Paroisse Saint-Médard 75005 Paris
http://saintmedard.org/Le-mariage-de-la-Vierge-par
      Le mariage de la Vierge par Caminade, élève de David

Le mariage de la Vierge par Caminade, élève de David

Présentation du tableau situé dans la chapelle de la Vierge, derrière le choeur


Le mariage de la Vierge et la légende dorée

Les Evangiles sont peu diserts sur le mariage de la Vierge, évoqué chez Saint Luc. Les légendes ont en revanche fleuri sur cet épisode, depuis les évangiles apocryphes jusqu’à leur compilation médiévale dans la Légende dorée de Jacques de Voragine.
« Quand elle eut atteint l’âge de quatorze ans, le pontife annonça publiquement que les vierges élevées dans le temple, qui avaient accompli leur temps, eussent à retourner chez elles, afin de se marier selon la loi.

Toutes ayant obéi, seule la sainte Vierge Marie répondit qu’elle ne pouvait le faire, d’abord parce que ses parents l’avaient consacrée au service du Seigneur, ensuite parce qu’elle lui avait voué sa virginité. Alors le Pontife fut incertain de ce qu’il avait à faire ; d’une part, il n’osait aller contre l’Ecriture qui dit : « Accomplissez (17) les vœux que vous avez faits » ; d’une autre part, il n’osait induire une nouvelle coutume dans les pratiques suivies par la nation.

Une fête des Juifs étant sur le point d’arriver ; il convoqua alors tous les anciens ; leur avis unanime fut que dans une affaire si délicate, on devait consulter le Seigneur. Or, comme on était en prière et que le Pontife s’était approché pour connaître la volonté de Dieu, à l’instant du lieu de l’oratoire, tout le monde entendit une voix qui disait, que tous ceux de la maison de David qui étant disposés à se marier, ne l’étaient pas encore, apportassent chacun une baguette à l’autel, et que celui dont la baguette aurait donné des feuilles, et sur le sommet de laquelle, d’après la prophétie d’Isaïe, le Saint-Esprit se reposerait sous la forme d’une colombe, celui-là, sans aucun doute, devait se marier avec la Vierge.

Parmi ceux de la maison de David, se trouvait Joseph, qui, jugeant hors de convenance qu’un homme d’un âge avancé comme lui épousât une personne si jeune, cacha, lui tout seul, sa baguette, quand chacun avait apporté la sienne. Il en résulta que rien ne parut de ce qu’avait annoncé la voix divine ; alors le pontife pensa qu’il fallait derechef consulter le Seigneur, lequel répondit que celui-là seul qui n’avait pas apporté sa baguette, était celui auquel la Vierge devait être mariée.

Joseph ainsi découvert apporta sa baguette qui fleurit aussitôt, et, sur le sommet se reposa une colombe venue du ciel. Il parut évident à tous que Joseph devait être uni avec la sainte Vierge. Joseph s’étant donc marié, retourna dans sa ville de Bethléem afin de disposer sa maison et de se procurer ce qui lui était nécessaire pour ses noces. Quant à la Vierge Marie, elle revint chez ses parents à Nazareth avec sept vierges de son âge, nourries du même lait et qu’elle avait reçues de la part du prêtre pour témoigner du miracle. Or, en ce temps-là, l’ange Gabriel lui apparut pendant qu’elle était en prière et lui annonça que le Fils de Dieu devait naître d’elle. »

Un épisode souvent représenté par les peintres

Les artistes médiévaux puis ceux de la Renaissance se sont emparés de l’épisode, avant que le concile de Trente ne fasse l’effort de démêler ce qui appartenait à une authentique tradition catholique de ce qui relevait de la légende. On connait par exemple un « mariage de la Vierge » de Rosso Fiorentino conservé dans l’église Saint Laurent de Florence, présenté au printemps 2014 à Paris à l’occasion de sa restauration au Louvre : http://www.louvre.fr/autour-du-mari...
On connait surtout, sur ce même thème le tableau du Pérugin : http://mba.caen.fr/chef-d-oeuvre/le...
et celui de Raphaël, qui s’en inspire directement.
Le mariage de la Vierge, Raphaël

L’œuvre de Caminade, à la lumière de Poussin

Alexandre-François Caminade (1783-1862), entré à quatorze ans dans l’atelier de David, présente sa version du « mariage de la Vierge » au salon de 1824. L’œuvre est commandée par le préfet de la Seine et donné à la paroisse Saint-Médard en 1825. Le tableau est naturellement placé dans la chapelle de la Vierge. Il est un exemple intéressant du renouveau de la peinture religieuse au début du XIXe siècle.

Caminade connaît évidemment le tableau de Raphaël, mais il choisit un cadrage de la scène beaucoup plus resserré, non plus devant mais à l’intérieur même du temple. La scène est épurée de tous les aspects anecdotiques de la légende dorée. Seule reste la baguette fleurie dans la main de Joseph, représenté comme un homme mûr et non comme un vieillard.

L’œuvre de Saint-Médard s’inspire directement du tableau de Nicolas Poussin, « Le Mariage », deuxième de la série des sept sacrements, achevée entre 1636 et 1640.

JPEG - 62.4 ko
Le mariage, série des Sept sacrements, Nicolas Poussin
JPEG - 14.1 ko
Mariage de la Vierge, Nicolas Poussin

A la manière de David, Caminade épure encore la scène en plaçant derrière un mur antique gravé d’inscription derrière le prêtre. Ce mur et le rideau du Temple concentrent notre regard sur les personnages principaux, saisis comme sur un bas-relief. Les attitudes, les expressions, les drapés participent à une atmosphère de dignité et de gravité, mais aussi de douceur, plus étrangère au monde héroïque et romain de David. L’image du Saint-Esprit, encore présente chez Poussin, disparaît. Le mariage de la Vierge devient l’évocation d’un mariage. L’assistance est réduite au minimum, deux témoins pour chacun des époux. Leurs modèles sont empruntés à Poussin. Par l’alliance passée au doigt, ceux-ci se donnent le sacrement, devant le prêtre qui appelle sur eux la bénédiction du Seigneur. L’union de la Vierge et de Saint Joseph devient ainsi le modèle, l’institution du sacrement qui unit les époux.

Caminade poursuivra sa carrière de peintre religieux, notamment en peignant pour Saint-Etienne-du-Mont un cycle de peintures de la vie de la Vierge. Il participera également aux grandes commandes de peintures historiques demandées par Louis-Philippe pour le musée de Versailles.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Bonnenouvelle.fr

Diocèse de Paris

Saint(s) du jour

Lectures du jour