Paroisse Saint-Médard 75005 Paris
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      ’La prière du pauvre traverse les nuées’

’La prière du pauvre traverse les nuées’

Ce dimanche, nous rencontrons deux personnages bien connus de l’Evangile : le pharisien et le publicain, deux personnages que tout oppose : d’abord au niveau social, le pharisien, c’est ce qui se fait de mieux en Israël, lettré, observant rigoureusement la loi et féru d’Ecriture ; le publicain, quant à lui, est collaborateur de l’occupant romain et ennemi du peuple !


Le pharisien introduit lui-même une seconde opposition, concernant la moralité : « je ne suis pas comme les autres hommes, ou encore comme ce publicain, ils sont voleurs injustes, adultères ! ». Une troisième opposition entre les deux hommes apparaît dans leur manière même de prier, l’un dans une attitude de louange, l’autre dans une attitude de pénitence.

La prière du pharisien n’est pas scandaleuse, et on peut s’étonner du jugement si dur du Christ. En effet, le pharisien commence ainsi sa prière : « Seigneur je te rends grâce… » L’action de grâce, la prière de louange ne sont-elles pas le sommet de la prière, l’aboutissement de tout l’itinéraire spirituel ? Si on fait confiance à la prière du pharisien, il ne commet aucun mal et pratique le bien ; le Seigneur peut être fier de lui ! Le publicain est lui aussi dans la vérité en demandant au Seigneur de prendre pitié du pécheur qu’il est. Le sentiment qui domine en lui est celui d’un grand manque, d’un échec ! « Il n’osait pas lever les yeux vers Dieu, et se frappait la poitrine ! » Pourquoi la prière du publicain est-elle reçue favorablement, et pas celle du pharisien ?

Peut-être, parce qu’il est plein de lui-même ! Il ne laisse pas la place à Dieu ! Il n’a pas besoin d’être justifié, lui qui s’estime juste. Comment peut-on changer quand on se croit parfait ? Le publicain est fatigué de lui-même, fatigué du péché qui lui colle à la peau. Il n’a qu’un seul désire : changer ! La conscience de son péché l’emprisonne. Il se sent pauvre, impuissant ! Comment sortir de la prison de sa conscience ? Son impuissance, sa pauvreté, c’est cela qui le fait crier vers Dieu, implorer sa miséricorde. Le vide en lui appelle le pardon de Dieu !

Pourquoi le Christ est-il venu vers nous ? C’est pour nous sortir de l’ornière, nous relever, nous donner son pardon. Nous sommes tous le publicain. En nous donnant son pardon, Jésus nous fait entrer dans la communion à son propre Corps, afin que nous devenions Corps du Christ, communion des saints ; un corps où tout se tient par l’Amour qui vient du Christ. Quand nous parlons de Communion des Saints, nous évoquons cette solidarité de la charité où personne ne peut s’approprier le bien qu’il fait comme un brevet de bonne conduite. L’action de grâce du Pharisien consistait à s’approprier le bien accompli, alors que la véritable Action de Grâce est de s’en désapproprier, reconnaissant la grâce de Dieu, et travaillant pour que le Corps se construise.

Père Albert Gambart

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