Paroisse Saint-Médard 75005 Paris
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      Le tableau de l’Annonciation de Saint-Médard

Le tableau de l’Annonciation de Saint-Médard

Prenez le temps d’aller regarder plus attentivement ce tableau dans une des chapelles à droite de l’autel, magnifique témoignage de la dévotion des paroissiens du XVII° siècle


Le chœur de Saint-Médard ouvre sur plusieurs chapelles latérales dont l’une, située à la droite de l’autel, est consacrée à l’Annonciation, sans doute depuis sa construction en 1609.

À partir de 1613, elle est le siège de la confrérie de Notre-Dame, dite La Charité, qui en a peut-être financé l’édification. Selon l’usage, elle était alors séparée de l’église par une boiserie à jour. Derrière l’autel de cette chapelle se dresse, contre le mur, un retable composé de deux tableaux qui forment une même composition dont l’Annonciation est le sujet, ce qui laisse penser, les tableaux étant datés de 1617, qu’ils ont été placés à cet endroit depuis leur création et sans doute commandés spécialement pour orner la chapelle.

Pour peindre ces tableaux, l’artiste, anonyme à ce jour, s’est inspiré d’une gravure nordique, qu’il a divisée en deux parties pour tenir compte de l’espace qui lui était laissé.

Au registre supérieur, Dieu le Père envoie son esprit. Au registre inférieur, mais au centre du mur, Marie reçoit l’annonce de l’Ange, dans une posture de parfaite humilité et dans un décor structuré par une colonne de marbre rouge qui sépare la Vierge d’un paysage bucolique. Traversant l’espace qui sépare les deux tableaux, la lumière de l’Esprit inonde la scène et assure l’unité de la composition.

Sous la scène de l’Annonciation sont assis six personnages de l’Ancien Testament, un patriarche, deux rois et trois prophètes : Moïse, David, Salomon, Isaïe, Jérémie et Aggée.

Représentés en vêtements antiques à l’exception des rois qui sont parés de splendides costumes de cour dans le goût de la dernière Renaissance, les six hommes tiennent des inscriptions reprenant les paroles de l’Ecriture qu’ils ont prononcées annonçant la venue du Seigneur et préfigurant ainsi l’Annonciation qui les domine.

On lit ainsi les versets suivants :

Deutéronome 18, 15 :

Prophetam de gente tua et de fratribus tuis sicut me suscitabit tibi Dominus Deus tuus (Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez).

Psaume 132, 11 :

De fructu ventris tui ponam super sedem tuam (C’est un homme issu de toi que je placerai sur ton trône).

Cantique de Salomon 5,1

Veniat dilectus meus in hortum meum (Je suis entré dans mon jardin, ma sœur fiancée).

Isaïe 7, 14

Ecce virgo concipit et pariet filium (Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils.)

Jérémie 31, 22

Creavit Dominus novum super terram femina circumdabit virum (Le Seigneur crée du nouveau dans le pays : la femme entourera l’homme) !

Agée 2,6 – 2,7

Adhuc modicum et veniet desideratus cunctis gentibus (Encore un peu de temps et je vais mettre en branle toutes les nations).

Toute l’histoire du Salut, de l’Alliance de Dieu, de l’Incarnation rendue possible par le Fiat de Marie, est ici récapitulée

Le peintre illustre dans le détail le contenu des Ecritures, posées devant la Vierge, dont elle ne quitte la lecture que pour accueillir en son sein la Grâce du Seigneur. Le cardinal de Bérulle (1567 – 1629) dans sa vie de Jésus, nous livre à la même époque, sous une autre forme, une méditation proche de celle qui s’exprime dans notre œuvre

Fiat… Alors les paroles de l’Ange s’effectuent, le ciel s’ouvre, le Saint Esprit descend en la Vierge, la vertu du Très-Haut la remplit, l’œuvre des œuvres s’accomplit.

Magnifique œuvre de dévotion, récapitulant l’histoire du Salut, ce tableau s’inscrit dans le premier XVIIe siècle, période de floraison religieuse et de profond renouvellement spirituel dans laquelle s’inscrit la paroisse Saint-Médard comme Paris tout entier. Il témoigne de l’importance des confréries formées par les fidèles dans la diffusion du message chrétien.

Celles-ci sont d’ailleurs encouragées par le clergé, en la personne du curé Louis Duhamel (1615 -1625). Grâce à son travail, Saint-Médard devient une des églises exemplaires de cette « nouvelle évangélisation », si l’on ose l’anachronisme. Il se signale en effet par ses efforts pour l’achèvement du chœur de l’église, par le soin accordé à la liturgie et par l’attention toute particulière et novatrice qu’il accorde à diriger lui-même et dans le cadre paroissial le catéchisme destiné aux enfants. Sur cet aspect, l’exemple de Saint-Médard se répandra bientôt dans toutes les paroisses parisiennes.

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1 Ces renseignements nous ont été aimablement communiqués par Guillaume Kazerouni, responsable de la collection d’art ancien du musée de Rennes et spécialiste de la peinture du XVIIe siècle.

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