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      Le silence de Dieu !

Le silence de Dieu !

Editorial du dimanche 16 octobre 2016, par le p. Albert Gambart.
L’évangile de ce jour met en scène un juge injuste et impie et une veuve pauvre et obstinée. On est en droit de se demander ce qu’un tel juge peut bien avoir de commun avec Dieu.


Le point commun est le pouvoir de répondre à la prière. Le juge inique se laisse fléchir pour obtenir la paix. En est-il ainsi de Dieu ? Que veut nous faire comprendre le Seigneur Jésus à travers cette parabole ?

Il est vrai que dans l’épreuve, nous pouvons éprouver durement le silence de Dieu. Le psalmiste, au psaume 44, exprime ce sentiment avec force : « Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours. Pourquoi détourner ta face, oublier notre malheur, notre misère ? » Nous vivons cette prière de manière forte quelquefois ! Dans ces 8 versets de l’Evangile selon saint Luc, le mot « juge » est employé 3 fois, et le mot « justice » 5 fois. Il est donc question de rendre justice, c’est-à-dire de rétablir dans son droit celui qui réclame justice !

Là, surgit encore une difficulté ! Celui qui réclame justice doit être lui-même juste. Et qui peut se dire juste devant Dieu ? La justice de Dieu ne nous sera-t-elle pas fatale ? Car comme le dit l’Ecclésiaste : « Certes, aucun homme, sur terre, n’est assez juste pour faire le bien sans jamais pécher ». Et comment ne pas frémir lorsque Jésus lui-même sur la croix s’écrie : « Mon Père, pourquoi m’as tu abandonné ? » Lui, le Juste, il a vécu ce silence de Dieu. Mais dans un don total, il invoque le Père : « Entre tes mains, je remets mon Esprit ! » Il est dans les mains du Père, il accepte tout par amour pour l’homme.

Saint Paul, dans l’Epitre aux Romains dit ceci : « Le projet de Dieu était que le Christ soit instrument de pardon, en son sang, par le moyen de la foi… Il voulait manifester au temps présent en quoi consiste sa justice, montrer qu’il est juste et rendre juste celui qui a foi en Jésus-Christ » (Rm3,25-26). Ainsi, le moteur de notre désir de Dieu, c’est la foi dans le Christ. En lui, nous levons les yeux vers le Père. En lui, notre prière s’ajuste et se pacifie. Dans le Christ nous devenons justes.

Notre passage d’Evangile se termine par cette surprenante phrase : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Ainsi, c’est la foi dans le Christ qui nous met en contact avec le Père. Par la foi, nous recevons l’Esprit du Père et du Fils. Dans le don de l’Esprit, nous devenons justes. Alors au cœur de nos vies, qu’elles soient tumultueuses ou fatiguées, tournons les yeux de notre foi vers le Christ. En lui notre prière devient juste, en lui elle est accueillie par le Père qui nous fait le don de l’Esprit. Il faudrait changer le titre de cet édito et écrire « la Foi du Juste ».

Père Albert Gambart

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