nous nous mettons sous la lumière du Christ et de ses appels à la sainteté. Pas plus que les appels du Christ à la sainteté ne visaient à enfermer ses auditeurs dans leurs faiblesses, le discernement spirituel ne vise à exclure les pécheurs. Il vise à susciter chez eux le désir d’une vie meilleure et la résolution pour prendre les moyens d’y parvenir.

Sans entrer dans un inventaire impossible, le Pape n’escamote pas les difficultés et les blessures qui frappent les familles à travers le monde et il invite les Églises particulières à affronter ces défis en n’oubliant jamais que la famille est un vaste tissu de relations qui ne se limite pas au couple des époux et qui englobe plusieurs générations toutes solidairement liées. Cette mission d’accompagnement personnalisé suppose que la formation des personnes capables de la mener soit développée et sans cesse actualisée, de telle sorte qu’elles soient accessibles à celles et ceux qui en ont besoin.

C’est la mission que nous confie le Pape au terme de ce synode.

+ André cardinal Vingt-Trois
Archevêque de Paris



 


Lettre encyclique Laudato Si’ du Saint-Père François sur la sauvegarde de la maison commune

 

23 mai 2016 2016 par Paroisse Saint-Médard

« Laudato si’, mi’ Signore », - « Loué sois-tu, mon Seigneur », chantait saint François d’Assise. Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe ». (paragrahe 1)

Texte intégral de la lettre encyclique



 


Sacrements : questions pratiques

 

22 décembre 2017 2017 par Paroisse Saint-Médard

Inscrire son enfant au baptême, préparer son mariage, obtenir un certificat de baptême, préparer des obsèques : comment procéder ?

Pour demander le baptême de votre enfant ou pour votre mariage : vous devez, tout d’abord, vous inscrire à l’accueil de l’église (bureau situé à gauche en entrant dans la nef).
Pour demander le baptême pour un adulte : vous pouvez vous adresser au curé, le p. Albert Gambart.
Pour fixer l’heure d’obsèques religieuses, les familles sont priées de contacter d’abord l’entreprise de pompes funèbres de leur choix.

1. Demande de baptême pour un enfant

Baptême célébré à Saint-Médard

  • La demande de baptême doit être faite environ deux mois à l’avance et signée par le père et/ou la mère (les deux en cas de parents divorcés).
  • Les baptêmes sont célébrés habituellement le dimanche à 12h15 après la messe.
  • Si l’enfant a plus de trois ans, il lui sera proposé de suivre l’éveil à la foi ou le catéchisme.
  • Si le baptême a lieu à Saint-Médard mais les parents ne vivent pas sur le territoire de la paroisse : ils devront demander une autorisation de baptême à leur propre paroisse.
  • Documents à fournir avant le baptême par les parents :
    • copie de l’acte de naissance de l’enfant
    • certificat de baptême (voire de confirmation) des parrain/marraine. Pour mémoire : les parrain et marraine doivent avoir plus de 16 ans, être baptisés et au moins l’un des deux confirmé.

Baptême célébré dans une autre paroisse

Lors d’un baptême célébré en-dehors de sa paroisse, une autorisation du curé de sa paroisse est nécessaire.

  • Pour les paroissiens qui font la préparation au baptême à Saint-Médard : l’autorisation de baptême hors paroisse leur sera transmise en réunion.
  • Pour les paroissiens qui ne font pas la préparation à Saint-Médard : les parents devront venir rencontrer le curé, le p. Albert Gambart, à sa permanence du samedi (10h-12h). Ils seront ensuite contactés lorsque l’autorisation sera disponible.

2. Obtenir un certificat de baptême

Pour être parrain, marraine, s’inscrire dans une école privée, au catéchisme, faire sa première communion, être confirmé : le demandeur -père ou mère pour un enfant ou le baptisé- doit faire sa demande auprès du secrétariat de la paroisse

  • par courrier postal accompagné d’une enveloppe timbrée à l’adresse où faire parvenir le certificat
  • ou par email uniquement si le demandeur peut venir chercher le certificat à l’accueil de l’église. Le demandeur sera ensuite contacté lorsque le certificat sera disponible.
  • en précisant :
    • les prénoms/nom de naissance (nom de jeune fille pour une femme)
    • la date de naissance à défaut de celle du baptême
    • un numéro de téléphone où le joindre.

Pour votre mariage : c’est le prêtre ou le diacre qui vous prépare au mariage qui demandera votre certificat de baptême à la paroisse où vous avez été baptisé.

3. Préparer son mariage

  • Pour célébrer un mariage à Saint-Médard, il est nécessaire d’habiter le territoire paroissial.
  • Se présenter à la paroisse au moins 6 mois avant le mariage.
  • A Saint-Médard, les cérémonies sont prévues le samedi à 11h, 14h30 et 16h.
  • Si le mariage et la préparation ont lieu hors Saint-Médard, les fiancés devront rencontrer le curé, le p. Albert Gambart, à l’accueil de l’église, le samedi de 10h à 12h.


 


2017, année électorale

 

23 septembre 2016 2016 par Paroisse Saint-Médard

Quelques éléments de réflexion proposés par la Conférence des Evêques de France.

La France va vivre une année électorale importante avec l’élection présidentielle et les élections législatives. À la veille de ce qui doit être un authentique débat démocratique, nous souhaitons appeler nos concitoyens à tenir compte de certains enjeux qui nous paraissent engager notre avenir de façon déterminante. Nous le faisons à la lumière de nos convictions enracinées dans la tradition chrétienne et des textes publiés par le Pape François au cours des années écoulées.

Vous pouvez retrouver ce texte sur le site internet de la Conférence des Evêques de France.
http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/422466-2017-annee-electorale-quelques-elements-de-reflexion/

1. Démocratie et société de violence

La pratique démocratique établit des règles de débat qui permettent de confronter des convictions et de choisir pacifiquement entre différents projets de société. Quand la vie démocratique tombe dans le discrédit ou l’impuissance, les intérêts particuliers et les groupes de pression s’habituent à user de leurs moyens de contrainte pour forcer les responsables politiques à satisfaire leurs demandes. L’excès de lois trop circonstancielles émousse la force de la loi et le respect qui lui est dû. On s’efforce de dénier les procédures démocratiques pour obtenir par la contrainte, ou même la violence, ce que l’on n’a pas obtenu dans les urnes.

Si nous voulons progresser dans les pratiques démocratiques, nous devons promouvoir l’exercice du droit de vote en développant dans la société un véritable débat qui échappe aux postures, aux « petites phrases » et aux ambitions personnelles.

Le jeu médiatique, établi sur la mise en valeur excessive de la polémique et de la dénonciation, focalise l’attention générale sur des conflits de personnes ou des ambitions particulières en négligeant les convictions et les propositions argumentées. Il fait apparaître les projets et les candidats comme un jeu de rôles dans lesquels les enjeux ne sont présentés que comme des prétextes. Il ne favorise pas la confrontation pacifique, mais en développant la violence verbale, il contribue à développer une sorte d’hystérie de la vie publique.

Pour favoriser un véritable débat national, la campagne électorale à venir devra éviter les risques de crispations identitaires tout en faisant droit au fait national : nos racines, notre culture, notre patrie avec son histoire, ses responsabilités et ses atouts, la place et l’importance du fait religieux et des religions.

2. Pour un projet de société

Le débat démocratique n’est pas une fin en soi. Il est au service de la confrontation entre des opinions et des projets. Il doit donc être une occasion d’expliciter quel projet de société nous voulons soutenir et promouvoir. Trop souvent les critères mis en avant se limitent à envisager et exprimer les données économiques, comme si l’économie était le seul facteur de construction de la qualité de la vie humaine, personnelle et collective.

L’être humain est plus qu’un élément du processus économique. Les progrès technologiques et économiques doivent être au service du bien de tous et non seulement du profit de quelques-uns. C’est donc vers une économie du partage que nous devons avancer, vers un partage plus équitable du travail et des fruits du travail.

La qualité humaine d’une société se juge aussi à la manière dont elle traite les plus faibles de ses membres : ceux qui sont laissés au bord du chemin de la prospérité, personnes âgées, malades, personnes handicapées… Nous ne pouvons être indifférents à aucune victime de notre société. Nous sommes responsables du respect de toute vie de son commencement à sa fin.

3. Vers un pacte éducatif

Ces progrès de la pratique démocratique vers une vie sociale paisible et plus fraternelle passent, nous le savons tous, par une meilleure qualité de l’éducation des jeunes. Cette amélioration toujours nécessaire repose sur la qualité de la scolarisation qui est trop souvent soumise à des réformes auxquelles on ne donne pas le temps de porter leurs fruits et sur lesquelles on ne fait que trop rarement une véritable évaluation. Mais surtout elle passe par une confiance à rétablir entre les familles et l’école.

Pour le bien des enfants, c’est un véritable pacte éducatif qui doit unir les familles et l’école, non une concurrence, moins encore une méfiance. Toutes les dispositions législatives ou réglementaires qui affaiblissent la stabilité des familles et les moyens d’exercer leurs responsabilités ne peuvent jamais être compensées par une exigence incantatoire envers l’école. La marginalisation d’un nombre croissant de familles, les mesures qui brouillent la filiation, celles qui favorisent les divorces et l’éclatement des familles sont payées très cher par leurs premières victimes : les enfants. On ne peut pas espérer faire progresser la cohésion sociale en négligeant son tissu nourricier qui est la cohésion familiale. Les liens entre l’éclatement des familles, l’échec scolaire, la marginalisation des jeunes, parfois jusqu’à la délinquance, sont avérés, même si nous ne souhaitons pas le reconnaître. Les travaux du synode des évêques sur la famille, repris par le Pape François dans l’Exhortation Apostolique Amoris laetitia (La joie de l’amour), rappellent combien une famille unie est une ressource pour l’avenir et une espérance pour le bien de tous.

4. Solidarité

Une société vivante ne peut pas être la simple addition d’intérêts ou d’accords particuliers. Elle repose nécessairement sur la recherche du bien commun et la mise en œuvre de moyens de solidarité efficace. C’est une des grandes responsabilités de l’État d’organiser cette solidarité, surtout dans les périodes de grandes difficultés économiques. Partager dans les périodes d’opulence peut paraître relativement indolore : il ne s’agit que de distribuer le superflu. Dans les périodes de restriction, il s’agit de partager en prenant sur le nécessaire.

Dans notre société, l’écart entre ceux qui peuvent compter sur la sécurité et ceux qui sont plongés dans la précarité ne cesse de s’accroître. De plus en plus de nos concitoyens ne peuvent plus bénéficier du droit au travail. Il est illusoire de penser que des indemnités financières peuvent compenser cette carence. La fragilité de l’emploi suscite des crispations de la part de ceux qui jouissent d’un emploi garanti et d’avantages sociaux assurés. La défense des droits acquis se substitue à la volonté de partager et d’intégrer de nouveaux bénéficiaires. Les plus jeunes sont les premières victimes d’un système inégalitaire. Pourtant beaucoup d’entre eux attendent d’être appelés pour prendre leur place dans notre société.

Alors que le dynamisme économique suppose des encouragements durables à l’initiative et à la prise de risque, l’État doit gérer positivement la tension entre un libéralisme sans contrôle et la sauvegarde des mécanismes de protection sociale (assurance maladie, retraite, chômage, etc.). Cet objectif doit nécessairement ressortir des projets soumis au vote des citoyens.

5. Migrants

Dans une époque où les distances et les frontières s’effacent devant la mondialisation économique et culturelle, notre volonté de solidarité ne peut pas s’enfermer dans le cadre restreint de notre pays. Les événements dramatiques qui frappent les populations du Moyen-Orient ou d’Afrique jettent sur les routes et sur la mer des centaines de milliers de réfugiés, véritables naufragés humains. Quand la Jordanie et le Liban reçoivent des millions de réfugiés, comment notre pays pourrait-il reculer devant la perspective d’accueillir et d’intégrer quelques dizaines de milliers de ces victimes ?

Mais plus largement que l’accueil des réfugiés, nous devons nous interroger sur la manière dont nous traitons des migrants arrivés dans notre pays depuis plusieurs années. Est-il aujourd’hui tolérable que des milliers d’hommes de femmes et d’enfants vivent sur notre territoire dans des conditions trop souvent inhumaines ?

Une volonté d’intégration ne peut se réaliser sans accompagnement des ruptures culturelles. La seule recherche de solutions économiques est vouée à l’échec si rien n’est entrepris pour la promotion culturelle, promotion d’une culture enracinée, qui donne ou redonne le sens d’une vie collective nationale.

6. Europe

Nous sommes bien conscients que la France, à elle seule, ne peut solutionner ces situations dramatiques. Nous ne pouvons contribuer à les soulager que dans le cadre de la solidarité européenne. D’une certaine façon, notre vieille Europe joue son avenir dans la manière dont elle réagit. Soit elle nourrit l’illusion de pouvoir barrer la route à toutes les misères pour protéger sa relative prospérité, soit elle s’engage courageusement dans des politiques d’accueil.

L’accueil serait aussi une illusion s’il ne s’accompagnait pas de véritables programmes de soutien dans les pays d’origine des migrations : soutien économique et soutien politique pour lutter contre la misère endémique et les procédés antidémocratiques de certains gouvernants. Cette lutte doit suivre les engagements internationaux pris pour l’aide au développement et peut conduire à des interventions dans différents pays, comme la France l’a fait au cours des années écoulées.

Mais le projet européen ne peut se poursuivre ni se développer sans une véritable adhésion des peuples d’Europe. Cette adhésion suppose de respecter davantage le fait historique et culturel des nations qui composent le continent. Une véritable pratique de la subsidiarité, telle qu’elle est inscrite dans ses textes fondateurs, serait une nouvelle chance pour l’Europe.

7. Ecologie

Il y a à peine un an, la tenue en France de la Cop21, nous sensibilisait à notre responsabilité commune envers l’humanité. Le Pape François nous a rappelé gravement cette responsabilité dans l’encyclique Laudato si. L’enjeu écologique n’est pas simplement une vision naturaliste du monde, c’est une prise de conscience morale des risques de déséquilibre climatique et économique que court la planète. Responsables de la « maison commune », il nous faut mieux tenir compte des dégâts que provoque une société tout entière fondée sur l’augmentation de la consommation. Nous avons la charge d’un monde qui a ses limites et nous ne pouvons pas l’épuiser comme s’il était sans limites. La sagesse nous invite à revoir nos modèles de consommation et à inventer un monde moins destructeur et plus juste.

Devant les défis auxquels notre société est confrontée, le risque principal serait de renoncer à lutter pour l’avenir et de céder à la tentation du fatalisme. Trop de nos concitoyens en sont arrivés à croire que la situation est bloquée et que personne n’est capable de la débloquer. Les ressources de notre pays, ressources économiques, humaines, culturelles et spirituelles nous permettent de rejeter ce fatalisme. Elles engagent chacun et chacune à exercer son discernement et sa responsabilité pour le bien de tous.

Pour celles et ceux qui ont foi en Dieu et qui vivent dans la communion au Christ, les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement. Au contraire, elles nous acculent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste et plus respectueuse de chacun. Cela s’appelle l’espérance.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France

Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, président de la CEF
Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, vice-président de la CEF
Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, vice-président de la CEF
Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris
Mgr Jean-Claude BOULANGER, Évêque de Bayeux et Lisieux
Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez
Mgr Hubert HERBRETEAU, Évêque d’Agen
Mgr Jean-Paul JAMES, Évêque de Nantes
Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise
Mgr Benoit RIVIÈRE, Évêque d’Autun, Chalon et Mâcon



 


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